Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/22

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Les fables ne sont point ce qu’elles semblent être…

L’apologue est un don qui vient des immortels…


et, pour mieux relever le genre qu’il cultive, il ne manque pas, dans son épître au Dauphin, comme dans sa préface, d’insister sur l’utilité des fables :

« L’apparence en est puérile, je le confesse ; mais ces puérilités servent d’enveloppe à des vérités importantes… Par les raisonnements et les conséquences qu’on peut tirer de ces fables, on se forme le jugement et les mœurs, on se rend capable des grandes choses… »

Dans sa préface et dans sa dédicace à Mademoiselle, Perrault dira de même de ses contes :

« Quelque frivoles et bizarres que soient toutes ces fables dans leurs aventures, il est certain qu’elles excitent dans les enfants le désir de ressembler à ceux qu’ils voient devenir heureux, et, en même temps, la crainte des malheurs où les méchants sont tombés par leurs méchancetés… Ces contes renferment tous une morale très-sensée, et qui se découvre plus ou moins, selon le degré de pénétration de ceux qui les lisent. »

Et toutes les éditions jusqu’en 1781, à l’exemple de la première, portent ces mots ajoutés au titre : avec des moralités, — et jusque dans ces fameuses moralités en vers, regrettable concession de l’auteur, Sainte-Beuve retrouve « l’ami de Quinault et le contemporain gaulois de La Fontaine. »