Page:Dessaulles - Six lectures sur l'annexion du Canada aux États-Unis, 1851.djvu/164

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aujourd’hui ; tous ces hommes qui étaient républicains, il y a trois ans, et qui aujourd’hui votent contre toute mesure qui a une tendance républicaine, n’auront plus d’intérêt à soutenir que les institutions Américaines ne valent pas notre gouvernement responsable ; loin de là, ils seront obligés d’être franchement ce qu’ils faisaient profession d’être il y a trois ans.

Ces hommes se sont séparés du peuple parce qu’en Canada il existe quelque chose au-dessus du peuple ; quand le peuple lui-même sera la puissance, ils sauront bien se contenter d’être peuple.

— Mais, objectent les rédacteurs ministériels, le pays n’est pas prêt à jouir de l’indépendance ; il lui faut pour cela plus d’éducation politique qu’il n’en possède.

— Messieurs, j’aimerais autant dire qu’un homme qui a faim n’est pas prêt à manger.

Quoi, nous ne sommes pas prêts à jouir de l’indépendance ! Mais ceux qui nous disent cela sont précisément les mêmes hommes qui affirment, depuis trois ans, qu’avec le gouvernement responsable, nous jouissons de la plénitude de l’indépendance ! ! que nous sommes plus libres que les Américains ! ! Si cela est, en quoi donc pouvons-nous redouter la liberté Américaine ? Ce sont les ministériels eux-mêmes qui se chargent de prouver au pays que nous avons raison ! !

Et puis ces gens prétendent que notre éducation politique est insuffisante ! Eh bien, j’admets qu’elle pourrait être meilleure : mais quels ont donc été les professeurs ? Précisément ceux qui la trouvent mauvaise ! !…

Ces messieurs se chargent encore de nous apprendre que leurs leçons passées ne sont nullement une garantie de sagesse et de bon-sens pour l’avenir. Ils avouent naïvement qu’après avoir été dirigé par eux pendant douze ans, le pays n’est pas aussi avancé qu’il devrait l’être !

Voilà les hommes qui nous disent : « laissez nous vous former aux institutions républicaines ! ! »

Messieurs, qu’est-ce que l’on appelle « l’éducation politique, » chez le peuple ? C’est la connaissance qu’il a de ses droits, des devoirs de ceux auxquels il confie le pouvoir ; et aussi l’intelligence du fonctionnement des institutions du pays.