Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/154

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— Ce n’est pas cela qui me fera peur, répondit le jeune homme. Je veux pénétrer dans le château pour voir la charmante Rose-des-Bois.

Le vieillard eut beau raisonner, rien ne put détourner le noble aventurier.

Il se trouva que ce jour-là même étaient accomplis les cent ans que devait durer le charme de la mauvaise fée. Aussi, quand le prince marcha vers la haie d’épines, elle se changea en un parterre de fleurs odoriférantes qui s’écartèrent d’elles-mêmes pour le laisser passer, et qui, dès qu’il fut de l’autre côté, reformèrent derrière lui une barrière étincelante.

Il entra dans le château : au milieu de la cour étaient couchés les chevaux et les lévriers tous dormants, et sur les toits les pigeons avaient la tête cachée sous l’aile. Il pénétra dans les appartements : les mouches dormaient le long des murs ; dans la cuisine le maître-queux avait encore la main levée sur le marmiton, et la servante était assise, tenant un poulet qu’elle allait plumer.

Il continua sa route et, dans la grande salle, il vit tous les gentilshommes qui dormaient sur leurs siéges, et plus haut le roi et la reine également endormis sur leur trône. Il alla plus avant, et il régnait un tel silence qu’on aurait entendu le bruit de sa respiration ; enfin il monta dans la tour et ouvrit la porte de la petite chambre où dormait Rose-des-Bois.