Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/318

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Ce récit précieux et alambiqué montre ce que peut son auteur, quand le fond populaire lui fait défaut, et qu’il se trouve réduit à ses propres inventions. Dans son désarroi, il va jusqu’à renier les fées et à donner leur œuvre pour une pure allégorie.

« Quelques-uns assurent, dit-il, que la princesse ayant fait réflexion sur la persévérance de son amant, sur sa discrétion et sur toutes les bonnes qualités de son âme et de son esprit, ne vit plus la difformité de son corps ni la laideur de son visage. »

Riquet à la Houppe n’a pas inspiré la Belle et la Bête, mais l’un et l’autre procèdent de cette idée qui fait le fond d’un grand nombre de traditions : Dès qu’une jeune fille a consenti à embrasser ou à épouser un monstre : crapaud, porc, serpent, celui-ci devient aussitôt un prince éclatant de beauté.

Dans les Contes populaires de la Grande-Bretagne, à la suite du Crapaud, de Chambers, M. Loys Brueyre établit très-bien ce mythe et en cite une foule d’exemples. Du récit de la nourrice Perrault a retenu cette idée et lui a donné le sens philosophique que « dans l’objet aimé tout nous paraît aimable. »

Si l’on en croit M. Gaston Paris, il ne serait pas impossible de trouver dans l’Inde le germe de