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Άλέϰτωρ, est un mot grec, qui signifie Coq. Elle est ordinairement de la figure & de la grosseur d’un lupin. Elle excède rarement la grosseur d’une fève. Sa couleur est tantôt cendrée, & tantôt brune. Elle est quelquefois parsemée de veines rouges. On lui attribue beaucoup de propriétés, la plûpart sont fabuleuses.

ALECTOROLOPHOS. s. m. Christa Galli. Crête de coq. Cette plante a ses feuilles ressemblantes à la crête d’un coq. Sa tige est foible, & sa semence de couleur noire. Il y en a deux espèces, l’une mâle, l’autre femelle, qui n’ont aucune propriété médicinale.

ALECTOROMANTIE, ou ALECTRYOMANTIE. s. f. Alectryomantia , Alectoromantia. Divination par le moyen d’un coq, L’Alectryomantie étoit en usage parmi les Grecs. Voici comment elle se pratiquoit. On traçoit un cercle sur la terre ; on le partageoit ensuite en 24 petites cases, ou espaces ; dans chacune de ces cases on écrivoit une lettre de l’alphabet ; sur chacune de ces lettres on mettoit un grain de blé ; cela fait, on prenoit un coq, & on le mettoit dans ce cercle. On remarquoit quels grains il mangeoit, & quelles étoient les lettres de ces cases où ces grains avoient été placés ; on faisoit un mot de ces lettres, & l’on croyoit que ce mot apprenoit la chose que l’on vouloit savoir. C’est par cet art d’Alectryomantie que le Sophiste Libanius & Jamblique chercherent ce qu’ils crurent avoir trouvé, quel seroit le successeur de l’Empereur Valens. Car le coq ayant mangé les grains qui étoient sur les lettres Θ, Ε, Ο, Δ, ils ne douterent point que le successeur de Valens ne fut Théodore. Ils se tromperent, ce fut Théodose. C’est Socrate, Sozomène, Cedrenus, & Zonaras, qui nous ont conservé ces particularités. Voyez le P. Kirker Œd. Ægypt. T. II. p. 472 & 473. Ce mot vient d’ἀλέϰτωρ, ou ἀλεϰτρυὼν, qui signifie un coq, & μαντεία, divination.

ALECTRYON. s. m. Jeune favori de Mars, & le confident de ses amours. Ayant été mis un jour en sentinelle, tandis que le Dieu étoit avec Vénus, il s’endormit, & laissa surprendre les deux amans par Vulcain, qui les enveloppa dans des filets imperceptibles, & assembla tous les Dieux pour être témoins de l’aventure. Mars irrité de la négligence d’Alectryon, le métamorphosa en un oiseau de son nom, c’est-à-dire, en coq.

☞ ALÉES. adj. pl. f. Fêtes qu’on célébroit en Arcadie, en l’honneur de Minerve, surnommée Alea, par Aleus.

ALÉGE. s. m. Voyez. Allége.

☞ ALÉGRE. adj. de t. g. Terme relatif à une certaine disposition à la gaieté. Agile, dispos & gai. Alacer, ou Alacris. Il n’est pas du style noble ; mais il trouve place dans le familier. Jeune homme toujours alégre. Il est sain & alégre. A se sauver de nous, Dieu sait s’il est alégre. Racin. Nicod dérive ce mot de alacer, qui a été fait de adacer, qui signifie, qui ne pleure point, qui a toujours l’œil riant. Festus le dérive de alis alacer.

☞ ALÉGRE. Ville de France, en Auvergne, dans l’Election de Brioude, Généralité de Riom, avec titre de Marquisat.

ALÉGREMENT. adv. D’une manière alégre. Alacriter, & mieux, alacrè. Il est allé à ce voyage alégrement. Les soldats le suivirent alégrement, lorsqu’ils le virent à pied marcher à leur tête. Ablanc. Ce mot commence à vieillir ; & on diroit plutôt, les soldats le suivirent avec joie, avec ardeur.

☞ ALÉGRESSE. s. f. Terme relatif à la démonstration de la joie. C’est proprement une joie qui éclate au dehors, qui s’annonce avec une vivacité. Alacritas. Il reçut cette nouvelle avec une grande alégresse. Il convient mieux quand il s’agit d’une joie publique. Ce Prince fut témoin de l’alégresse publique ; il fut reçu avec grande alégresse de ses sujets, avec plusieurs cris d’alégresse. Venez, louons le Seigneur avec alégresse. Port-R. On appelle les sept alégresses, certaines prières adressées à la Sainte Vierge, dans lesquelles on exprime les sept différens sujets de joie qu’elle a eue pendant sa vie. Ce mot est dérivé d’alégre, alacer, parce que dans cette joie on saute, on danse, on montre son agilité.

ALEHEURE. Vieux mot qui veut dire, allure, galop, Borel. Incessus, cursus celer.

ALEINS. Vieux mot, qui veut dire aussitôt.

Vers li s’en vet aleins qu’il puet. Percev.

☞ ALEM, ou ALEN. Petite ville d’Allemagne, dans la Westphalie, dans le haut diocèse de Munster, sur la rivière de Werse, entre Beckem & Drenftewort.

ALEMANDE. s. f. Autrefois ce mot vouloit dire Amande, fruit ; ce qui a fait croire à quelques-uns que les amandes nous sont venues d’Allemagne.

ALEMBIC. Voyez Alambic.

ALEMBIQUER. Voyez Alambiquer.

☞ ALEMBROTH. s. m. Mot Chaldéen dont se servent les Alchimistes, pour signifier la clef de l’art. Trouvez cette clef, vous n’avez plus rien à chercher.

Alembroth, signifie aussi sel fondant ; & comme les sels les plus fondans sont les alcalis, Alembroth est un sel alcali qui sert à la fusion des métaux.

☞ ALEM-DAGHI. C’est ainsi que les Turcs nomment l’Olympe, montagne de la Thessalie. Ce mot signifie Mont du Ciel.

ALEMDAR. s. m. Terme de Relation. Nom d’un Officier de la Porte Ottomane. Vexillifer. C’est le deuxième Officier des Emirs, qui sont de la race de Mahomet. C’est lui qui porte l’étendard vert de Mahomet, lorsque le Grand Seigneur paroît dans quelque cérémonie publique. A. D. S. M. Le mot d’Alemdar est composé des deux mots Alem & Dar, dont le premier signifie étendard, & le second avoir, tenir. Ricaut.

ALÉMONE. s. f. Déesse que la superstition romaine, dit Tertullien, avoit inventée, & à laquelle elle attribuoit le soin de nourrir les enfans dans le sein de leurs meres. Tert. de Anim. C. 37. C’est de-là que lui venoit son nom, de alere, nourrir. Voyez aussi Lilio Gyraldi, De Diis Gent.

ALENÇON. Alenconium. Ville de France, dans la Normandie, sur la Sarte, avec titre de duché, & bailliage. Alençon fut érigée en duché en 1414. Alençon est à 17°. 30’, 3” , de longitude, & à 48°, 29’, 0”. Tables Astron. de M. de la Hire.

ALENÇONNOIS, OISE. adj. Qui est d’Alençon. Alenconiensis, e.

ALENCONTRE. adv. On doit écrire A L’ENCONTRE. Qui se dit de ce qui est contraire. Contrà. Si vous êtes de cet avis, je ne vais pas alencontre ; je ne dis rien alencontre. On disoit autrefois au Palais : Je plaide pour un tel, alencontre d’un tel. Aujourd’hui, quoique le style du Palais soit le style des barbarismes ; on dit, pour un tel, contre un tel.

☞ ALENDIN. Ville d’Afrique, dans la province d’Hascore, dans une vallée, à une lieue d’Almédine. On l’appelle aussi Elmedin.

ALÊNE. s. f. Pointe d’acier enmanchée, qui sert à plusieurs artisans, comme aux Bourreliers, Cordonniers, Malletiers, Savetiers, &c. pour percer le cuir & y passer du fil, afin d’en attacher plusieurs pièces ensemble. Subula.

Ce mot vient de l’Espagnol, alesna, que Covarruvias & Ménage disent avoit été fait du latin, à lædendo, ou de l’arabe alesenna, fait de la racine sanna, qui signifie rendre pointu. D’autres le dérivent à linea, parce qu’il sert à faire passer le fil que les ouvriers appellent ligneul ; & prétendent qu’on a dit autrefois aleigne, & aligne.

On dit proverbialement d’un poltron qui souffre qu’on lui fasse des insultes, qu’il se laisseroit donner cent coups d’alêne dans les fesses, plutôt que de se battre.

ALÉNÉE. s. f. Il se trouve dans Marot pour halénée, souffle. Halitus.

Et d’un accord & tout d’une alénée,

Ont appelé.&c.
Marot
.

C’est-à-dire, tout d’une voix.