Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/321

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il est aisé de reconnaître les gnomes allemands qui dansent au clair de la lune et remplissent de lingots d’or les poches de leurs amis ; les nains qui dans Blanche Neige cherchent de l’airain et de l’or par les montagnes ; les korils bretons qui forcent les gens à danser avec eux et, pour la peine, leur donnent des pièces d’or ; enfin les pygmées de Kovlâd, le dieu des métaux des contes slaves[1].

Le spirituel, avisé et magnifique Riquet est certainement quelque peu cousin de ces nains que l’Edda appelle les « sages habitants des montagnes. » Sa physionomie et son caractère font penser à Oberon, le charmant « petit roy faé » de la légende bretonne de Huon de Bordeaux que, dans le roman d’Isaïe le triste, une fée envieuse condamne à revêtir pour un temps la hideuse forme de Tronc-le-nain.

Il rappelle le nain Elberich de la légende allemande d’Otnit et le fameux nain Alberich qui garde les trésors des Nibelungen, et que Grimm d’ailleurs assimile à Oberon.

Selon lui, la tradition et l’étymologie s’accordent pour faire un seul personnage de l’Allemand Alberich et du Français Alberon, Auberon, Oberon. Il

  1. i. Voir aussi, dans les Contes allemands du temps passé, la Capote de nain, de L. Bechstein, Hans le mineur, de Ch. Winter, les Légendes de Rübezahl, de Musæus, et les Elfes, de L. Tieck.