Page:Dessaulles - Les erreurs de l'Église en droit naturel et canonique sur le mariage et le divorce, 1894.djvu/120

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les erreurs de l’église

auxquelles furent dévolues toutes les questions matrimoniales.

Si l’Église avait eu cette juridiction exclusive au temps de Charlemagne, par exemple, aurait-elle attendu trois siècles pour organiser ses officialités ?

XXII


Le contrat est réellement resté séparé du sacrement, en France, jusqu’au concile de Trente, et on pourrait même dire dans une grande partie de l’église latine. Mais le concile décréta le contrôle de l’Église sur le contrat comme sur le sacrement et le mariage devint un acte religieux en lui-même. L’Église seule devait décider de la validité du mariage et l’autorité civile, toujours sous la férule des confesseurs, eut la faiblesse de consentir à ce dernier empiétement et à régler le mariage d’après les seules prescriptions du droit canon. L’ordonnance de Blois de 1579 consacra la suprématie de l’Église sur les questions matrimoniales, et il fallut Richelieu, en 1629, pour reprendre en partie une juridiction qui n’appartenait qu’à l’autorité civile.

Maintenant sur quelles données, sur quelles raisons le concile s’est-il emparé du mariage et de toutes les questions qui s’y rapportent ? Eh bien c’est toujours la même chose. Comme Nicolas Ier, comme Adrien II, comme Grégoire VII, comme Innocent III, comme Boniface VIII, comme le concile de Florence, le concile de Trente s’est appuyé sur