Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/289

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Mettez cet amalgame en digestion pendant huit jours dans un matras. Id. Il est clair qu’amalgame, sur-tout dans ce second exemple, n’est pas la même chose qu’amalgamation, mais que c’est la matière amalgamée ; & de même dans les suivans. Distillez cet amalgame. Id. p. 192. Les eaux dans lesquelles on lave les amalgames, ne cessent d’être troubles & noires qu’après la sixième amalgamation.

AMALGAMER. v. a. Faire une amalgamation. Amalgamer de l’or. Ce mot vient du grec ἅμα, simul, ensemble, & γαμεῖν, jungere, joindre ensemble. Quand on veut employer l’or à dorer les ouvrages qu’on appelle de vermeil doré, on l’amalgame avec du mercure, & on l’emploie ensuite à ces sortes d’ouvrages. Boizard. On amalgame l’or en chaux dans un fourneau à vent ; on y met un creuset ; on charge le creuset de l’or en chaux, & on fait grand feu : quand l’or est en pâte, on jette dans le creuset deux fois autant de mercure qu’il y a d’or, on le couvre, & on retire aussi-tôt le creuset du fourneau. Lorsque le creuset est un peu réfroidi, on verse l’or & le mercure dans un vaisseau plein d’eau commune, d’où on le retire en pâte blanche, & on l’étend sur l’ouvrage à dorer. On met après cela l’ouvrage au feu sur une plaque ou grille de fer, où le mercure s’évapore, à mesure que l’ouvrage se recuit & rougit. Id.

AMALPHI. Malphi. Petite ville de la Principauté Citérieure, au royaume de Naples. Amalphis. Elle est sur le golfe de Salerne, au couchant de la ville de Salerne. Amalphi est la patrie de Flavio di Gioja, inventeur de la boussole. Amalphi a un archevêché. Voyez Francesco Pausa, Istoria d’Almafi. Les Italiens écrivent Amalfi. La côte d’Amalphi s’étend depuis le cap de Minerve, jusqu’à la ville de Salerne. Ora Amalphitana.

AMALTHÉE. s. f. Amalthea. Nom propre, 1°. d’une fille de Mélisse, Roi de Grèce, qui selon Lactance fut nourrice de Jupiter. 2°. Selon d’autres, d’une chèvre qui fut nourrice de ce Dieu. La corne d’Amalthée est la même chose que la corne d’abondance, si célébre chez les Poëtes, parce qu’ils feignent que Jupiter donna aux Nymphes qui avoient eu soin de son enfance une corne de la chèvre Amalthée, & que cette corne avoit la vertu de produire sur le champ tout ce que les Nymphes vouloient. On a pris pour cela une corne dans l’antiquité, pour signe d’abondance, de richesse & de fertilité. On en voit sur une infinité de médailles grecques & latines de tous pays : l’abondance, la fertilité, la fortune, & cent autres Divinités, ou Génies, portent aussi d’une main une corne d’Amalthée sur les médailles. Ces cornes d’Amalthée sont représentées pleines de feuilles, de fleurs, de fruits, & avec une pointe qui en sort.

Amalthée ; est encore le nom de la Sybille de Cumes.

Amalthée. s. m. Amaltheus. Nom d’homme.

Amalthée. s. m. Amaltheum, est un nom ou titre de différens livres. Il y a Amalthea Onomastica, Amaltheum Ciceronianum, &c. On a voulu signifier par-là des recueils abondans, par allusion à la corne d’Amalthée ou d’abondance.

AMAM. Ville de la Terre-Sainte. Amam. Elle étoit au midi de la tribu de Juda. Adrichomius l’appelle Aman ; mais le texte hébreu montre qu’il faut dire Amam, & qu’il faut la distinguer de Samaa. Jos. XV, 26.

AMAN. s. m. Terme de Coutume. Amanuensis. Voyez les Ordonnances de Metz. A Metz il y a des Notaires & des Amans : les Amans sont les Gardenotes. Bertram, cinquante-neuvième Evêque de Metz, y institua les Amans. De Lauriere.

Aman. Le mont Aman. Grande chaînes de montagnes, en Asie. Amanus mons. Ces montagnes s’étendent depuis la Méditerranée jusque vers l’Euphrate. Elles séparent la Syrie de la Cilicie & d’une partie de l’Arménie mineure. Du temps de Jules-César elles étoient habitées par les Cappadoces. Lucain, L. I. Venére feroces Cappadoces, duri populus nunc cultor Amani. Les portes du mont Aman sont le détroit ou le cou qui donne entrée dans la Cilicie. Amanicæ portæ. Portæ Syriæ. Portæ Cilicæ. Il est entre Ajazzo & Alexandrette. Allocan, Montcadi Scandérona, Monte Nécroth, ou Nécros, sont les différens noms que l’on donne aujourd’hui à ces montagnes. Le dernier leur a été donné de l’hébreu ou syriac נהר nahar, qui signifie, fleuve, parce qu’il y a dans ces montagnes grande abondance d’eaux.

Aman. Port de Barbarie, en Afrique. Amana. Il est sur la côte de l’Océan Atlantique, entre le cap de Ger & celui de Canthin. Il y a apparence que c’est le Missocaras de Ptolémée.

Aman. s. m. Terme de Relation. Nom d’une des ablutions en usage chez les Turcs. L’aman est le bain ordinaire. Ils le font dans des bains publics, dont l’entrée est permise aux Chrétiens mêmes & aux Juifs. Les hommes y vont le matin, & les femmes l’après midi. Bruyn. Ce mot est arabe : Hhaman, bain.

Aman. Voyez Amam.

AMANA. Montagne de Syrie, au nord de la Terre-Sainte. Amana. On dit que les rivières de Damas, Abana & Pharphar sortent de la montagne Amana.

Amana. C’est une des îles Lucayes. Amana. Elle est dans la mer du Nord ; c’est la plus orientale des Lucayes ; elle a au midi la partie orientale de Saint Domingue. M. de Lisle, dans ses cartes de l’Amérique, l’appelle Aumane, & la place sous le 310e degré de longitude, & au 20e degré, 20 à 30 minutes de latitude nord.

AMANBLUCÉE. s. f. Sorte de toile de coton que l’on tire du Levant par la voie d’Alep.

AMANCE. Bourg de Lorraine, en France. Amantia, Almantia, Almentia. Il est au nord de Nanci, sur une petite rivière qui porte son nom.

AMAND. s. m. Amandus. Nom d’homme.

AMANDE. s. f. Semence de tous les arbres à noyau, qui est enfermée dans une écorce fort dure, qu’on casse quand on la veut manger. Amygdala. Amande d’abricots. Amande de cerises. Amande de prunes. Le composé de ces deux parties, de la semence & de l’écorce ligneuse, s’appelle noyau.

Amande, est aussi un fruit particulier, qui est enfermé dans un gros noyau, & sous une écale. C’est le fruit de l’amandier. Il y a des amandes vertes ; des amandes confites, pelées. On fait du lait d’amandes, du massepain avec des amandes ; & de la pâte d’amandes, pour blanchir les mains. Le Médecin de Drusus, grand buveur au rapport de Plutarque, prenoit à chaque coup cinq amandes amères, pour appaiser les fumées du vin. L’huile d’amandes douces tirée sans feu est fort estimée. Voyez l’Histoire des Indes d’Acosta sur les amandes du Pérou. Ménage dérive ce mot de amandala, qui se trouve dans les Capitulaires. D’autres croient qu’elles sont ainsi nommées pour être venues d’Allemagne, à cause que Perceval en son Roman les nomme Allemandes. Il vaut mieux tirer ce mot du grec ἀμυγδαλον. Quelques-uns disent que les amandes amères concassées endorment les poules, ou les tuent, en sorte qu’on les prend facilement à la main ; & que c’est un secret de Bohémiens, aussi-bien que le marc d’amandes dont on a tiré l’huile, qui leur est un poison dangereux, quoiqu’il ne nuise point aux autres animaux. Il y a aussi de certaines dragées qu’on nomme amandes lissées, qui sont des amandes couvertes de sucre fondu ; des amandes à la prâline, qui sont fricassées au sucre en conserve avec la peau. On les appelle Prâlines, d’un sommelier du Maréchal du Plessis-Prâlin, qui le premier s’est avisé de les préparer de cette façon. Quand on fait des amandes à la prâline, il les faut remuer toujours avec une spatule, jusqu’à ce qu’elles aient bien pris tout le sucre, & qu’elles soient bien prâlinées. On pèle les amandes vertes pour en faire des compotes, ou confitures, de la même manière que les abricots, excepté qu’il faut se servir de lessive, & non point de sel. La compote d’amandes vertes se fait comme celle d’abricots ; & quand elles ont pris leur vert, il faut les achever promptement, de peur qu’elles ne noircissent. Chom. La pâte d’amande sert à décrasser les mains. A l’égard des amandes amères, on prétend qu’elles empoisonnent les renards, les poules, & les écureuils : on la donne dans les coliques néphréti-