Page:Delly - Dans les ruines, ed 1978 (orig 1903).djvu/175

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posé, et, derrière elle, arrivait miss Elson en simple peignoir, chose inconcevable de la part de la correcte Anglaise.

— Qu’y a-t-il ? crièrent simultanément Even et Alix.

Mathurine essaya de répondre, mais ses lèvres sèches ne laissèrent passer aucun son… Miss Elson répondit, en essayant de comprimer le tremblement de sa voix :

— Nous ne savons où est Gaétan… ou plutôt…

— Quoi donc !… Parlez, miss Esther ! oh ! parlez ! s’écria la jeune fille.

— Eh bien ! je pense que Gaétan sera allé jusqu’à la mer, sans doute dans l’intention de voir la tempête de plus près. Il y a des traces de pas se dirigeant vers le parc…

— Il sera seulement allé jusqu’à la terrasse… La porte de la grève étant fermée à clef, il n’y a pas à vous inquiéter, Alix, fit observer Even. Je vais aller chercher ce petit aventureux.

Un peu de soulagement détendit les traits de la jeune fille… Mais l’angoisse ne s’atténua pas sur la physionomie de l’institutrice et de la servante. Les trois femmes accompagnèrent Even dans le salon et le suivirent jusqu’à la porte vitrée, qu’il ouvrit pour descendre les deux marches conduisant dans la cour. Il se pencha vers le sol sur lequel Mathurine projetait la lueur de la lanterne qu’elle avait apportée.

— Mais il y a double trace de pas ! s’exclama-t-il avec stupeur. Qui donc a accompagné l’enfant !

Un cri de terreur s’échappa des lèvres d’Alix.

— C’est elle !… oh ! mon oncle, c’est elle qui l’a emmené ! Elle va se venger sur lui… mon frère, mon chéri !

— Oh ! si vous dites vrai !… si vraiment elle est