Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/408

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IV, ch. 3, mais ce n’est point cette ville qui fut célébre par l’hellébore qu’elle produisoit.

☞ ANTIDACTYLE. s. m. Nom donné par quelques-uns à un dactyle renversé, à un pied composé de deux brèves suivies d’une longue. Populum est un antidactyle.

ANTIDATE. s. f. Date fausse, & antérieure à la vraie date d’un acte. Date qui précède le temps auquel l’acte est passé. Dies antiquior perperàm adscriptus. L’antidate est un crime moins considérable dans les actes sous signature privée, que dans les contrats passés par-devant Notaires. Les antidates sont importantes dans les contrats, parce qu’elles emportent la priorité d’hypothèque. Ce mot antidate vient de ces deux mots latins, antè data. Men. ou du grec ἀντὶ, contre, & du latin, data : contre-date.

ANTIDATER. v. a. Mettre une date antérieure. Dater d’un jour qui précède celui où l’on passe quelque acte. Diem antiquiorem falsò scribere. Antidater une procuration.

ANTIDATÉ, ÉE. part. Daté faussement & antérieurement. Falsâ diei adscriptione munitus, signatus. Cette pièce est antidatée.

Ce mot vient d’anti, & de date, qui vient de dare.

ANTIDÉMONIAQUE. adj. & s. m. f. Antidæmoniacus. Qui negat esse Dæmones. Hérétique, ou impie, qui nie l’existence des Démons, ou qu’il y ait des Démons. Voyez Sanderus.

ANTIDIAPHORISTE. s. m. & f. Voyez Antidiaphoriste. C’est la même chose dans l’usage, parce qu’on retranche l’a pour rendre la prononciation plus douce ; mais dans la vérité, & à la rigueur, c’est tout le contraire. Car antiadiaphoriste, signifie, qui est opposé aux indifférens. Et antidiaphoriste, celui qui est opposé à ceux qui veulent de la différence. Dans un ouvrage dogmatique & d’érudition, je ne voudrois jamais dire qu’antiadiaphoriste, laissant l’autre tout au plus pour la conversation ; s’il est vrai cependant qu’on le dise, comme quelques Dictionnaires le marquent.

ANTIDICOMARIANITES. Anciens hérétiques qui prétendoient que la Sainte Vierge avoit eu plusieurs enfans de S. Joseph, & qu’elle n’étoit pas demeurée Vierge. S. Epiphane a parlé fort au long de ces hérétiques qui vivoient de son temps, hæres. 78. Il rapporte l’histoire de S. Joseph, & il explique en même temps ce qu’on doit entendre dans le nouveau Testament par les Freres de Notre Seigneur ; & comme il a quelques sentimens là-dessus qui méritent d’être éclaircis, il faut consulter S. Jérôme contre Jovinien, & le Cardinal Baronius dans l’Apparat de ses annales. Les Antidicomarianites étoient disciples d’Helvidius, & de Jovinien, qui parurent à peu près en même temps à Rome vers la fin du IVe siècle. Voyez Baronius & Sponde à l’an 382. M. Godeau a dit Antidicomarianistes.

ANTIDORE. s. m. Antidorum. Terme de Liturgie. L’antidore, chez les Grecs, est un pain que l’on bénit, & qu’on distribue au lieu de l’Eucharistie à ceux qui n’ont pas pû communier pour quelques raisons particulières. L’antidore est le pain, dont on coupe un morceau pour le consacrer.

Ce mot vient de ἀντὶ, pro, loco, vice, au lieu, à la place, & de δῶρον, donum, don. Cette étymologie marque que l’antidore se donne au lieu de l’Eucharistie, qui est le don par excellence.

ANTIDOTAIRE. s. m. Terme de Médecine. Antidotarium. C’est un nom que plusieurs Médecins ont mis pour titre aux recueils qu’ils ont fait d’un grand nombre de remèdes composés, & qui ont été inventés par de célèbres Médecins. Les Apothicaires tiennent beaucoup de ces compositions toutes prêtes dans leurs boutiques, pour les employer, lorsque les Médecins les leur ordonnent. Il y a l’Antidotaire de Wecker, de Du Renou, & c’est ce qu’on appelle autrement, dispenfaire.

☞ ANTIDOTE. s. m. Terme de Médecine. Contrepoison. remède qu’on prend pour se garantir de l’effet du poison, & généralement pour détruire le venin des maladies, qui provient d’une autre cause que de la piqûre des animaux venimeux, comme de la contagion de l’air, de la corruption des humeurs. Antidotus, antidotum. Cet antidote fortifie le cœur, & le défend contre le venin & l’air infecté. En ce sens il signifie la même que alexipharmaque, & alexitère. Ce terme se dit aussi de quelques compositions molles, faites de diverses poudres, de pulpes, de liqueurs de sucre, de miel, réduites en une consistance épaisse. On les appelle indifféremment, confections, électuaires mous, opiates, ou antidotes. Certaine femme dans Ausone, voulant empoisonner son mari, lui donna tant de différentes drogues pour l’empoisonner plus sûrement, qu’en se servant d’antidote les unes aux autres, elles le sauverent. Mascur.

Ces mots viennent de ἀντὶ, contre, & de δίδωμαι, qui signifie, je donne. Antidote, ce qu’on donne contre le poison, soit pour remède, soit pour préservatif.

ANTIDOTER. v.a. Mêler, assaisonner d’antidotes. Aspergere, condire, miscere. Ce mot est forgé en style burlesque & familier.

ANTIDOTÉ, ÉE. part. & adj. Le célèbre Rousseau a dit en parlant d’Horace :

Des sots Auteurs berne les vers ineptes ;
Nous instruisant par gracieux préceptes,
Et par sermons de joie antidotés.

Ce sont des discours égayés, mêlés, assaisonnés de propos agréables. Amænitate, gaudio, hilaritate, leporibus conditi.

ANTIDYSSENTERIQUES. s. m. p. Remèdes contre la dyssenterie. Tels font l’ipécacuanha, la rhubarbe, le rapontic, le corail préparé, le succin, le bol d’Arménie, la terre sigillée, la terre douce de vitriol, le ris, la gelée de corne de cerf, la teinture de roses de Provins, la grande consoude, la conserve de cynorrohodon, le sirop magistral, cartharrique, astringent, le laudanum, le diascordium, le diacode, le sirop de karabé. Col. de Villars. ☞ Il est aussi adj. Médicament, remède antidyssenterique.

ANTIE. adj. m. & f. Ce mot n’est plus usité, il signifioit ancien, ancienne.

Li communs de Paris, celle cité antie.
Sont ordonné chacun en sa Conetablie. R. de S.

ANTIENNE. s. f. Paroles qui dans le service de l’Eglise se chantent alternativement par deux chœurs. Antiphon, Carmen incentivum. Ce mot s’est dit d’abord tant des Pseaumes que des Hymnes. S. Ignace, disciple des Apôtres, a été selon Socrate, le premier auteur de cette manière de chanter chez les Grecs ; & S. Ambroise chez les Latins. Théodoret l’attribue à Diodore & à Flavien. Elle passa en France du temps de S. Grégoire, & se perfectionna sous Charle Magne. Amalarius Fortunatus a écrit de l’ordre des Antiennes, De Antiphonarum ordine. Maintenant ce mot se prend en une plus étroite signification, & se dit de quelques traits tirés des Pseaumes, ou de l’Ecriture, qui conviennent au mystère de la Fête qu’on célèbre. Dans les Fêtes doubles on les répète devant & après les Pseaumes, dans les simples on les dit seulement après, selon les différens Bréviaires.

On appelle aussi Antienne, ce qu’on chante à l’introïte, aux invitatoires, aux processions. On le dit aussi des motets que plusieurs choristes viennent chanter alternativement à la messe, & à vêpres, avant l’évangile, ou l’hymne.

Ce mot vient de ἀντίφωνα, qui signifie, chant alternatif.

Antienne, se dit aussi d’une petite prière qui se fait à Dieu, ou aux Saints, qui précède une oraison. Les aveugles gagnent leur vie en disant l’Antienne & l’Oraison du Saint dont on fait la Fête chaque jour.

☞ On dit figurément annoncer une bonne, une mauvaise antienne à quelqu’un ; pour dire, une bonne,

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