Page:Denne-Baron - Dithyrambe, 1823.djvu/5

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

Ces preuxLeur seul hennissement disperse,
Ces preuxLeur haleine de feu renverse
Ces preux qui de mourir se faisaient une loi !

Tous ont fui ; mais bientôt une espérance folle
De ce sang africain rallume tous les feux ;
Dans les triples remparts d’un rocher sourcilleux
Ces nouveaux Philistins vont cacher leur idole,
La Liberté, leur joie, et leurs biens et leurs dieux.

La LibertCent tonnerres la couronnent,
La LibertDes flots grondans l’environnent ;
La LibertDElle brave un terrestre effort :
La LibertSon autel n’a point de maître,
La LibertTout soldat devient son prêtre,
La LibertTEt ses oracles sont la mort !

Au front de l’Apennin quand se forme un orage,
Un nuage poussé par l’haleine des vents,
D’un nuage suivi suit un autre nuage ;
Tels sur ces rocs jetés par la main des géants,
Avec un bruit mêlé de silences horribles,
Se succédaient sans fin leurs bataillons terribles.

D’Angoulême s’avance, il mesure des yeux
D’AngoulêmCes créneaux formidables,
D’AngoulêmOù des bras redoutables
Ont marié le fer à la foudre des cieux.

Ainsi qu’un pin sublime appelle la tempête
Sur son front rayonnant du givre du matin,
Ainsi son blanc panache ondoyant sur sa tête,
Est en butte aux fureurs de cent foudres d’airain.
« Français, s’écria-t-il d’une voix tendre et fière,