Page:Dessaulles - Six lectures sur l'annexion du Canada aux États-Unis, 1851.djvu/7

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

rapide et prodigieux de la valeur des propriétés mobilières et immobilières les manufactures qui utilisent tous les cours d’eau américains ; enfin, et pardessus tout, la Liberté politique dans la plus haute et la plus fidèle acception du mot, tout cela s’offrant à nous en perspective démontrait l’opportunité, la nécessité de l’Annexion. Le peuple voyait dans l’état politique de l’Union Américaine, l’apogée de la grandeur nationale, le plus haut degré de puissance individuelle, toutes les carrières ouvertes à la jeunesse, enfin la clef du bonheur domestique et de la prospérité sociale.

Eh bien, ces hommes qui prétendent n’avoir pas été corrompus par le pouvoir, ces insurgés de 1837, qui avaient maudit l’Angleterre pour la sévérité avec laquelle elle avait réprimé une révolte à main armée provoquée par l’oligarchie coloniale, — ces mêmes hommes ont proscrit et persécuté ceux qui émettaient l’opinion que l’Annexion était désirable ; — ces mêmes hommes sont venus nier et ont fait nier par leurs presses et leurs valets, les progrès matériels de l’Union Américaine, l’éducation de son peuple, la moralité et le bonheur qui y règnent, les bienfaits de la liberté, l’honneur d’une indépendance nationale, le fait de la liberté individuelle de l’Américain !!

Le but des lectures de M. Dessaulles est de réduire ces mensonges à leur valeur et de démasquer les fourbes qui les mettent en circulation.

Ce travail, quoique le nerf et le feu de quelques parties sembleraient l’indiquer, n’est pas un plaidoyer de parti, qui pour cela n’aurait peut-être que le mérite de l’actualité. Non, c’est une œuvre qui aura dans tous les temps une valeur inappréciable.

C’est un Almanach fidèle d’une multitude de faits politiques, administratifs, financiers, industriels et sociaux des États-Unis et du Canada. C’est le procès minutieusement fait du gouvernement monarchique et colonial, comparé aux institutions républicaines, telles qu’entendues et mises en pratique aux États-Unis.

On y trouvera des statistiques précieuses, par leurs détails et leur fidélité, sur toutes les ressources financières et industrielles, sur les dépenses publiques non seulement du gouvernement fédéral de l’Union et du gouvernement Canadien, mais encore de celui de tous les états séparés. En un mot c’est un million de faits, dans l’ordre politique.

Dans les discussions qui s’élèvent tous les jours entre les individus et les journaux, sur les affaires publiques, on est souvent arrêté par la dénégation d’un fait que l’on affirme exister soit ici, soit aux États-Unis. Avec ce livre, ces questions seront aussi facilement tranchées que celles qui peuvent naître sur le genre ou l’orthographe d’un mot, le sont avec l’aide d’un dictionnaire.