Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/243

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les endroits où l’alcyon avoit fait son nid, ou parce qu’on a prétendu que cet oiseau s’en servoit pour faire son nid.

☞ On est aujourd’hui bien revenu du préjugé où l’on croit, par rapport à l’alcyonium & à plusieurs autres productions que l’on regardoit comme autant de plantes marines. Les observations de M. Peyssonel nous ont appris que la plûpart de ces substances sont produites par des insectes de mer, assez semblables aux polypes.

ALD.

ALDE. s. m. Aldus. Nom propre. Le plus connu qui l’ait porté est Alde Manuce, fameux Imprimeur au commencement du XVIe siècle, & l’un des premiers restaurateurs des belles lettres en Europe. On l’appelle souvent Alde. Il y a des éditions d’Alde qui sont fort recherchées. M. Chasselain écrit S. Ald dans son Martyrol. 10 Janvier, p. 156 & 163.

ALDEBARAM. s. m. Terme d’Astronomie. Etoile qu’on appelle autrement l’Œil du Taureau. Oculus Tauri. C’est une étoile fixe de la première grandeur, qui est située à la tête de la constellation, ou du signe du Taureau. Ce mot est arabe. Raphelange interprète בראן λαμπαδίας.

ALDEBERT. Nom d’homme. Voyez Albert.

ALDÉE. s. f. Terme de Relation qui signifie une espèce de village, où il n’y a que quatre ou cinq maisons, mais qui sont si longues, que chacune peut contenir sept à huit cens personnes. Moréri dit que les habitans du Brésil qui se font attachés aux Portugais, demeurent dans des Aldées.

☞ ALDENAER. Petite ville d’Allemagne, dans l’Electorat de Cologne, sur l’Aar, qui la traverse, au-dessus de Sauffenberg.

☞ ALDENBOURG. Ancienne ville de la Wagrie. Voyez Altenbourg.

☞ ALDENBOURG. Ville de Turinge. Voyez Altenbourg.

ALDERMAN. s. m. Mot anglois, qui est connu en France, à cause du commerce & du voisinage du pays. L’Alderman est un Officier municipal. Il y a des Aldermans dans toutes les villes municipales, qui en composent le conseil commun. Chaque corps de métier en fournit un certain nombre. Ce sont eux qui règlent tout ce qui appartient à la police. Ils se mêlent aussi quelquefois des affaires civiles & criminelles, mais fort rarement, & seulement en certains cas. C’est d’entre eux que l’on choisit les Maires & les Echevins des villes, lesquels, après leur mairie & leur échevinage, retournent dans les corps des Aldermans, dont ils étoient comme les Commissaires. Spelman ne décide point quelle a été autrefois cette dignité ; mais il croit en général qu’elle appartenoit à des Juges. Il y a eu aussi des Aldermans des Marchands, des Aldermans de l’Hôpital, &c. Ce mot vient d’alder, mot saxon, qui signifie senior & mann, qui signifie homo, & il est ancien. Dans les Acta Sanct. Febr. T. I, p. 910. Le P. Henschenius rapporte un édit de S. Ina Roi des Saxons occidentaux, dans lequel on trouve deux fois ce mot. Aldermannorum meorum & seniorum, & sapientum regni mei, &c. Et nulli Aldermanno, vel alicui de toto regimine nostro, conscripta liceat abolere judicia. Henschenius remarque que dans une autre édition ces Aldermans sont appelles Senatores, Sénateurs. On trouve que dans les siècles postérieurs au lieu d’Alderman on a dit Justicier, Justiciarius, dans Matthieu Paris. Spelman dit que ce fut sous les Rois Normands, qu’au lieu d’Alderman que les Saxons avoient introduit, on dit Justicier. Thomas, Moine d’Ely, dans la vie de Sainte Etheldrède interprète Alderman par Prince, ou Comte. Egelwinus qui cognominatus est Alderman, quod intelligitur Princeps, sive Comes.

ALDEVET. Célébre monastère de la Congrégation de Clervaux. Le monastère d’Aldevet, appelé vulgairement Camp, fut fondé dans le XIIe siècle par Arnaud I, que S. Bernard appelle dans une de ses lettres une ferme Colonne de l’Ordre, & qu’il fit premier Abbé de Morimond. Arnaud ayant été appelé à Cologne par son frere Frédéric, qui en étoit Archevêque, par les libéralités de ce Prélat il bâtit le monastère d’Aldevet, qui dans la suite en a produit plusieurs, dont il reste encore plus de soixante & dix en Allemagne & en Pologne, Voyez le P. Héliot. T. V. p. 371, 372.

ALDIN, INE. adj. Terme d’Imprimerie pour exprimer les lettres italiques, & qu’on appelle Lettres aldines. On ne se sert guère de ce terme qu’au féminin, quoiqu’on pût aussi-bien dire un caractère aldin, qu’un caractère italique, mais il n’est pas en usage. A l’égard de la lettre aldine, elle tire son nom d’Alde Manuce qui s’en est servi le premier. Ce fameux Imprimeur ne se servoit presque point d’autre caractère ; il le préféroit au romain, parce qu’il imite mieux l’écriture, & qu’il est plus pressé ; mais comme il fatigue la vue, on l’a abandonné, de façon qu’on ne se sert plus guère aujourd’hui de la lettre aldine, que pour les mots & les citations qu’on veut distinguer. On estime l’exactitude des éditions des deux freres Sébastien & François Griff. Sébastien employoit presque toujours la lettre aldine, & François se servoit le plus souvent du caractère romain. Journ. des Sav. Mars 1725, après M. Maittère.

ALDOBRANDINE. (la Noce) C’est un morceau de peinture antique, une Frise qu’on a trouvée dans les ruines de Rome, & qu’on a transportée dans la vigne aldobrandine, avec la partie du mur sur laquelle elle étoit peinte. Cette Frise représente une noce ; la Mariée est assise sur le bord du lit ; elle penche la tête & fait la dolente & la difficile, ce sont les termes de Misson, pendant qu’une Matrone la console d’un air riant, l’instruit, la persuade, & lui fait entendre raison. L’Epoux couronné de lierre & tout deshabillé, est assis auprès du lit avec un air hardi, & dans l’impatience sans doute que son épouse ait achevé toutes ses simagrées. Quatre ou cinq servantes préparent en divers endroits des bains & des parfums aromatiques ; & une musicienne joue de la lyre, pendant qu’une autre chante apparemment quelque épithalame. Cette peinture s’est assez bien conservée. Dict. de Peint. et d’Arch.

ALE.

☞ ALE. Royaume d’Afrique, dans le pays des Nègres. Il est séparé de celui de Juala par la rivière qu’on appelle Rio de la grace, & confine à celle de Gambea. Les habitans sont idolâtres. Ils adorent la nouvelle Lune.

☞ ALEA. Surnom de Minerve, qui lui fut donné par Aleus, Roi d’Arcadie. Il y avoit à Alea, ville d’Arcadie, un temple dédié à Minerve Aléenne, dont Aleus avoit été le fondateur de même que de la ville. Voyez Diodore de Sic. liv. 4.

ALÉAUME. s. m. Nom d’homme. Adelelmus. S. Aléaume, que les Espagnols appellent S. Elesme, ou S. Lesme, de la Chaise-Dieu où il étoit Moine, fut attiré en Espagne par la Reine Constance, femme d’Alfonse VI, Roi de Castille & de Léon, & il mourut vers l’an 1100. Ce nom s’est formé du latin Adelelmus, Adelelme, Adlelme, Alelme, Alaume, Aléaume. Les familles qui portent ce nom, l’ont reçu de quelqu’un de leurs ancêtres qui s’appeloit Adelesme. Mariette, qui a écrit sa vie en Espagnol, le fait natif de Lyon ; mais il étoit de Loudun ; Voyez les notes de M. Chasselain, 30 Janv. p. 464 & 465.

ALECÉ. s. m. Rivière du royaume de Naples. Alex, Halex. Elle arrose la Calabre ultérieure, & tombe dans la mer de Sicile, près de Régio.

ALECTON. s. f. Alecto. Une des trois Furies, sœur de Tisiphone & de Mégère, & fille de l’Achéron & de la Nuit. Ce nom est formé de l’α privatif, & du verbe λήγω, je cesse ; & signifie celle qui ne cesse point de persécuter & de nuire ; ou comme d’autres veulent, parce que la cupidité est insatiable, & ne cesse jamais de désirer. Voyez au mot Furies.

ALECTORIENNE. s. f. C’est une pierre qui se trouve quelquefois dans l’estomac ou dans le foie des vieux coqs, d’où elle tire son nom. Alectria, Alectoria. Car