Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/125

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chargées de tisser les trois robes, l’une dorée comme le soleil, l’autre argentée comme la lune et la troisième aussi scintillante que les étoiles. Ses chasseurs durent aussi attraper tous les animaux et leur couper un morceau de leur peau. On en fit un manteau de mille fourrures.

Quand le travail fut terminé, le monarque voulut qu’on apportât le manteau, l’étala devant sa fille et lui dit :

— À demain la noce.

Voyant qu’il n’y avait pas moyen de changer le cœur de son père, la pauvre fille résolut de s’enfuir. Durant la nuit, quand tout dormait, elle se leva et s’en fut à l’endroit où étaient enfermés ses bijoux ; elle en prit trois : une bague d’or, un rouet d’argent et un petit dévidoir en or.

Les trois robes couleur de soleil, de lune et d’étoiles, elle les serra dans une coquille de noix ; elle revêtit le manteau de mille fourrures et se noircit la figure et les mains avec de la suie. Alors elle se recommanda à Dieu et partit.

Elle marcha toute la nuit, jusqu’à ce qu’elle rencontrât une grande forêt. Comme elle était exténuée de fatigue, elle se blottit dans un arbre creux et s’y endormit.

Le soleil se levait qu’elle dormait encore. Or, il se trouva que le roi, à qui était cette forêt, vint y chasser.