Page:Delly - Dans les ruines, ed 1978 (orig 1903).djvu/177

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Le visage de Mme Orzal exprima une extrême surprise.

— Comment ?… de quoi me parles-tu ? Gaétan est dans le parc à la nuit et par ce temps ?

— Le fait est étrange, n’est-ce pas. L’enfant n’aurait jamais eu cette idée s’il n’y avait été engagé… ou forcé.

Les sourcils de Georgina se relevèrent en signe d’étonnement.

— Quelle bizarre histoire me débites-tu là ? Si Gaétan a voulu faire une petite fugue, pourquoi supposer un complice ?… et lequel ?

— Et à qui donc attribuer cette double trace de pas sur le sol ?

Even et sa nièce ne quittaient pas Georgina du regard et la virent pâlir légèrement en mordant sa lèvre avec violence. Mais elle dit tranquillement :

— Je n’y comprends rien, en effet. Cela est un peu inquiétant… La clôture du parc est en mauvais état près de la terrasse, et l’enfant a pu être enlevé par quelque rôdeur…

Even jeta un rapide coup d’œil sur le costume de sa sœur. C’était un ample peignoir bleu pâle enjolivé de délicates broderies… Il était évident que ce vêtement, d’une irréprochable fraîcheur, n’avait pas affronté les ronces et les fondrières du parc, pas plus que la coiffure aux ondulations impeccables ne s’était trouvé exposée un seul instant au souffle violent de la tempête. Le temps relativement court écoulé depuis le départ de l’enfant ne lui ayant pas permis de revenir et de changer de toilette, il ne restait plus qu’à admettre l’existence d’un complice… car Even avait maintenant la certitude inexpliquée, mais absolue, de la culpabilité de sa sœur.

— Il faut le chercher au plus tôt, continua Geor-