Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, V.djvu/501

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DLXXXVI. — lo Février 1650. 487

» Aumônier ctoit le Père François Viogué, de l'ordre des Ermites de » Saint Augustin, Docteur en Théologie de la Faculté de Paris, Mis- » sionnaire Apostolique dans les païs du Nord, qui fut ensuite Assistant » François du Général de son ordre à Rome. C'étoit un homme d'une 1) vertu solide, et uniforme dans sa conduite, d'un zélé fort éclairé, mais » que la prudence chrétienne et politique de M. Chanut avoit sçû mo- » dércr pour le rendre plus utile à la Religion catholique. [En marge : » Lettr. Ms. de Chanut à Gueffier, etc. Lettr. Ms. de Viog. à l'Abbé le » Roy. Item Certifie, de Viogué.] La direction qu'il avoit de la con- » science de M. Descartes depuis quatre mois, luy avoit fait découvrir un » si bon cœur et une amc si belle, qu'il voulut, au moins pour les lu- » miéres de l'esprit, se soumettre à un homme que la soumission parfaite » à l'Eglise mettoit à ses pieds, pour reconnoître l'autorité de Jésus- » Christ dans son ministre. »

« M. Descartes ne put finir debout cette sainte journée. [En marge : » Lettr. Ms. de Chanut, etc.] Il se sentit sur le soir si violemment atta- » que du mal dont il avoit tâché de se garantir la veille, qu'il se vid » obligé de se mettre au lit, précisément au têms que M. Chanut avoit » commencé de le quiter pour la première fois. Les symptômes de sa » maladie avoient été les mêmes que ceux qui avoient précédé celle de » cet Ambassadeur, et ils furent suivis d'une fièvre continué avec une » inflammation de poumon toute semblable. »

« L'origine de sa maladie, toute évidente qu'elle ait été à ceux qui » vivoient avec luy, n'a pas laissé d'être enveloppée de nuages et d'obscu- » ritez par divers esprits brouillons, qui n'auroient pas manqué de la » rendre fabuleuse, si la vérité n'avoit dissipé de bonne heure les effets » de la négligence des uns et de la malice des autres. Parmi les premiers, » quelques uns [en marge : Lor. Crasso El. d'huom. p. 3o3] ont crû, » sans fondement, que sa maladie avoit été le fruit des peines et des » fatigues qu'il auoit eues à revoir tous ses papiers, et à mettre sa philo- » Sophie en ordre pour satisfaire à la Reine de Suéde. Quelques autres n [en marge: Tepelius hist. Phil. Cartes, p. 9, 10], avec encore moins » d'apparence, l'ont rejettée sur la vieillesse de nôtre Philosophe, ou sur les » incommodités de son dernier voyage sur l'Océan septentrional. Parmi » les seconds nous remarquons tant de contrariétez et de divisions, que » leur confrontation seule paroît plus que suffisante pour détruire leurs » calomnies. Les uns [en marge : Sorb. lettr. et dise, in VI°, p. 693] vou- » lurent accuser les Grammairiens de la Reine d'avoir employé le poison » pour se défaire d'un homme qu'ils ne voyoient au-dessus d'eux qu'avec » peine. C'est une pensée très injurieuse à la mémoire des Sçavans qiii » obsédoient la Reine, qui étoient gens sans malice pour la plupart, dont » l'envie ne se déchargeoit point sur sa personne, mais sur sa philoso- » phie. Les autres [en marge : Frommann. Medic. Coburg ad Strauss. » Medic. Giess. Tepel. p. 87] ont publié que sa maladie luy étoit venue » d'une prise excessive de vin d'Espagne qui luy avança ses jours, et qui

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