Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/256

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Visage eut bel, doulx & alis.

ALISÉ, ou ALIZÉ, ÉE. adj. On dit aussi, alaisé & alisé. Voyez Alése.

En termes de Marine, on appelle Vents alisés, des vents généraux & réglés qui ont accoutumé de régner pendant certaine saison sur des mers, ou le long de certaines côtes ; comme les vents Etésiens, les Mousons, &c. Quelques-uns dérivent ce mot de venti electi, vents choisis, bon vents, comme qui diroit élisés ; parce qu’étant toujours les mêmes, on peut compter sur eux ; & que sans eux les longues navigations seroient impossibles. L’Abbé de Choisy. D’autres le dérivent de lisière, comme qui diroit, qui viennent des côtes ou lisières des terres. Voyez Vent.

ALISE, ou ALIZE. Alexia, Alisa. Bourg de France, dans l’Auxois, qui est à la place où étoit autrefois Alexis, Alexia, ville forte & célèbre dans les Commentaires de César. C’est de ce nom que s’est formé celui d’Alise. Jean Picard, dans sa Celtopédie, Liv. III, p. 127, prétend après Diodore de Sicile, Liv. VI, que ce nom est originairement grec ; qu’il fut donné à cette ville par l’Hercule Celtique, qui, après sa victoire sur les Lestrygons, qui avoient consenti à la mort d’Osiris son pere, & la défaite de Géyryon, se retira dans les Gaules, délivra les Héduens des tyrans qui les opprimoient, & nomma ce lieu Alexie, comme il étoit nommé lui-même Ἀλεξικακος, du verbe ἀλεξω, Je chasse, je porte du secours. Alise est sur la rivière de Brenne, à l’Orient de Sémur. La ressemblance du nom a fait prendre Alise pour l’ancienne Alexie, Alexia, de César ; mais, dit Vigenère lui-même qui semble être de ce sentiment, c’est par conjecture, car les marques en sont éteintes. Voyez Alexie.

Alise, ou Alize. s. f. Fruit de l’alisier. Alisariæ Bacca.

ALISIER, ou ALIZIER. s. m. Cratægus Apii folio laciniato. Inst. R. herb. 733. Arbre qui vient dans les bois, & qui s’élève assez haut. L’écorce de son tronc & de ses branches est lissée ; son bois est assez dur ; ses feuilles ressemblent à celles de l’aubépin ; mais elles sont beaucoup plus larges, d’un vert pâle, & les découpures en sont moins profondes ; leurs bords sont dentelés & découpés, comme dans les feuilles de la vigne. Ses fleurs sont blanches composées chacune de cinq pétales disposées en rose ; ces fleurs sont ramassées en un bouquet qui naît à l’extrémité des branches. Le calice qui soutient la fleur, devient un fruit de la figure de celui de l’aubépin, d’un rouge brun, fort âpre au goût, à moins qu’il ne soit mou. Il contient des semences renfermées dans des loges qui occupent le milieu du fruit. L’alisier ne donne des fruits mûrs qu’en automne. On le distingue du sorbier par ses feuilles ; car il est essentiel au sorbier d’avoir ses feuilles ailées ; c’est à-dire, composés de plusieurs petites feuilles rangées sur une même côte. On le distingue du poirier par ses feuilles dentelées & découpées ; & par ses fruits. Daléchamp parle d’une espèce d’Alisier connu sous ce nom en Bourgogne, & qu’on nomme Cratægus folio subrotundo serrato, &c. Voyez Cirier. Le fruit de l’Alisier est astringent, & se peut employer au défaut de celui du sorbier.

ALISMA. s. m. Terme de Botanique. Alisma. On donne ce nom à plusieurs sortes de plantes. Il y a l’Alisma de Matthiole, qu’on appelle aussi Plantin de montagne, & qui est une espèce de Donoric. Ses feuilles sont semblables à celles du plantin ; mais plus étroites & moins nerveuses. Elles sortent proche de la racine, & sont recourbées contre terre. Sa tige est menue, & de la hauteur d’une coudée. Sa partie supérieure se divise en plusieurs branches, qui portent des calices velus, d’où sortent des fleurs semblables, & qui sont de couleur jaune. Ses racines sont menues, comme celles de l’ellébore noir, âcres, odorantes, & un peu grasses. On les emploie pour les dyssenteries, & les tranchées.

Alisme, se dit aussi d’une espèce d’elléborine, qu’on appelle Alisma à grape. Alisma racemosum. Elle est de la hauteur d’environ douze pouces & demi. Sa tige est pleine de nœuds, d’où sortent ses feuilles, qui ressemblent à celles du grand plantin, & qui ont un pouce & demi de largeur. Ses fleurs sont en grape, & de couleur rouge.

Alisma, se dit encore d’une plante qu’on appelle Double-feuille. Ophris bifolio. Voyez Double feuille.

ALISON. s. f. Nom de femme. Terme populaire qu’on dira une femme de basse condition. C’est peut-être un diminutif d’Alix, dont on aura fait Alison, comme Louison de Louise.

ALITEÏA. s. f. Nom qui signifie Vérité. C’est le nom que les Valentiniens donnoient à un de leurs Eons. Voyez Eon.

☞ ALITÉEN. adj. pris subst. Voyez Aliteus.

☞ ALITER. v. a. & récip. Dans la première acception, obliger, réduire à garder le lit. Affligere lecto. Dans la seconde, garder le lit pour cause de maladie. Afflili lecto ob ægritudinem. Cette blessure l’a alité pendant trois mois. Il a long-temps traîné dans la chambre, & enfin il s’est alité. Il faut qu’il soit bien malade, puisqu’il est alité.

ALITE, ÉE. part. In lecto jacens, detentus.

☞ ALITEUS. Terme de mythologie. Surnom donné à Jupiter, parce que dans un temps de famine, il pris un soin particulier des Meuniers, afin que la farine ne manquât pas. Du latin alere, nourrir.

ALITURGIQUE. adj. Qui n’a point d’office ni de cérémonies particulières. M. Baillet, dans son traité des Fêtes mobiles, dit qu’il n’y avoit presque point de Vendredi qui n’eût son office dans l’Eglise Romaine : au lieu que dans l’Eglise d’Alexandrie ces jours là étoient aliturgiques. Le Cardinal Bona, dans son traité des Liturgies, dit que chez les Grecs tous les jours de Carême étoient aliturgiques, à l’exception du Samedi & du Dimanche. Voyez Liturgie. Ce mot a la même étymologie, avec l’α privatif.

ALJUBAROTE, ou ALGIBAROÇA. Bourg de l’Estramadure portugaise. Aljubaroca. Il est au sud-ouest de la ville de Leiria.

ALIX. s. f. Nom de femme. Voyez Adelaïs.

☞ ALIZÉ. Voyez Alisé.

ALIZON. s. f. Nom de femme, diminutif d’Alix, qu’on écrivoit plus régulièrement Alis, puisque la dernière syllabe se prononce comme dans Senlis. C’est d’Adelaïs, nom connu vers le dixième siècle, que par divers degrés de corruption s’est formé Alis. Les Auteurs Latins-Barbares écrivent Aleydis, Alays, Aëlis, quelques-uns Aleta, nom de la mere de S. Bernard, écrit de sept ou huit autres manières différentes dans les manuscrits. Bucanan a dans ses Elégies, employé Alisa, Jovien Pontan Lisa ; mais on pourroit croire que celui-ci est abrégé d’Elisa, comme Elisa d’Elisabeth. Glossaire Bourguignon.

ALK.

ALKAEST. s. m. Terme de Chimie. Voyez Alcahest.

☞ ALKALI. Voyez Alcali.

☞ ALKALIN, INE. adj. Voyez Alcalin.

☞ ALKALISATION. Voyez Alcalisation.

☞ ALKALISER. Voyez Alcaliser.

ALKEQUENCHE. M. du Verney, Acad. des Sc. 1701, Mém. p. 186. écrit ainsi, au lieu d’alkekenge, qui suit.

ALKEKENGE. Alkekengi. s. m. Plante qu’on appelle autrement en François, Coqueret, & qui est fort semblable à la morelle, ou solanum. Elle n’est différe que par une vessie membraneuse, dans laquelle son fruit est enfermé ; d’où vient qu’on a donné le nom de Solanum à l’Alkekingi : mais on y a ajouté l’épithète, Vesicaire, pour le distinguer du vrai solanum On l’appelle aussi Halicacabum. Il y en a diverses espèces. Celle qu’on nomme Alkekingi vulgaire, à sa tige grêle, ronde, rougeâtre, de la hauteur d’une coudée, & pleine de nœuds. Sa racine est aussi noueuse, & rampe sur terre. Ses feuilles sont attachées à de longues queues ; elles ressemblent à celles de la morelle, mais elles sont plus grandes, & d’un vert obscur. Ses fleurs sont grandes, blanches, & n’ont qu’une feuille

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