Page:Des Essarts - Les Voyages de l’esprit, 1869.djvu/185

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craignez ni le remplissage ni la prolixité. Tout porte, tout peint, tout prouve. Attendez-vous à cette rare merveille d’un intérêt croissant et constant, relevé parun accent des plus littéraires. L’auteur se joue dans le récit ; coloriste par moments, il se ressent du voisinage de ce poëte

Qui d’un art lumineux fit un art flamboyant.

Mais il a le plus souvent l’allure classique de la prose du XVIIIe siècle, la langue aisée, rapide, transparente, le ton net, dégagé et quelque peu ironique des attiques de l’imagination ; certains morceaux seraient signés Mérimée ; l’ensemble fait penser à du Lesage rajeuni. C’est pur, limpide, gazouillant comme de l’eau d’une source. La naïade n’est pas loin !

Tout le premier volume appartient à l’enfance de Victor Hugo et à son adolescence. Qui songera à s’en plaindre ? Félicitons-nous de cette abondance de détails, suggestive et vraiment charmante. Quelques pages d’ouverture nous font connaître le père et la mère du poëte, deux tendresses qui l’ont accompagné, l’une jusqu’en 1821, au moment de sa réputation naissante, l’autre jusqu’en 1828, quand cette réputation était déjà de la gloire.

Ces figures du général Hugo et de sa femme ont