Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/238

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phimacre. Tels sont ceux-ci dans Horace. Liv. II, Od. 3.

Omnes eodem cogimur : omnium 
Versatur urna : seriùs, ociùs
Sors exitura.

On appelle encore alcaïques, des vers d’une autre mesure, composés de deux dactyles & de deux trochées, comme celui de la même Ode.

Exilium impositura cymbæ.

Une Ode alcaïque est composée de strophes, dont chacune comprend quatre vers. Les deux premiers sont deux vers alcaïques de la première espèce. Le troisième est un ïambe dimètre hypercatalectique, c’est-à-dire, de quatre pieds & une syllabe.

Sors exitura & nos in æternum.

Le quatrième est alcaïque de la seconde espèce. Voici la strophe alcaïque entière.

Omnes eodem cogimur ; omnium 
Versatur urna : seriùs, ociùs
Sors exitura, & nos in æternum. 
Exilium impositura cymbæ.

Ces deux espèces de vers s’appellent alcaïques dactyliques. Il y en a une autre espèce qu’on nomme simplement alcaïques, & qui sont composés de quatre pieds, dont le premier est un épitrite, le second & le troisième deux choriambes, le quatrième un bacchius.

Cur timet fla | vum Tiberim | tangere ? cur | olivum.

Le Poëte Alcée, Alcæus y inventa ces espèces de vers ; c’est pour cela qu’on les appela alcaïques, de son nom.

ALCALA. Nom de plusieurs villes d’Espagne. La première & la plus célèbre est Alcala de Henarez dans la Nouvelle Castille. Complutum. Alcala est fameuse par son Université fondée en 1517 par le Cardinal Ximenès, & par la Polyglotte que ce Prélat y fit imprimer en 1515. On l’appelle Carpetanorum urbs.

ALCALA DE GUADIRA. Henipa. Petite ville d’Andalousie.

ALCALA-REAL, ou ROYALE. Alcala Regalis, est aussi dans l’Andalousie sur les frontières du royaume de Grenade.

☞ ALCALESCENCE. s. f. Terme dont on se sert en Médecine, pour exprimer la putréfaction qui est produite dans certaines substances par les alcalis. La chair des animaux est disposée à l’alcalescence.

☞ ALCALESCENT, ENTE. adj. Terme de Médecine, par lequel on désigne une chose qui tend à la fermentation alcaline, qui commence à devenir alcaline.

☞ ALCALI ou ALKALI. s. m. L’Acad. suit la première orthographe. Terme de Chimie & de Physique. Salerutus, elicitus. Ce nom a été donné premièrement par les Arabes au sel qu’on tire des cendres d’une plante, qu’ils appellent Kali, & les François Soude : & parce que ce sel fermente avec une liqueur acide, on a depuis donné ce même nom à tous les sels lixiviels des plantes, c’est-à-dire, qu’on tire par la lotion de leurs cendres, & qu’on appelle fixes. On l’a aussi donné à tous les sels volatils, & à toutes les matières terrestres qui fermentent avec les acides. ☞ Ainsi l’on distingue deux sortes d’alcalis ; l’alcali fixe, ainsi nommé, parce que l’action du feu le fond sans le dissiper ; & le volatil, ainsi nommé, parce que la moindre chaleur le dissipe ou le volatilise. Ce dernier se tire des animaux. Les sels alcalis fixes impriment sur la langue une sensation semblable à celle d’une brûlure. C’est pour cela qu’on les nomme quelquefois caustiques. On les nomme aussi lixiviels, parce qu’on les retire des cendres des plantes en les lavant. Tous les alcalis ont la propriété de changer en vert la couleur bleue des fleurs ; en quoi ils différent des acides, auxquels d’ailleurs ils s’unissent avec effervescence, & de cette union il résulte différens sels neutres, suivant les différens acides joints avec les alcalis. Tachenius, Swalve, & quelques autres Chimistes, ont prétendu que le sel alcali, & l’acide, étoient les seuls principes de toutes choses ; & ils ont voulu expliquer par leur moyen tout ce qu’il y a de plus difficile dans la nature ; mais ce qu’ils ont avancé a paru si défectueux & si absurde, qu’ils ont trouvé peu de sectateurs. On peut cependant s’en servir, pour expliquer quelques phénomènes particuliers.

☞ On entend proprement par alcalis, des corps poreux & spongieux dans lesquels, comme dans autant d’espèces de gaines, vont se loger des corps roides, longs, pointus & tranchans, que l’on nomme acides.

ALCALIN ou ALKALIN, INE. adj. m. & f. Qui appartient aux Alcalis. Ce terme s’aplique aux substances qui ont quelques-unes des propriétés des alcalis. Substance, terre alcaline. Alkalinus, a, um, Volatilis, e. L’expérience est contre le sentiment commun que nous avons de la chaux, qui est que la chaux éteinte est, pour ainsi dire, la tête morte de la chaux vive, comme ayant dissipé & perdu sa principale partie alcaline, que l’on suppose être volatile. Homberg, Acad. D. S. 1700. Mém. p. 68.

ALCALISATION, ou ALKALISATION. s. f. Alcalisatio. C’est l’action d’imprégner quelque chose, comme de l’esprit de vin, d’un sel alcali. ☞ L’alcalisation de l’esprit de vin s’opère en le mettant en digestion sur de l’alcali. En dissolvant une petite quantité de ce sel, il acquiert des propriétés alcalines.

ALCALISER. v. a. Tirer le sel de tous les végétaux & minéraux après leur calcination par le moyen de la lessive ; c’est-à-dire, en versant dessus de l’eau plusieurs fois qui s’impregne de leur sel. Sales cruere, elicere.

☞ C’est dégager par l’action du feu d’un sel neutre la partie acide qui y étoit contenue, de manière qu’il ne reste plus que la partie alcaline.

ALCALISÉ, ÉE. part.

☞ ALCAMO. Alcamus. Ville de Sicile, dans la vallée de Mazare, au pied du mont Bonifati, à seize milles de Palerme.

ALCANA. s. f. Drogue qui sert à la teinture, qui vient d’Egypte & de quelques autres endroits du Levant. Les Botanistes appellent Ligustrum ægyptiacum, ou Troëne d’Egypte, la plante qui produit cette teinture. La couleur qu’on tire de ses feuilles, est rouge ou jaune, suivant qu’on la prépare ; jaune, si on la fait tremper dans l’eau : & rouge, si on la fait infuser dans du vinaigre, du citron, ou de l’eau d’alun. Quelques-uns donnent ce nom à la Silaria. Il y en a aussi qui le donnent à la colle de poisson.

ALCANCALI. s. m. C’est un antidote à qui les Italiens donnent ce nom. Il est bon pour les fièvres ardentes, simples ou doubles-tierces, continues, la fièvre nommée lipyrie, l’hémitritée, en un mot toutes sortes de fièvres. Dict. de James.

☞ ALCANITZ. Alcanitium. Petite ville d’Espagne, en Arragon, avec un château, sur la rivière de Guadelope, à peu de distance des frontières de Catalogne.

☞ ALCANIZES. Alcanitium. Petite ville d’Espagne, dans le royaume de Léon, proche la frontière de Portugal, avec un bon château.

ALCANNA. s. m. Arbre qui est médiocrement élevé, dont le bois est blanchâtre, assez dur, & dont les branches sortent par paire du tronc, & en soutiennent d’autres. Celles-ci sont revêtues de feuilles qui gardent le même ordre, qui sont assez étroitement serrées, & ne vont pas jusqu’à la fin de la branche, qui se termine toujours par une épine longue, assez foible. Ses feuilles sont d’un vert jaunâtre, & ont la figure d’un fer de pique, plus larges vers la pointe qu’en approchant de la queue ; elles ont deux pouces & quelques lignes de longueur, sur onze lignes de largeur, & ce sont les plus grandes. Ses fleurs naissent en forme de bouquet, à l’aisselle des branches : chaque fleur est composée de quatre ou cinq pétales, d’un pourpre sale, disposées en rose autour du pistil, & soutenue par un calice d’une seule pièce découpée jusqu’à la base ; son pédi-