Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/397

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qu’annotations. Les remarques annoncent un choix & une distinction. Les observations désignent quelque chose de critique & de recherché. Les réflexions expriment seulement quelque chose d’ajouté aux pensées de l’auteur.

Annotation de biens. Terme de Palais. C’est un exploit pour la saisie provisoire des biens d’un criminel qu’on recherche, & qui ne se représente pas, à l’effet de les confisquer au profit du Roi, en cas qu’il persiste jusqu’au bout dans la contumace, L’annotation comprend la saisie & l’inventaire des biens. C’est comme si l’on disoit que ses biens sont notés ou marqués pour être confisqués. Voyez l’Ordonnance de 1670, titre 16.

Annotation, se dit aussi en Médecine du commencement d’un paroxysme fièvreux, lorsque le malade baille, s’étend, frissonne, &c.

☞ ANNOTER, v. a. Terme de Pratique. Marquer l’état des biens saisis, par autorité de justice, sur un criminel, ou sur un accusé. Designare addicta principi bona. Ses biens ont été saisis & annotés. Dès qu’on fait le procès à quelqu’un par contumace, on fait saisir & annoter tous ses biens ; c’est-à-dire, on met des affiches & panonceaux sur ses héritages, pour marquer qu’ils sont saisis & en la main du Roi.

ANNOTÉ, ÉE. part.

ANNOTINE. adj. f. Qui en françois ne se dit qu’avec le mot Pâque. La Pâque annotine, selon Durandus, in Rationali divinor. Offic. étoit l’anniversaire du baptême, ou le jour auquel on célébroit tous les ans la mémoire de son baptême. Selon d’autres, c’étoit seulement le jour du bout de l’an du baptême. Tous ceux qui avoient reçu le baptême, s’assembloient l’année suivante, le même jour, disent-ils, & célébroient solennellement le bout de l’an, ou l’anniversaire de leur régénération spirituelle ; & ce jour s’appeloit la Pâque annotine. Ils ajoutent qu’on le célébroit comme l’Octave du Dimanche in Albis, que nous appelons Quasimodo, & par conséquent quinze jours après Pâque, & que dans quelques Sacramentaires manuscrits, on trouve après ce Dimanche une messe particulière pour la Pâque annotine. Il y a de la difficulté dans ce sentiment ; car en premier lieu, on ne baptisoit pas seulement à Pâque, on baptisoit aussi à la Pentecôte : 2°. à Paque le baptême se donnoit le Samedi-Saint ; le bout de l’an, ou l’anniversaire étoit donc le Samedi-Saint aussi, & non pas quinze jours après Pâque. Dans la vie de saint Pierre Martyr, composée par Ambrosius Taëgius, & imprimée par les Jésuites d’Anvers sur le manuscrit de Taëgius, il est dit, ch. 5. que ce Saint sortoit de son couvent pour aller à Milan, le samedi qui est la fin de la Septuagésime, & que l’on appelle Samedi in Albis, & Pâque annotine. Sabbato, qui est Septuagesimæ finis, quodque Sabbatum in Albis, annotinum Pascha vocatur. C’est-à-dire, le samedi devant Quasimodo, ou le samedi de la semaine de Pâque. Sur quoi les PP. Henschenius & Papebroch disent, qu’il leur semble qu’annotin signifie, consommé achevé ; que d’autres appellent ce jour, Pascha conclusum, au lieu d’annotinum ; & que Bède le prend en ce sens, quand il appelle le cours de la lune complet & achevé, le cours annotin. Et en effet, c’est ce samedi-là que finit l’office de Pâque. Voyez Acta Sanct. April. T. III, p. 700. B. Ce mot vient d’annus. Annotinus, d’un an, qui a un an.

ANNUALES. s. f. pl. Espèce de Myrabolans, qu’on nomme autrement Emblis.

ANNUEL, ELLE. adj. Ce qui revient tous les ans, ou qui finit au bout de l’an. Annuus, Anniversarius. Une telle charge, une telle commission est annuelle. Une rente foncière annuelle & perpétuelle.

On appelle, plantes annuelles, certaines plantes qui ne viennent que de graine, & qu’il faut semer tous les ans : &, fleurs annuelles, les fleurs de ces plantes. On dit aussi caulis annuus, d’une tige qui périt tous les ans.

En termes d’Astronomie, la révolution du soleil, d’un point du zodiaque, au même point, s’appelle, le mouvement annuel du soleil. Il se dit par opposition au mouvement diurne qui n’est que de 24 heures

On appelle aussi, le droit annuel, certain droit qu’on nomme autrement la Paulette, du nom de Paulet son inventeur en 1604, & qui en fut aussi le premier partisan. On le paye tous les ans aux Parties-casuelles, pour faire passer & conserver à ses héritiers la charge qu’on possède ; faute du payement du droit annuel, si celui qui est revêtu de la charge mouroit, elle est vacante au profit du Roi.

Annuel, est aussi un terme de Rubrique dans le diocèse de Paris, & quelques autres, où l’on donne ce nom aux principales fêtes de l’année, dont l’office se fait avec plus de pompe & de solemnité ; Noël, Pâque, la Pentecôte, &c. sont des fêtes annuelles.

Annuel. s. m. Est une messe qu’on dit tous les jours pendant une année, pour le repos de l’âme d’une personne morte, à compter du jour de sa mort. Annuum pro mortuo sacrificium.

Annuel. Terme usité dans les Aides. Droit qui se paye annuellement par tous les Marchands de vin en gros & en détail. Ce droit fut créé sous le règne de Louis XIII en 1632, & se paye au lieu d’un droit qu’on nommoit héréditaire. Dict. des Finances.

☞ Ce mot est aussi substantif en parlant du droit que celui qui est pourvu d’une charge, paye tous les ans aux Parties-casuelles, afin de la conserver & de la faire passer à ses héritiers, en cas de mort. Il a payé l’annuel.

ANNUELLEMENT. adv. Toutes les années. Annis singulis, quotannis. Cette rente se paye annuellement à tel jour.

ANNUITÉ. s. f. Terme de Commerce. Se dit d’un emprunt par lequel le débiteur s’engage à faire annuellement, pendant un certain nombre d’années limitées, un payement qui comprend la rente du capital, & un remboursement d’une partie de ce capital ; de sorte qu’au bout du terme indiqué, le débiteur est entièrement libéré. L’état fait souvent des emprunts par la voie d’annuités. Il y a des fonds établis pour payer les annuités. Annuus proventus, reditus.

ANNULAIRE. adj. m. Epithète qu’on donne au quatrième doigt de la main, parce qu’on y met ordinairement un anneau. Annularis. On l’appelle autrement le Médecin, parce que c’est de ce doigt-là qu’on se sert quand on veut délayer quelque drogue pour faire un remède.

Les Anatomistes se servent aussi de ce mot. Il y a les Apophyses annulaires, ainsi appelées, parce qu’étant placées à côté de la moëlle alongée, elles l’embrassent comme une anneau. Le second des cartilages du larynx, s’appelle le cricoïde, ou le cartilage annulaire, parce qu’il est rond comme un anneau, & qu’il environne tout le larynx. Le ligament annulaire entoure le poignet comme un bracelet. Ce ligament est très-fort, car outre qu’il sert à joindre les deux os de l’avant-bras proche du poignet, il tient ensemble tous les tendons des muscles, & les empêche de sortir de leur place dans leurs actions. Le ligament du tarse est aussi nommé ligament annulaire. Le sphincter, muscle de l’anus, est aussi nommé annulaire ; parce que sa figure est semblable à celle d’un anneau. La veine annulaire est une veine située entre le doigt annulaire, & le petit doigt, qu’Aétius veut qu’on ouvre dans les maladies de la rate. Annularis.

Annulaire. T. d’Astronomie. On dit qu’une éclipse est annulaire lorsque l’ombre de la terre ne couvre pas tout le disque du soleil, & qu’il reste tout autour un anneau de lumière. Il faut pour cela que l’éclipse soit centrale, & que la lune soit dans son apogée ; c’est-à dire, dans son plus grand éloignement de la terre, & le soleil dans son périgée. ☞ Les éclipses centrales qui arrivent alors ne manquent jamais d’être annulaires ; parce que le diamètre apparent de la lune apogée est plus petit que le diamètre apparent du soleil périgée. Les éclipses annulaires sont rares. Voyez Éclipse.

Annulaire, en termes d’Architecture, se dit des voûtes, dont la figure imite en tout ou en partie les anneaux, telles sont les voûtes sur le noyau. Frézier.

ANNULLATION. s. f. L’action d’annuller. Le P. de