Page:Dick - Les pirates du golfe St-Laurent, 1906.djvu/26

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Mais, comme la « Marie-Jeanne », meilleure marcheuse que le « Marsouin », prenait rapidement de l’avance, le capitaine Pouliot cria une dernière fois :

— Au revoir, messieurs !… Soyez exacts ! N’oubliez pas que je vous attendrai en dehors du barachois, entre l’île aux Chiens et le Cap à l’Aigle, côté de Saint-Pierre, jusqu’au soir du 8 juillet… Signaux comme d’habitude !

— Bon voyage, capitaine !… Nous serons au rendez-vous dans la nuit du 7… Signaux convenus !

Et les deux goélettes contrebandières, l’une se dirigeant franc sud, l’autre nord-est, ne tardèrent pas à se perdre de vue au sein des demi-ténèbres qui assombrissaient le vaste golfe.

Laissons la « Marie-Jeanne » suivre sa course vers les rives méridionales de Terre-Neuve, et attachons-nous au « Marsouin », qui a le cap tourné du côté de Belle-Isle.

— Sais-tu où nous allons ? demanda Thomas à son compère, lorsque la goélette du capitaine Pouliot fut hors de portée.

— À Kécarpoui, nom d’un phoque ! répondit le compère.

— Eh bien, tu te trompes comme deux phoques mon bonhomme !… Nous allons rencontrer l’aimable belle-mère de ton ami Wapwi, à une vingtaine de milles plus bas.

— Pourquoi faire ?

— Pour qu’elle se charge d’une mission qu’il serait difficile pour nous d’entreprendre seuls.

— Ah ! j’y suis : pour qu’elle nous aide à enlever Suzanne !

— Justement.

— Voilà donc le motif de cette histoire de sauvage amoureux et de sœur magnétisée !

— Parbleu !… ne fallait-il pas expliquer à l’ami Pouliot la raison qui nous faisait prendre le chemin du détroit pour aller aux Îles, et surtout le préparer à recevoir notre pensionnaire dans son hôtel du Mécatina ?