Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/139

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être si fine & si fondante, se trouve grossière & presque sèche ; enfin, le noyau en est plus gros qu’il ne devroit être, s’ouvre même quelquefois. Id.

Admirable-jaune. Autre espèce de Pêche. Malum Persicum admirabile flavum. L’admirable-jaune tardive est aussi nommée la Pêche d’abricot & Sandalici. C’est un mirlicoton, de même que la Pavie jaune : elle ressemble entièrement par sa figure, & par sa grosseur, à la pêche admirable ; mais elle en est différente par le coloris jaune qui est dans sa peau & dans sa chair, qui lui a fait donner ce nom. La Quint. L’une & l’autre admirable colorent assez au soleil ; & ce rouge pénètre même un peu davantage auprès du noyau de la jaune, qu’auprès du noyau de la blanche. L’admirable-jaune est de très-bon goût, mais sujète à devenir pâteuse. Id.

ADMIRABLEMENT. adv. D’une manière admirable, parfaitement bien. Admirabiliter, mirifica. Il parle admirablement bien sur la Physique. Cela vous sied admirablement.

ADMIRAL. Voyez Amiral.

ADMIRATEUR, ATRICE. adj. presque toujours employé substantivement. Celui qui admire. Admirator. Miratrix. C’est un admirateur de tous les beaux esprits. Il est passionné admirateur des Anciens. Boil. Sans l’amour nous serions de tranquilles admirateurs des beautés les plus parfaites. S. Evr. On est bien souvent son premier & son unique admirateur. M. Scud. Les grands admirateurs sont la plûpart de sottes gens. S. Evr. Notre siècle est fertile en sots admirateurs. Boil.

De ses tristes écrits admirateur unique,
Plaint en les relisant l’ignorance publique. Boil.

☞ ADMIRATIF, IVE. adj. Il n’est guère en usage que dans ces phrases, point admiratif, particule admirative. On appelle Point admiratif, une ponctuation qui se marque ainsi  !, & qui sert à faire connoître qu’il y a exclamation & admiration dans le discours. On appelle Particule admirative, une particule qu’on emploie pour marquer de l’admiration. Acad. Fr.

☞ Les Imprimeurs disent simplement Admiratif, & alors ce mot est substantif masculin, ou adjectif pris substantivement en sous-entendant point.

☞ Le ton admiratif. Le geste admiratif est un jargon du grand Vocabulaire.

☞ ADMIRATION. s. f. Sentiment qu’excite en nous la présence d’un objet, quelqu’il soit, auquel nous attachons de grandes perfections ; par lequel nous regardons avec une haute estime ou avec étonnement quelque chose de beau, de grand, de parfait. Admiratio. Les prodiges excitent l’admiration. Felib. Le Tasse & l’Arioste voulant représenter un homme dans l’admiration, le font paroître comme immobile. Idem. L’admiration qu’on a pour les actions glorieuses, est souvent accompagnée d’un secret déplaisir de n’en pouvoir faire autant. Cost. Rien n’attire plus l’admiration de tout le monde que la vertu. Dur. Vous ne plairez jamais à un homme si fier, à moins que vous ne soyez dans une admiration continuelle pour tout ce qu’il fait. Rochef. L’admiration gâte & corrompt le cœur. Maleb. Ce qui fait l’admiration du peuple, ne divertit pas toujours les gens d’esprit. S. Evr. Ce qui rend la solitude insupportable à la plupart des gens, c’est qu’elle les éloigne de l’admiration Port-R. Quand l’homme ne regarde Dieu que comme son Juge, il cesseroit de l’admirer, s’il pouvoit lui refuser son admiration. Abad.

Admiration, se dit aussi de la chose qui se fait admirer. Ce Prince est l’admiration de son siècle. S. Chrysostôme a été l’honneur de son siècle, & l’admiration de la postérité. Nicol.

On dit ordinairement que l’admiration est la fille de l’ignorance : c’est dans ce sens que S. Evremont a dit, que l’admiration est la marque d’un petit esprit.

☞ Ce qui ne peut se dire que de l’admiration des choses communes. Mais plus un homme a de discernement, plus il pénètre les secrets de la nature, plus il admire.

☞ Il ne faut pas confondre l’admiration avec la surprise. Une chose belle ou laide, pourvû qu’elle ne soit pas ordinaire dans son genre, cause de la surprise. Il n’est donné qu’aux belles de causer la surprise & l’admiration. Ces deux sentimens peuvent aller ensemble ou séparément.

Admiration. (point d’). Voyez Admiratif.

☞ ADMIRATRICE. Voyez Admirateur.

ADMIRER. v. a. Considérer avec surprise ; regarder avec étonnement une chose à laquelle nous attachons des perfections. Admirari, mirari. On n’admire rien tant qu’un homme qui sait être malheureux avec courage. Racin. Les hommes vains ne songent qu’à se faire regarder, & à se faire admirer. S. Evr. Nous aimons toujours ceux qui nous admirent ; & nous n’aimons pas toujours ceux que nous admirons. Rochef. La seule chose qui puisse rendre l’homme heureux, c’est de n’admirer rien ; parce qu’alors on ne désire rien. Dac. Les hommes n’aiment point à vous admirer ; ils ne cherchent qu’à être applaudis eux-mêmes. La Bruy. Biens des gens admirent un faux merveilleux enveloppé d’une obscurité qu’ils respectent. Fonten. Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire. Boil. Nous admirons souvent ce qui est au-dessus de nos forces, ou de nos connoissances.

On dit aussi ironiquement & en mauvaise part : Pour moi je vous admire ; pour dire, je ne comprends pas à quel point va votre foiblesse : j’en suis surpris. N’admirez-vous pas la folie des hommes ; J’admire l’avarice de cet homme qui a des richesses immenses. On le dit dans ce sens des choses dont on blâme l’excès.

Il se met aussi avec le pronom personnel. Un sot, content de ce qu’il fait, s’admire lui-même. Boil.

ADMIRÉ, ÉE. part.

ADMISSIBLE. adj. m. & f. Valable, recevable, qu’on peut admettre. Legitimus, Probabilis. Il ne se dit guère qu’en ces phrases. Cette raison n’est pas admissible. Ces moyens de faux ont été déclarés pertinens & admissibles.

ADMISSION. s. f. Action par laquelle on est admis à une place ou dignité. Admissio. Ce terme se dit spécialement de la réception aux ordres ou à quelque degré dans une faculté. La calomnie qu’on a débitée contre cet Ecclésiastique, a empêché son admission aux Ordres.

Admission, se dit aussi au Palais des preuves & des moyens qui sont reçus comme concluans & pertinens.

☞ On dit aussi en droit Canonique, l’admission d’une démission, d’une résignation, en parlant du consentement que le collateur donne à cet acte qui est fait entre les mains. Sans cet acte approbatif de la part du collateur, le bénéfice n’est pas censé vacant.

☞ ADMISSIONALES. On donnoit ce nom chez les Romains aux Esclaves qui introduisoient chez les Princes.

ADMITTATUR. s. m. Billet que donnent les Examinateurs, portant certificat qu’un homme est capable d’obtenir des degrés dans une Faculté, ou digne d’être promu aux Ordres. Ce Prêtre a reçu du grand-Vicaire son admittatur.

ADMODIATEUR. Voyez Amodiateur.

ADMODIATION. Voyez Amodiation.

ADMODIER. Voyez Amodier.

ADMODIÉ, ÉE. Voyez Amodié.

ADMONESTEMENT. s. m. Vieux mot. Avis, avertissement. Monitum, admonitio.

Mais de quoi sert tant d’admonestement ?
Fais seulement que si bien te reçoive,
Que recevoir je puisse promptement. Marot

☞ ADMONÉTER. v. a. Terme de Palais. Faire une légère correction verbale, en matière de délit. Admonere. C’est une peine qui s’impose en matière criminelle, lorsque le délit ne mérite pas une grande punition. Le Juge mande le coupable, pour lui faire une remontrance à huis clos, avec défense de récidiver. Un tel a été admonété ; on l’a admonété. Cette peine n’emporte point l’infamie, comme le blâme, à moins qu’elle ne soit accompagnée de l’amende : ce qui arrive rarement.

☞ ADMONÉTÉ, ÉE. part. Admonitus.