Page:Descaves - La Vie douloureuse de Marceline Desbordes Valmore.djvu/226

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
204
MARCELINE DESBORDES-VALMORE

suis sur, de voir ces peintures franches et naïves sortir de la poussière de l’oubli par les soins généreux de quelques hommes de génie, qui t’honorent et qui l’aiment.


On s’en serait douté sans cela.

Les Souvenirs de Félix Desbordes forment une extraordinaire boite de navets pas même accommodés au goût de la chambrée, du bivouac ou des pontons sur lesquels il avait pusse cinq ans, disait-il, avant d’être envoyé en captivité dans les monts d’Écosse.

La plus grosse portion de ce plat fadasse, nous rassasie des campagnes, blessures et actions d’éclat de Félix. C’est intitulé : Départ pour l’armée d’Italie. D’Italie, où il se couvre de gloire, il va « sous d’autres cieux encor, frapper le fourbe Asturien… » Mais là, il trouve à qui parler.

Le cruel montagnard dans un plaisir féroce,
N’en assouvit pas moins une vengeance atroce…
Un Français reste-t-il éloigné de ses rangs,
Des milliers de vautours lui déchirent les flancs !
D’autres, nouveaux Fulherts, outrageant la nature,
Retracent d’Abeilard la sanglante aventure !


Félix, heureusement, n’est pas entamé… Mais, fait prisonnier, il est, d’un port de Galice, dirigé sur les pontons et n’en quille « les enfers » que pour voir sa captivité se prolonger sur « une terre