Page:Delly - Dans les ruines, ed 1978 (orig 1903).djvu/79

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— Je m’oublie près de vous, ma chère cousine. Miss Elson et Gaétan vont m’attendre.

— Vous m’amènerez vos frères, n’est-ce pas, et aussi votre dévouée institutrice ?… Et vous reviendrez me voir le plus que vous pourrez ?

— Avec bonheur, ma cousine ! Merci de m’avoir accueillie avec tant de bonté.

Un sourire ému vint illuminer et embellir le visage irrégulier d’Alix de Regbrenz.

— Enfant, vous ne sauriez croire quel bien m’a fait votre présence… Revenez donc, chère petite, et nous parlerons encore de mon amie si chère, votre mère, Alix.

Elles s’embrassèrent avec tendresse, et Alix sortit du salon. Près de la porte du vestibule se tenait la servante qui l’avait introduite.

— Vous êtes sans doute Fanny, dont j’ai déjà entendu parler un peu ? dit aimablement Alix en voyant se fixer sur elle le regard bienveillant de la vieille femme.

— Oui, mademoiselle…, et vous êtes la fille de Mlle Gaétane ? Je vous ai vue à l’église et j’ai su votre nom par Mathurine, avec qui je cause quelquefois…, pas bien souvent, car elle n’est plus bavarde et, même, il faut lui tirer les paroles… Ce que c’est tout de même ! Une jeune fille que j’ai connue si gaie, avenante et jolie !

— Jolie… Pauvre Mathurine, le dirait-on aujourd’hui ?

— C’est la petite vérole qu’elle a prise en soignant Mlle Gaétane. Je l’ai bien crue à son dernier jour… Elle n’a pas eu de chance, cette fille-là. L’année précédente, en voulant défendre Mlle Gaétane contre l’attaque d’un chien — un mauvais chien que Mlle Georgina s’obstinait à garder — elle avait eu deux doigts brisés par cette bête. Le médecin d’alors — un âne, pour dire le vrai mot — la