Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/239

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cule est assez court & assez délié. Huit étamines blanches, disposées deux à deux, portant des sommets fort petits, environnent le pistil, qui devient une baie du volume de celle du genévrier. Cette baie contient, sous une écorce cassante, un nombre prodigieux de semences triangulaires & un peu pyramidales. Plusieurs Auteurs de botanique ont confondu cet arbre avec le Troëne ou avec le Filaria. Prosper Alpin nous a donné le premier la description de l’Alcanna dans son Traité des Plantes d’Egypte, p. 44. La figure qu’il en donne n’est pas exacte, comme l’a fort bien remarqué Veslingius, pag. 16. On peut avoir recours à l’Hortus Malabaricus, vol. i, pag. 37, où l’on verra une branche de cet arbre très-bien dessinée sous le nom de Mail-anschi ; sa description est très-correcte. Cet arbre vient donc dans les Indes aussi-bien qu’en Egypte, où il est appellé Elle-hanne, & Alcanna, par les Médecins. On a cru que c’étoit le Cyprus de Pline, & qu’il devoit se rapporter au genre du Troëne, mais mal à propos, comme on le peut voir à l’article de Troëne. Les feuilles de l’Alcanna sont fort astringentes ; on en fait un grand trafic au Caire après les avoir réduites en poudre, qu’on nomme Archenda, de laquelle les femmes se servent pour se teindre les oncles & les cheveux en jaune doré. Cette même poudre jetée dans de l’eau chaude est un remède dont on use pour supprimer la trop grande sueur des pieds, en les y baignant, & en y appliquant le marc. Les Transactions philosophiques, Tom. 2, pag. 645, disent que l’Alcanna est la feuille d’une plante, qui, quand elle est trempée pendant une nuit dans du vin, rougit les cloux.

☞ Nous continuerons d’appeler Alcanna, l’arbre dont on vient de parler, malgré le reproche qu’on nous fait dans le nouveau Vocabulaire, de donner gratuitement à l’arbre le nom de la poudre qu’on tire de ses feuilles. Bien d’autres que nous lui ont donné ce nom ; & nous ne voyons pas pourquoi nous nous en rapporterions gratuitement à la décision des Vocabulistes.

ALCANTARA. Norba Cæsarea Turobrica, ou Pons Trajanus. Ville de Portugal, dans l’Estramadure, sur le Tage.

ALCANTARA. Ordre militaire d’Espagne. La ville d’Alcantara ayant été reprise sur les Maures par Alphonse IX en 1212, il la confia à la garde des Chevaliers de Calatrava. Deux ans après elle fut remise aux Chevaliers du Poirier. C’étoit un Ordre de Chevaliers institué en 1170, par Gomey Fernand, & approuvé par le Pape Alexandre III, sous la règle de S. Benoît. Alors ils changerent de nom, & prirent celui de la ville d’Alcantara, dont ils étoient en possession. Après la défaite des Maures, & la prise de Grenade, la Maîtrise de l’Ordre d’Alcantara, & celle de l’Ordre de Calatrava, furent réunies à la couronne de Castille par Ferdinand & Isabelle. En 1540, les Chevaliers d’Alcantara demanderent la permission de se marier ; & elle leur fut accordée. Le Pere Andrea Mendo, Jésuite, dans son Traité latin des Ordres militaires, place l’époque de l’institution de cet Ordre à l’an 1156. Barbosa, Somm. Decis. Apostol. collect. à l’an 1176. Les Chroniques de l’Ordre disent que Ferdinand, Roi de Léon, de Castille, des Asturies, & de l’Estramadure, le prit sous sa protection en 1176, l’année suivante Alexandre II l’approuva. Lucius III leur donna la règle de S. Benoît l’an 1184. En 1218, Nugnez Fernand leur donna Alcantara, & ils en prirent le nom. Outre les Auteurs cités, voyez Joseph Michieli Thesoro militar de Cavaleria. Caramuel Theolog. reg. P. IX, Soranzo, l’Idea del Cavaliere. Franc. Menenio dans ses délices des Ordres de Chevalerie. Bernardo Justiniani Hist. de gl. Ordini militari. Ch. 29, Miræus Orig. Ord. equest. Liv. I, ch. IX. Mais Mariana dit que ce fut Alphonse, Roi de Léon, qui, en 1213, donna Alcantara aux Chevaliers de Calatrava. Le Licentié Franc. de Radès, & le Licentié Franc. Caro de Torrès, qui ont fait des Histoires de cet Ordre, disent l’un & l’autre qu’il s’appela d’abord l’Ordre de S. Julien del Pereyro, du nom du lieu où il fut institué, dans l’évêché de Ciudad Rodrigo ; qu’il est de l’Ordre de Cîteaux, & qu’il a la règle de S. Benoît ; qu’on ne sait point précisément en quelle année il fut établi ; mais il fut approuvé par Alexandre III en 1177, qu’il est certain que l’année précédente il subsistoit déjà, parce que l’année 1214 de l’ère de César, qui est la 1176 de J. C. Ferdinand, Roi de Léon & de Galice, leur accorda un privilége ; & que l’année de cette ère 1256, c’est-à-dire, l’an 1218 de J. C. le Grand-Maître de Calatrava la céda à l’Ordre del Pereyro, qui commença à s’appeler l’Ordre d’Alcantara.

☞ ALCARAZ. Alcaratium. Petite ville d’Espagne, dans la nouvele Castille, sur la Guardamena, sur une montagne, avec un Château assez fort.

☞ ALCATHÉES. Fêtes qu’on célébroit en l’honneur d’Alcathoüs, fils de Pelops. Soupçonné d’avoir participé au meurtre de son frere, il se retira à Mégare où il délivra la contrée d’un lion terrible qui la ravageoit. Le Roi lui donna sa fille en mariage. Il régna après lui, & fut mis au rang des héros. On célébroit des fêtes annuelles en son honneur, qu’on nomma de son nom Alcathéas.

ALCATRACE. s. m. Petit oiseau qui se trouve sur l’Océan des Indes, vers le 16e degré de latitude, & les côtes d’Arabie. Wicquefort. Plus bas le même Auteur le nomme Alcatras.

ALCATRAZ. s. m. Poisson que l’on trouve dans la mer des Indes, vers le 15e degré de latitude septentrionale. Ce nom est Espagnol. Wicquefort.

ALCAVALA. s. f. Droit de Douane que l’on paye en Espagne, & dans l’Amérique Espagnole.

☞ ALCAUDETE. Petite ville d’Espagne, dans l’Andalousie, dans le royaume de Cordoue, entre Cordoue & Jaën.

ALCE. s. f. Animal dont il est parlé dans les Auteurs Latins, sous le nom d’Alce, Alces, ou d’Alcis, & que l’on ne connoît point. Quelques Savans veulent que ce soit une espèce de biche ; d’autres un âne sauvage ; d’autres un élan, &c. Il y en avoit dans la forêt noire, ou Hercinie. Capitolin rapporte que Gordien, entre plusieurs autres bêtes, en avoit fait venir à Rome dix de cette espèce ; & que Philippe s’en servit dans les jeux séculaires qu’il donna. On trouve au reste, sur les médailles de Philippe le fils, un animal singulier, avec ces mots, Sæculares augg. que M. Sanheim croit être une Alce. M. Réger est de même sentiment. T. II. p. 731.

ALCÉE. s. f. Espèce de mauve sauvage qui ne différe de la mauve commune, que parce que les feuilles de l’alcée sont plus grandes & découpées plus profondément ; aussi toute la plante est-elle un peu plus grande. Au reste elles se ressemblent fort, & ont les mêmes qualités. Voyez Mauve.

☞ ALCHAH. Ville d’Asie, dans la Transoxiane, sur le Sihon. On la nomme aussi Tachkunt.

☞ ALCHAMARUM. Ville d’Arabie, près du fleuve Ormannus, sur une montagne.

ALCHIMELECH. s. m. Mélilot Egyptien. Cette plante croît & s’étend à terre ; elle est fort petite ; elle serpente lentement : il ne lui arrive presque jamais de s’élever. Ses feuilles ressemblent à celles du trefle ; elles sont seulement un peu plus petites. Quant à ses fleurs, elles sont petites, en grand nombre, oblongues, croissant les unes contre les autres ; de la couleur du safran, d’une odeur fort douce. Il leur succede quelques gousses obliques, qui contiennent une très-petite semence de figure ronde, de couleur noirâtre, tirant sur le rouge, qui a une saveur amère & astringente, & qui n’est pas entièrement privée d’odeur.

☞ ALCHIMIE. s. f. Quelques-uns écrivent Alchymie.. Ce mot est synonyme de Chimie, n’étant composé que de l’article al, emprunté des Arabes, & du mot Chimie. Cependant l’usage l’a consacré à ce qu’on appelle autrement Science ou Philosophie hermétique ; c’est-à dire, à cette partie de la Chimie qui s’occupe à perfectionner & transmuer les métaux. Chimia. C’est un art qui apprend à dissoudre tous les corps naturels, & à les résoudre dans leurs principes. Elle enseigne à séparer les substances utiles de chaque mixte d’avec les inutiles. L’Alchimie n’est décriée qu’à cause qu’il y a plusieurs ignorans, charlatans, & chercheurs de pierre