Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/399

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Ariens condamnerent les Anomœens l’an 359, au conciliabule de Séleucie ; & les Ariens condamnerent les Demi-Ariens dans le concile de Constantinople, & l’année suivante dans celui d’Antioche, ôtant le mot ὁμοῖος, semblable, de la formule de Rimini, & de celle de Constantinople ; & assurant que le Fils de Dieu avoit non-seulement une substance, mais même une volonté différente de celle du Pere, & c’est pour cela qu’ils furent nommés Ἀνομοιοι, Anomœens, Sozom. Liv. IV, ch. 13, & 28. Liv. VI, ch. 26. Socrate, Liv. II, ch. 35 ; Théodoret, Liv. IV. S. Epiphane, Hær. 57, ou 77.

ANOMIEN, ENNE. s. m. & f. Anomianus. Baronius à l’an 357 & 360 de Jésus-Christ, appelle les Anoméens Anomiens, & confond ces deux noms, suivant en cela l’usage établi par les anciennes versions de Sozomène. M. Godeau dit aussi Anomien. D’autres les distinguent en disant qu’Anomien vient de l’α privatif, & de νόμος, loi, & signifie, qui est sans loi. C’est le sentiment des Macri. Il y a du mécompte de part & d’autre : l’ancien interprète de Sozomène a appelé Anomiens, Anominiani, ceux que son Auteur & les anciens Historiens appellent Anomœens, Anomœi, ce qui ne convient point à l’origine de leur nom. Car Anomien vient plutôt de ἄνομος, que de ἀνόμοιος, qui est cependant la véritable étymologie du nom de ces hérétiques. Voyez Anoméen. Les Macri le jugeant ainsi, & avec raison, ont cru que Anomien & Anoméen étoient deux noms & deux sectes différentes, quoique ce ne soit que la même chose. La plus lourde faute est celle des Centuriateurs de Magdebourg. Car ces Protestans, qui ne lisoient Sozomène qu’en latin, comme il paroît par ceci, disent. Cent. IV, ch. 5, p. 390, que S. Epiphane écrit que les Aëtiens furent nommés Anomœens, mais que Sozomène, Liv. VI, ch. 4, les nomme Anomiens. Oüi Sozomène Latin ; ou l’ancien Interprète de cet Auteur, & ils pouvoient encore ajouter, Liv. 4, ch. 13, ch. 28. Liv. VI, ch. 26, & toutes les fois que cet Auteur en parle. Mais Sozomène lui-même met Ἀνομοιων, Anomœorum, Anomœens, sur-tout à l’endroit cité. Il est vrai qu’en quelques autres lieux il y a des éditions qui lisent ἀνομίων, mais 1°. ce n’est point à l’endroit qu’indiquent les Centuriateurs, auquel je ne vois point de variété de leçon. 2°. Dans les autres éditions, cette leçon est toujours corrigée par des manuscrits meilleurs, & M. de Valois, qui a revu cet Auteur sur les manuscrits, a toujours mis Ἀνόμοιοι, comme l’origine de ce nom le demande nécessairement. Il faut donc dire Anoméens, & non pas Anomiens. Il est vrai néanmoins que S. Georges de Nysse dans la vie de S. Ephrem, appelle les Eunomiens Ἀνόμοι, Anomiens ; mais c’est une allusion qu’il fait à leur nom, & non point un nom de secte reçu par l’usage ; & il est très-différent d’Anoméen ; car il signifie, Qui est sans loi, nom qu’on leur donna par opposition à celui d’Eunomien, qu’ils prenoient d’Eunomius leur chef, & qui signifie, Qui a de bonnes loix.

☞ ANOMIES. s. f. pl. Coquilles fossiles, dont on ne connoît point les analogues vivans. Acad. Fr.

ÂNON. s. m. Le petit d’un âne. Asellus, Pusillus asini. L’ânesse ne conserve pas son lait quand elle a perdu son ânon. Les Italiens mangeoient autrefois beaucoup d’ânon, selon Galien ; ils en trouvoient la chair fort agréable. Mécénas s’en faisoit servir dans ses repas les plus magnifiques. Il l’a mit en réputation ; on la préféroit à celle d’ânon sauvage : l’usage s’en perdit bientôt après sa mort. De la Mar. Voyez aussi Pline, Liv. VIII, c. 43.

ANON. s. m. Fruit de l’Amérique, qui a la forme d’une pomme de pin, mais ses écailles ne sont pas si lissées, ni si relevées que celles de la pomme de pin. Sous une peau mince & semblable à celle d’une poire, il a une chair très-blanche & très-délicate. Il est très semblable au fruit qu’on appelle Guanabane, mais il est plus petit & de meilleur goût. Hist. des Ind. Liv. VIII, c. 18, de Gonz. Fern. d’Oviédo.

ANONIS. Voyez Bugrande, & Arrête-lœuf.

ÂNONNER. v. n. Faire un ânon. Asinum edere. Notre ânesse a ânonné.

ÂNONNER. v. n. Lire ou parler avec peine, & en répétant les lettres, ou en cherchant ses paroles. Hæsitare. Il ne savoit pas un mot de sa leçon, ou de son discours, il n’a fait qu’ânonner ; c’est-à-dire, qu’hésiter. Il est familier.

ANONYME. adj. Qui n’a point de nom, ou qui le cache. Anonymus. Auteur anonyme, c’est-à-dire, dont on ne sait pas le nom. Auctor ignotus, ignoti nominis. On dit aussi, un livre anonyme, quand on ignore le nom de celui qui l’a fait. Deckerus, Avocat de la Chambre Impériale de Spire, & Placcius de Hambourg, ont fait un Traité des livres anonymes. Il y a je ne sais quoi d’honnête & de modeste dans la timidité d’un Auteur qui se cache, & qui se produit anonyme dans le monde. Bell. L’humilité de ces Auteurs qui se tiennent derrière leur ouvrage anonyme, & qui laissent tomber à terre les louanges qu’on leur donne, est bien rare en ce siècle. S. Evr. Burcard Gotthelfius Struvius parle des Savans qui ont taché de deviner les Auteurs des écrits Anonymes, c’est dans ses supplémens à la connoissance de la littérature.

Il se met quelquefois substantivement. L’Anonyme qui a traité cette matière, dit que, &c.

Ce mot vient du grec ἀνονυμος, qui signifie, sans nom.

☞ On appelle aussi anonymes ceux qui n’ont point encore reçu de nom au baptême. Mais alors on ajoute à ce mot le nom de famille. Anonyme, de Bourbon.

☞ ANONYMOS. C’est le nom de plusieurs plantes.

Anonymos ribosii foliis. Espèce d’arbrisseau qui nous vient de Virginie & du Canada.

Anonymos frutex Brasilianus, flore Keiri, & une troisième qui croît en Allemagne.

ANORDIE. s. f. Tempête de vent de nord, qui s’élève en certains temps sur les côtes de la nouvelle Espagne, & dans les îles du Mexique. Tempestas à septentrione proveniens.

ANOREXIE. s. f. Terme de Médecine, défaut de faim, dégoût occasionné par dérangement d’estomac, ou par surabondance d’humeurs. Cibi festidium. L’anorexie est proprement un défaut d’appétit. Cependant quelques Médecins la distinguent du dégoût, disant que l’anorexie est une disposition dans laquelle on n’a aucun désir pour les alimens ; au lieu que le dégoût est une aversion pour les mêmes alimens qu’on prenoit autrefois avec plaisir. Ce mot est composé de l’α privatif, & d’ὄρεξις, appétit. Col. de villars.

ANORMAL, ALE. adj. m. & f. Contraire aux règles, déréglé. Vieux mot. Abnormis, e.

Pour ce qu’il est de soi si anormal,
Qu’il faut de soi qu’il commence par mal. Marot.

Ce mot, à la façon des Grecs, est composé d’un α privatif, & de norma, règle. Anormal, sans règle.

Anormal, signifioit autrefois énorme. Gloss. sur Marot.

ANORMÉ, ÉE, & ANORMAL. adj. Ces mots ne sont plus en usage. Borel dit qu’ils signifient, qui est contre la règle commune, & qu’énorme vient de ces mots.

Tu dois savoir que ces fiers animaux
Qui en leur vie ont fait ces anormaux.

Jean le Maire.

☞ ANOSSI. Province de l’île de Madagascar, située à 25 d. 18’ de lat. & s’étend depuis la province de Manatengha jusqu’à la rivière de Mandrerei, qui est au 26e degré. Cette province est habitée par deux sortes de peuples, des blancs & des noirs. Voyez Anacandrians.

ANOTH, ou ANETH. Une des Sorlingues, îles de la mer Britannique, à l’entrée de celle d’Irlande. Anothia.

ANOUT, ou ANHOLT. île de Dannemarck. Alholta. Elle est dans le Catégat, au nord de celle de Zélande.