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sis, e. Aden, l’une des plus fortes villes de l’Arabie heureuse, est située au pied d’une haute montagne qui aboutit à la mer par une longue & étroite pointe de terre. Ce poste est fort propre pour fermer le passage des Indes aux Turcs & aux Sarrasins, qui y vont par la mer rouge, & de-là vient qu’Albuquerque le Grand voulut l’occuper l’an 1513 ; mais la résistance vigoureuse des Adénois le contraignit de lever le siége. Bouh. Xav. L. IV.

ADÉNOLOGIE. s. f. C’est une partie de l’Anatomie, qui traite des glandes. Ce mot est Grec, composé de ἀδὴν, ένος, glande, & de λόγος, discours.

☞ AOÉNOPHARYNGIEN. adj. pris subst. En Anatomie. Nom d’une paire de muscles formés par un paquet de fibres qui se détache de la glande Thyroïde, & s’unit de chaque côté avec le Thyropharyngien. Vinslow.

ADÉNOS. s. m. Coton qui vient d’Alep. Dict. de l’Ort.

ADENT. s. m. Terme de charpenterie & de menuiserie, qui se dit de certaines entailles ou emboîtures qui se font en forme de dents, pour mieux lier & assembler des pièces de bois, ou des tenons dans des mortoises. Assemblage en adent.

ADENTER. v. a. Adenter un vaisseau, c’est mettre son orifice en bas & le fond en haut. Ce terme est populaire. On adente les vaisseaux, de peur qu’il n’y tombe quelque chose de malpropre.

ADÉODAT. s. m. Adeodatus. Nom, ou surnom qu’on a donné à plusieurs hommes, & qui est formé du Latin, & signifie, Donné de Dieu, ou, comme on a dit en François, Dieu-donné, ou de Dieu-donné. Le Pape Adéodat fut élu en 671, après Vitalien. Philippe-Auguste & Louis XIV ont été surnommés Adéodat.

ADÉONE. s. f. Adeona. Déesse à laquelle les Romains se recommandoient quand ils alloient quelque part, comme témoigne S. Augustin dans la Cité de Dieu, L. IV. C.22. Ils se recommandoient à la Déesse Abeone, quand ils se mettoient en voyage pour s’en aller. On voit par-là que les Vocabulistes ont tort de dire qu’Adéone & Abéone sont la même chose.

Ce mot a été formé du verbe Adco, je vais ; j’entre.

ADÉPHAGE. s. f. Déesse de la gourmandise, à laquelle les Siciliens rendirent un culte religieux. Ils lui avoient élevé un temple, dans lequel sa statue se trouvoit auprès de celle de Cérès. Ἅδη pour ἡδυ, volupté, φαγεῖν, manger.

☞ ADEPHAGUS. adj. Surnom d’Hercule ; c’est-à-dire, Hercule le vorace.

ADEPTE. s. m. Adeptus. Les Adeptes. Nom de certains Alchimistes, qui prétendent avoir trouvé le secret de la transmutation des métaux, ou la pierre philosophale. Harr.

Ce nom vient du participe adeptus, du verbe latin adipiscor, qui signifie, trouver, acquérir, parce qu’ils prétendent avoir trouvé le grand secret de la transformation des métaux. Ces Alchimistes disent qu’il y a toujours douze Adeptes, qui sont remplacés par d’autres, lorsqu’il plaît à quelqu’un de la fraternité de mourir, ou de se transporter lui-même quelque part où il puisse faire usage de son or ; car dans ce mauvais monde-ci, disent-ils, il ne leur procure pas une chemise. Harr. La folie des Alchimistes est, dit on, de trouver le grand-œuvre dans les Livres Saints. M. M. de la Monnerie n’a pas manqué de prêter leur langage au Prophète-Roi, dans les endroits de ses Odes sacrées qu’il a jugées favorables à l’Alchimie, & d’y joindre une glose fort étrange. Je ne sais si quelque Adepte a porté la singularité plus loin. Observat. sur les Ecrits mod. tom. 21, p. 175. Dans la recherche du grand-œuvre on a un langage tout particulier pour les adeptes & les enfans de l’art, & un autre pour les prophanes. Bayle.

M. Rousseau, dans sa huitième Epître, nomme Adeptes, les Auteurs du Théâtre qui veulent se singulariser en s’écartant des règles ordinaires.

A nos Auteurs, ce n’est point entre nous,
L’esprit qui manque, ils en ont presque tous ;
Mais je voudrais, dans ces nouveaux Adeptes,
Voir une humeur moins rétive aux préceptes.

☞ On peut appeler Adepte, quiconque est initié dans les mystères d’une secte, d’une science, quoique ce nom convienne particulièrement aux Alchimistes.

☞ ADEQUAT.Voyez Adæquat.

ADER. Voyez la Tour d’Ader ; car c’est une erreur de prendre Ader seul pour tout le nom de ce lieu, & de dire qu’il signifie la Tour du troupeau ; car Ader signifie seulement Troupeau.

ADERBORGH. Ville de la Poméranie Royale, en Allemagne. Aderborna. Elle est sur l’Oder au-dessous de Stétin.

ADERBOURG. Ville d’Allemagne. Aderburgum. Elle est sur l’Oder, dans la moyenne Marche de Brandebourg. Zeiler nomme indistinctement ces deux villes Aderberg.

☞ ADERSLEBEN. Ville de la principauté de Halberstadt, sur la rivière de Salke.

ADÉS, ou ADEZ. Vieux mot, qui veut dire, selon Pasquier, incontinent, maintenant, alors. Dans les poësies du Roi de Navarre, il signifie, tellement, entièrement.

Et tout adés en regardant.

Rom. De la Rose.

Adés sera précédé à la requête du diligent. Boutiller.

ADESER. Vieux v. a. Il vient du Latin adesse, aller au secours de quelqu’un, l’aider, le panser.

ADESSÉNAIRES. s. m. & f. Adessenarii. Hérétiques qui croient que Jésus-Christ est dans l’Eucharistie, mais dans un sens différent de celui des Catholiques Romains. Les Adessénaires sont de quatre différentes opinions sur cela. Les uns soutiennent qu’il faut dire que le corps de Jésus-Christ est au pain, les autres qu’il est à l’entour du pain ; les autres qu’il est avec le pain ; & les autres enfin, qu’il est sous le pain. Les Adessénaires, comme il paroît par-là, sont ceux qu’on appelle autrement Impanateurs. Adessénaire, est un nom forgé par Pratéole. Il vient du verbe latin adesse, adsum. Je suis présent. Mais il n’a jamais été dans l’usage ordinaire, & nulle secte ne l’a porté. Quelques-uns de nos Auteurs s’en servent néanmoins, comme Jovet & le Dictionnaire Historique.

ADEXTRÉ, ÉE, adj. Terme de blason, qui se dit des pièces qui se mettent au côté dextre de l’Écu ; comme au contraire, ce qui se mer au côté sénestre se dit senestré. Habens ad dexteram, ad sinistram. On le dit aussi, lorsque l’on blasonne la partie droite de l’Ecu, & qu’elle est d’un émail différent de la gauche.

On dit encore d’un pal, ou autre pièce, qui a, par exemple, un lion à sa droite, qu’il est adextré de ce lion.

ADEXTRE. adj. m. & f. Vieux mot. Adroit. Dexter, a, um. Callidus. Marot a dit dans l’épitaphe d’un joueur de farces.

Il fut en son jeu si adextre
Qu’à le voir on le pensoit être
Yvrogne quand il s’y prenoit,
Ou badin, s’il l’entreprenoit.

Il se prend aussi pour agréable, bien composé. Dexter, jucundus, benè compositus.

Serait-ce point votre port tant adextre ? Marot.

ADGIAMI-OGLAN. Voyez ADAMOGLAN.

ADH.

ADHASTA. Bourg du Bergamasque, autrefois ville de Lombardie, appelée Juvenatium.

ADHATODA. s. m. Noyer de Malabar. Ses feuilles croissent opposées les unes aux autres. Le calice de la fleur est oblong, & composé d’une seule pièce oblongue : la fleur est divisée en deux lèvres. L’ovaire se change en un fruit d’une écorce ligneuse partagée en deux cellules, qui contiennent chacune une semence aplatie en forme de cœur. Dict. de James.

☞ ADHÉRENCE. s. f. Vient du Latin adhærere qui signifie être attaché à quelque chose. Ainsi dans le sens propre & littéral, ce mot présente l’idée d’union, de jonction. Adhærentia, adhæsio.