Page:Deschamps - Études françaises et étrangères, 1831, 5e éd.djvu/74

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génie qu’ils ont adoptés, probablement à cause de ce qu’ils ont de moins bon.

Il faut pourtant dire aussi un mot de ce recueil. On y trouvera la traduction de la Cloche, de Schiller, et de la Fiancée de Corinthe, de Goethe, deux poèmes que Mme de Staël ne croyait point qu’on pût faire passer dans le vers français : j’ai bien peur qu’on ne croie Mme de Staël sur sa parole et plus encore sur les miennes. Pour très-bien rendre l’allemand ou l’anglais en français, il faut une grande flexibilité de talent et beaucoup d’imagination de style. Tout le monde n’y réussit pas comme M. de Boisjolin, par exemple, dans sa traduction de la Forêt de Windsor de Pope, traduction faite de verve, noble chant de poète, suivi d’un trop implacable silence. Mon œuvre la plus importante est un poème sur Rodrigue, dernier roi des Goths. J’avais voulu d’abord le publier séparément. Une juste défiance de mes forces m’a retenu. Ce poème est tiré de ces admirables romances espagnoles, qu’on a si bien nommées une Iliade sans Homère. J’en ai traduit quelques unes, j’en ai développé ou inventé entièrement quelques autres, en m’inspirant de toutes les chroniques du temps y et en me servant surtout de l’excellent travail de M. Abel Hugo sur la poé-