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rent pavillons & accubes. Rom. d’Artus de Bre.

ACCUBITEUR. s. m. Accubitor. C’est le nom d’un Officier des Empereurs de Constantinople. L’Accubiteur étoit celui qui couchoit près de l’Empereur. Chast. Ce mot vient du Latin Accubitor, qui couche proche d’un autre. Il vient du verbe accumbo, je couche proche.

ACCUEIL. s. m. Traitement, réception qu’on fait à une personne qui arrive, ou qui nous aborde. Acceptio, exceptio. Je me suis laissé tromper par l’accueil hypocrite que m’a fait ce rusé courtisan. M. Scud. Les grands gagnent l’amitié des peuples en faisant un bon accueil aux personnes qui les approchent. Il m’a fait un accueil froid, & désobligeant : j’en attendois un accueil plus favorable.

Accueil, seul & sans épithète, se prend d’ordinaire en bonne part. Il signifie la manière civile & honnête dont on reçoit une personne. Faire accueil à tout le monde. L’accueil qu’a fait ce Seigneur à cet infortuné gentilhomme, en le retirant dans sa maison, lui a sauvé la vie & l’honneur. Son accueil charme tous ceux qui l’abordent. Il fait accueil à tout le monde.

Bel-Accueil. s. m. Accueil honnête, poli, agréable. Marot a personnifié bel-accueil, & en fait le portier du temple de Cupidon.

Si vins de pensée joyeuse
Vers Bel-accueil le bien appris,
Qui de sa main dextre m’a pris,
Et par un fort étroit sentier
Me fait entrer au beau pourpris
Dont il étoit premier portier.

☞ ACCUEILLIR. v. a. qui se conjugue comme cueillir, signifie proprement recevoir ceux qui ont affaire à nous, ou qui nous rendent visite. Accipere, excipere. Il est déterminé à signifier une bonne ou une mauvaise réception par les termes qui l’accompagnent. Il l’accueillit avec des témoignages d’une grande tendresse, de la manière du monde la plus honnête. Il m’accueillit froidement.

Ce mot vient du latin adcolligo. Ménage. S’il n’est pas suranné, au moins est-il certain que nos bons Auteurs s’en servent peu aujourd’hui. J’aimerois mieux l’éviter, & au lieu de dire, il m’a bien accueilli, je dirois, il m’a fait un bon accueil, il m’a reçu favorablement.

Accueillir, synonyme avec secourir. Præsidium ferre. On ne doit pas méconnoître dans la prospérité, ceux qui nous ont accueillis, qui nous ont secourus dans notre misère.

Accueillir, se dit dans un sens figuré des accidens fâcheux qui nous arrivent ou qui nous surprennent. Occupare, adoriri. Nous n’étions pas loin du port, lorsque nous fûmes accueillis par la tempête, c’est-à-dire, surpris & battus par la tempête. Tous les malheurs l’ont accueilli.

L’Acad. Fr. ne fait aucune difficulté sur ce mot. Le P. Bouhours le condamne dans cette signification. Son usage paroît au moins douteux. Il vaut mieux chercher un autre tour.

Les nouveaux Vocabulistes nous présentent ce mot comme usité dans toutes ses acceptions. Ils auroient dû nous avertir que son usage est au moins douteux, & que dans la première signification, il vieillit.

Accueillir, se dit plus particulièrement pour recevoir dans un bateau, dans une chaloupe des gens en danger. Le Patron voyant notre vaisseau brisé, détacha une chaloupe pour nous accueillir.

ACCUEILLI, IE. part. Acceptus, exceptus.

Cette beauté de vertu accuillie
Se passera comme une fleur cueillie. Marot

C’est-à-dire, remplie, douée de vertu. Il ne se dit plus.

ACCUL. s. m. l’L se prononce. Lieu d’où on ne peut sortir, faute d’issue. Angustiæ. Pousser dans un accul. Quand on est dans un accul, on ne peut sortir que par où l’on est entré. L’Acad. ne nous dit rien sur l’usage de ce mot. Je ne le crois pas d’un service bien fréquent. On le dit particulièrement à la chasse, des lieux où l’on réduit le gibier.

Acculs, sont aussi les lieux les plus enfoncés des terriers, où les renards ou blaireaux ont toute leur famille. Fundula. On appelle Carrefours, les principaux conduits ou creux qui mènent à leurs acculs. On appelle encore Acculs, en termes de chasse, les bouts des forêts & des grands bois. Il se dit aussi des piquets qu’on enfonce en terre au bout d’une platte-forme pour retenir le canon, quand il recule après avoir tiré.

Acculs, se dit aussi parmi les navigateurs de l’Amérique, pour distinguer l’enfoncement d’une baie. Il a parmi eux la même signification que cul-de-sac.

ACCULEMENT. s. m. Terme de Marine, qui se dit de la concavité & rondeur de quelques membres qui se placent à l’avant, & à l’arrière sur la quille du vaisseau. Varangues acculées, sont celles qui sont rondes en dedans. Ozanan dit qu’on appelle acculement, la proportion avec laquelle chaque gabarit s’élève sur la quille plus que le premier gabarit.

ACCULER. v. a. Pousser quelqu’un, & le réduire en un endroit où il ne puisse plus reculer. In angustias redigere, compellere. On a acculé les ennemis dans ce détroit de montagnes, où on les fera mourir de faim. On le dit aussi des sangliers, des renards, &c. Les Chiens ont acculé le loup.

s’Acculer, signifie au contraire, se placer dans un coin, se retirer dans un lieu étroit où on ne puisse être attaqué par derrière, pour se mieux défendre contre plusieurs ennemis de front. Locis postico imperviis uti ad defensionem. Ce brave s’est acculé contre une muraille, pour n’être point enveloppé par les ennemis. Le taureau s’accule, quand il est pressé avec trop de vigueur par des dogues. S’acculer contre un arbre.

Acculer, en termes de manège, se dit lorsque le cheval qui manie sur les voltes, ne va pas assez en avant à chacun de ses mouvemens ; ce qui fait que les épaules n’embrassent pas assez de terrain, & que sa croupe s’approche trop près du centre de la volte. On dit encore vulgairement, qu’un cheval s’accule, ou qu’il s’est acculé, lorsqu’il s’abandonne sur sa croupe, lorsqu’on l’arrête, ou qu’on le veut faire reculer.

Acculer, v. n. Terme de Marine. Je jugeai que je l’avois fort incommodé en lui donnant une bordée, puisqu’il mit toutes ses voiles à acculer. M. le Chev. de Caylus.

ACCULÉ, ÉE. part. In angustias loci redactus.

En termes de Blason, on appelle un cheval acculé, quand il est cabré en arrière & sur le cul. In clunes residens. Ce mot convient à quelques autres animaux. Un lion acculé. On le dit aussi de deux canons sur leurs affûts, dont les culasses sont opposées l’une à l’autre ; comme ceux que le Grand Maître de l’Artillerie met au bas de ses armoiries, pour marques de sa dignité. Ce mot se tire du Latin culum. On dit un cul-de-sac.

ACCUM, AUXUM, ou CHAXUMO. Ville de l’Abissinie en Afrique. Auxima. Elle est dans le Royaume de Tigre, sur la rivière de Marabo. Elle a été capitale de l’Abissinie ; ce n’est plus qu’un petit village, où l’on couronne cependant encore les Rois. Il ne lui reste de son ancienne splendeur, que les ruines de quelques édifices, celles d’une Eglise magnifique, & de quelques pyramides & obélisques qui servoient d’ornement aux tombeaux des Rois.

ACCUMULATION. s. f. Entassement, amas de plusieurs choses les unes sur les autres. Accumulatio, coacervatio. Accumulation de richesses. Il n’y a rien de plus ruineux que de laisser faire une accumulation d’arrérages. Ce mot n’est pas usité.

On dit au Palais, une accumulation de droits, ou cumulation, quand quelqu’un prétend un héritage, un bénéfice, en vertu de plusieurs droits de différente nature, comme par mort, par résignation, &c. & qu’un seul de ces titres pourroit lui acquérir.

ACCUMULER, v. a. Entasser, assembler, amasser plusieurs choses ensemble. Accumulare, coacervare, congerere. Les avares ne songent qu’à accumuler trésors sur trésors. On dit figurément, accumuler crime sur crime.

On le dit quelquefois absolument. Les avares ne songent qu’à accumuler. On sous-entend du bien, des richesses.

Accumuler, est aussi récip. Et dans cette acception on dit, que des arrérages s’accumulent tous les jours ; pour