Page:Desportes - Premières œuvres (éd. 1600) I - Diane. Premières Amours.djvu/69

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  LIVRE I. 26


Et dis en soupirant: Toutes CP! eaux ensemble,
~y tout ce que la mer de rivieres assemble,
N'éteindroient pas le feu qui m'embrase au dedans.

J'aJ mille autrt's pensers, et mille et mille et mill"
Qui font qu'incessamment mon esprit se distile.
liais cesse, ô ma chanson 1 vainemf'nt t.u prf'tans :
Conte plus tost, la nuict, les troupes estoilées,
Le gravier et les flots des campagnes salées,
I.es fruitages d'automne et les fleurs du printan..


CHANT D’AMOUR.


Puis que je suis épr,is d'une beautt~ dh'ine,
Puis qu'un amour celeste est roy de ma poitrine.
Puis que rien de mortel je ne ,-eux pl us sonner,
II faut à ma princesse eriger ce trofée,
Et faut qu'à ce grand Dieu, qui m'a l'âme eschauft'ée,
Je consacre les vers que je veux entonner.

Escrivant de l'amour, Amour guide ma plume;
En parlant de beauté, la beauté qui m'allume
Vienne seule à ce coup mon coqrage esmouvoir;
ne deux grands deités la faveur je desire:
Aussi les deïtés qu'en ces vers je veux dire
N'ont rien qui soit égal à leur divin pou,'oir.

C'est un grand Dieu quiAmour, il n'a point de semblable,
De Juy-mesme parfait, à luy-mesme admirable,
Sage, bon, cognoissant, et le premier des Dieux.
~a puissance invincible en tous lieux est oonlluë,
-'on teu pront et subtil, qui trav~rse la nllë,