Page:Delly - Dans les ruines, ed 1978 (orig 1903).djvu/174

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— Il est sans doute remonté, Mathurine.

— Peut-être, mademoiselle, je vais y voir… Dites bonsoir, monsieur Xavier.

Alix prit l’enfant entre ses bras et approcha son front des lèvres de Mme de Regbrenz. Une expression ravie traversa le regard déjà voilé de l’aïeule et ses doigts se promenèrent lentement dans les épaisses boucles noires.

— Le fils de Gaétane ! dit-elle avec un accent d’indescriptible bonheur.

Le petit la regardait, un peu effrayé, et, tournant la tête, il tendit les bras vers Even. Depuis sa récente aventure, il manifestait une prédilection marquée pour cet oncle jusqu’ici redouté, et celui-ci accueillait les témoignages de cette affection enfantine avec une joie profonde, mais étonnée, comme celle d’un être longtemps déshabitué de ces douceurs familiales.

Il enleva Xavier des bras d’Alix et l’appuya contre sa poitrine. La petite tête brune se laissa tomber sur la robuste épaule d’Even, et les grands yeux bleus se levèrent vers lui, exprimant une tendre confiance.

— Mon oncle, vous m’emmènerez dans votre bateau ? demanda-t-il d’un ton de prière câline.

— Oui, quand il fera beau et si Alix le permet… Allons, mon petit Xavier, va te mettre au lit, car tu fais attendre cette pauvre Mathurine qui est fatiguée.

— Oui, monsieur Xavier, venez vite, dit Mathurine, qui était en proie à une visible préoccupation.

Elle s’éloigna précipitamment avec l’enfant. De nouveau, le calme se fit dans la chambre, rompu seulement par la respiration embarrassée de la malade. Une demi-heure s’écoula ainsi… Tout à coup, Alix se redressa avec un léger cri d’effroi. Mathurine apparaissait de nouveau, le visage décom-