Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/127

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porelle, & sortent de la racine même. Ses tiges sont rondes & tendres, de la hauteur de 4 à 5 pouces. Au sommet de ses rameaux naissent des petites fleurs d’un blanc tirant sur le rouge, assemblées en rond. Sa racine est ronde, blanche en dedans, jaunâtre en dehors. Cette plante croît dans les climats tempérés, ou peu chauds, & dans les lieux plats & humides. On se sert, principalement en Médecine, de sa racine, qui est d’une nature tempérée, ou un peu plus froide & plus humide que chaude & sèche, & qui est d’un goût doux & agréable. Son suc, ou la liqueur qui en découle, appaise l’ardeur de la fièvre & fortifie le cœur. C’est un contrepoison très-présent & très-sûr. Il résiste aux piqûres venimeuses, principalement à celles du scorpion. Sa racine, surtout, broyée & appliquée en emplâtres, a beaucoup de force. Outre cela, cette plante appaise les douleurs des reins, tempère l’acrimonie des urines, modère les douleurs de poitrine, donne de l’appétit, guérit les tumeurs qui naissent à la gorge ; c’est même un remède contre toutes sortes de maladies, de quelque manière que l’on en use, si l’on en croit Hernandez dans son Histoire des Plantes du Mexique, L. vii. C. 53. d’où ceci est tiré. Cet Auteur dit que cette plante croît chez les Michuacanoix ; qu’on lui donne encore d’autres noms : que quelques uns l’appellent Chipa huacaiztic, à cause de ses qualités froides, & de la blancheur de sa racine ; que d’autres la nomment Huichocataqua. Il ajoute qu’il a encore oui parler d’une autre espèce d’Acuitze-huariacua, que les gens du pays nomment Uquiro, & d’autres Scorsonere ; mais qu’il ne l’a pas vue.

ACUMULO. Bourg du royaume de Naples. Acumulum. Il est dans l’Abruzze Ultérieure, aux confins de la Marche d’Ancone & de l’Ombrie, sur la rivière de Trente, entre la ville d’Ascoli & celle de Riéti.

ACUT. s. m. & adj. Terme d’Imprimerie, qui se dit d’un caractère marqué d’un accent aigu. Littera accentu acuto notata. Un é acut est l’é fermé ou masculin, comme dans le mot probité, qu’on est obligé de marquer ainsi, pour le distinguer de l’e féminin ou de l’e ouvert, qui doit être marqué d’un accent grave, ou d’un circonflexe dans les mots bête, tête, prêt. Les e sont marqués d’un circonflexe, pour avertir que l’e est ouvert, & que la syllabe doit être alongée, parce qu’il y avoit autrefois un s après cet e, qu’on a supprimé ; & dans les mots, Procès, succès, après, on doit mettre un accent grave, pour marquer que l’e est encore ouvert, & que ces mots se doivent prononcer comme s’ils étoient écrits Proçais, sucçais, aprais.

ACUTS. s. m. pl. Ce sont les bouts des forêts & des grands pays de bois. Dict. Économ.

ACUTANGLE. adj. Terme de Géométrie. Il se dit des triangles, dont les trois angles sont aigus. Quand un triangle a les trois angles aigus, il s’appelle acutangle ou Oxygone. Le P. Pardies.

☞ ACUTANGULAIRE. adj. Acutangularis. Nom que l’on donne à une figure de Géométrie, dont les angles sont aigus.

ACZIB. Ancienne ville de la Tribu de Juda. Aczib. Elle étoit près de Céila & de Marésa.

ACZIBA. Voyez Achazie.

ACZU. Ville de la grande Tartarie, située dans le royaume de Tanguth, près du Chlamay, ou Chimol. Quelques Auteurs croient que c’est l’ancienne Auzacia.

ACZUD. Petite ville de la Valaquie. Aczudia. Elle est sur la rivière de Missowo, au midi de la ville de Braislow, & entre celle de Targoviscou & de Torgorod. L’Atlas de Samson nomme cette Ville Aczab & n’en fait qu’un village. Celui de M. Delisle n’en parle point du tout.

ADA.

☞ ADA. Ville de la Turquie Asiastique, sur la route de Constantinople, à Hispanan.

ADAD, ou ADOD. s. m. Adadus. Divinité des Assyriens. Macrobe, qui en a passé au Ch. 18 de son premier Livre, dit que ce nom signifioit, un. Il s’est trompé : un en Assyrien se disoit בדא bhada, & non pas בדד bhadad qui signifioit plutôt aigu. Quelques uns croient que c’étoit un Dieu, & qu’on lui donnoit pour femme Adargatis, ou Athergaris. Selden, de Diis Syr.synt. t. i. prétend qu’Adad étoit le soleil ; que ce nom ne marque mal pas les cris, ou les exhortations, les excitations de gens qui exhortent, celcusma hortantium ; & qu’il pourroit bien avoir du rapport avec les cris des enfans, dans les sacrifices du Moloch. Il dit encore qu’il est différent de Ada, qui est du féminin, & qui pourroit bien être la même Déesse qu’Athergaris, ou Derceto. Quelques-uns ont dit que ce Dieu Adad étoit Adad Roi de Syrie, dont Josephe parle dans le ix. Livre de ses Antiquités, C. 2. où il dit qu’Adad & Azaèl qui lui succéda, après l’avoir étouffé, sont honorés comme des Dieux par les Syriens, surtout à Damas.

ADADA. Ancienne ville de la Terre-Sainte. Adada. Elle étoit dans la partie méridionale de la Tribu de Juda, près des montagnes de Seïr.

ADADREMMON. Ville de la Terre-Sainte. Adadremmon. Elle étoit dans la plaine de Mageddon, entre les villes de Jesraël & de Mageddon. Elle appartenoit à la demi-Tribu de Manassé en deçà du Jourdain. Adricomius prétend que c’est la même qui fut appelée Maximianopolis. Les LXX traduisent Adadremmon par Grenade ; en effet רמון Remmon en Hébreu, signifie une grenade, & saint Jérôme dit que la campagne où cette ville étoit située, étoit plantée de grenadiers.

☞ ADÆQUAT, ou ADEQUAT, ATE. adj. Adæquatus. Terme de Logique, synonyme avec total. L’objet adæquat d’une science est celui qui comprend les deux objets, le matériel & le formel. Voyez ces mots. En Métaphysique on le dit aussi des idées. Idée adæquate, où totale, est la vue de l’esprit occupé d’un objet tout entier, par opposition a partielle ou inadæquate, qui est une vue de l’esprit occupé d’une partie seulement d’un objet.

ADAGE. s. m. Proverbe, sentence populaire, & commune. Adagium. Il n’est en usage qu’en ces phrases. Les Adages d’Erasme. C’est un vieil Adage. Autrement on ne le dit qu’en badinant, ou pour mépriser un ouvrage chargé de vieux proverbes. Ce mot vient de ad & agor, dit Scaliger ; quod agatur ad aliud signandum, parce qu’on en use pour signifie autre chose.

☞ ADAGIO. Adverbe Italien, qui signifie à l’aise, posément. En Musique ce mot écrit à la tête d’un air désigne le plus lent de quatre principaux degrés de mouvement établis dans la musique Italienne.

☞ On le dit comme s. m. du morceau de musique, dont il détermine le mouvement. Jouer un Adagio.

ADAL. s. m. C’est, selon Paracelse, la partie des plantes qui constitue leurs propriétés médicinales, ou, ce qui revient au même, la partie pure & active des plantes ; séparée de la partie impure & terrestre.

ADALBAULD. s. m. Nom propre, Adalbaldus. S. Adalbauld étoit de la race de Dagobert. Chast. 2. Fév.

ADALBERT, ou ADELBERT. s. m. Voyez Albert.

ADALIDE. s. m. Adalis. Les Adalides sont en Espagne des Officiers de Justice pour les troupes. Rodrigue de Tolède, les Loix du Roi Alphonse, & Grégoire Lopez en parlent. Suivant les Loix d’Alphonse, les Adalides sont des Officiers qui sont chargés de conduire les troupes dans leurs marches en temps de guerre, Lopez dit que les Adalides jugent les différens qui arrivent au sujet des courses qu’on fait dans le pays ennemi, du partage du butin, & de la restitution des choses qui se perdent : c’est encore aux Adalides à mettre pendant le jour des sentinelles qui les avertissent de tout.

ADAM. s. m. Adam, æ ; Adamus. Ce nom est purement Hébreu. Dieu lui-même semble en marquer l’origine, Gen. III 19, lorsqu’il dit au premier homme : Vous mangerez votre pain à la sueur de votre corps, jusqu’à ce que vous retourniez à la terre, en Hébreu el haadama ; car c’est d’elle que vous avez été pris. Cependant on varie sur l’étymologie & le sens de ce nom. La plus commune opinion est que ce nom vient de אדמה, Adama, terre, & qu’il signifie terrestre ; de là vient que les Peres Grecs l’interprêtent γήινος ou