Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/437

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du couturier. De-là il descend un peu obliquement en arrière par ses fibres charnues, qui forment un corps long d’environ cinq travers de doigt, large de deux, & fort aplati. Ce corps de muscles est placé entre deux lames de l’aponevrose, ou bandage large, qu’on nomme fascia lata, & s’y attache par des fibres tendineuses très-courtes, qui se perdent dans l’aponevrose, vers l’endroit où elle est adhérente au grand trochanter & au tendon du grand fessier. Ainsi il ne faut pas regarder le fascia lata, ou bande large comme une expension tendineuse du muscle. Winslow.

APOPHASE. s. f. Apophasis. Figure de Rhétorique, lorsqu’on se fait à soi-même une interrogation & qu’on y répond.

APOPHLEGMATISME, ou APOFLEGMATISME. s. m. Apophlegmatismus. Terme de Médecine. Ce sont des médicamens qu’on mâche pour attirer quantité de flegmes du cerveau. Le peuple les appelle masticatoires, ou machicatoires. Le tabac est un excellent apoflegmatisme, mais il gâte les dents, & les rend jaunes & noires : la sauge a presque autant de vertu pour faire sortir les humeurs superflues, & elle ne gâte pas tant les dents.

Ce mot est grec, & vient d’ἀπὸ, & φλέγμα.

APOPHORÈTE. s. m. Apophoreta. C’est un mot dont on est obligé de se servir en traduisant Martial, qui a intitulé de ce nom quelques livres de ses Epigrammes : il signifie des dons & présens qui se faisoient pendant les Saturnales, ou en certaines solennités, ou pour quelques brigues. Selon les Jésuites d’Anvers, Act. SS. April. T. II, 772. A, ce sont proprement de petits présens, que l’on envoyoit de table à ses amis. Cela paroît par Suétone dans Caligula, ch. 55, & par S. Ambroise, dans son Exhortation à la virginité. C’étoit aux Saturnales ; & ce n’étoit qu’aux hommes qu’on les envoyoit. Dans ce sens c’étoit à-peu-près ce que nous appelons étrennes. Suétone, dans Vespasien, chap. 19, n. 4, remarque comme une chose extraordinaire, que ce Prince en envoyoit aussi aux femmes aux Calendes de Mars. Symmache, Ep. 11, 80, appelle encore apophorète les présens que ceux qui avoient donné des jeux envoyoient ensuite à leurs amis. On l’a dit aussi du vaisseau plat, ou des corbeilles où l’on portoit ces présens. M. Béger, Tom. III, pag. 424, a donné la figure d’un instrument rond, qui a une queue, & qui est plat & sans profondeur, qu’il prétend être un apophorète, ou, comme il écrit, apopherète. Dans des siècles postérieurs on trouve ce mot pour signifier les chasses, ou vases dans lesquelles on portoit les reliques des Saints. Il y en a plusieurs exemples dans les anciennes vies des Saints.

Ce mot est dérivé par Isidore à ferendo, mais il vient plutôt du grec ἀπὸ, & φερω, je porte. Le XXIVe Livre de Martial est intitulé, apophorète, & chaque épigramme désigne un apophorète. On voit par-là ce que c’etoit, & qu’on envoyoit autre chose que des mets. Les Modernes qui traitent des apophorètes sont Turnebe, Advers. IX, 23 ; Ciaconius, de Triclinio, pag. 91 ; Struckius Antiq. Conv. VIII, 24 ; Lipenius, de Strenis, I, 15 ; Baccius, De Conviviis Antiq. IV, 5.

☞ APOPHTHEGME. s. m. Dit notable de quelque personne illustre : sentence courte & instructive prononcée par quelque homme de poids, ou faite à son imitation. Apophthegma, Dictum acutum & breve illustris viri. L’apophthegme est un sentiment exprimé d’une manière vive, & en peu de paroles, sur quelque sujet ou une répartie prompte & spirituelle, qui cause du plaisir & de l’admiration. Comme il y en a de plaisans & d’agréables, & qu’ils ne sont pas tous graves & serieux, on pourroit dire que l’apophthegme est ce qu’on appelle un bon mot en françois ; mais ce terme a plus d’étendue dans la langue grecque. Abl. Il y a des apophthegmes muets, & où l’action tient lieu de la parole. Id. C’est un homme profond, & d’un grand sens ; il ne parle que par apophthegmes. Lycosthène a fait un gros recueil des apophthegmes des Anciens, & les a rédigés par des chapitres. Erasme a aussi rassemblé les apophthegmes des Anciens, rapportés par Plutarque, & par Diogène Laërce. M. d’Ablancourt a dirigé les apophthegmes des Anciens dans un meilleur ordre ; & comme la vérité y est moins nécessaire que la beauté, il a été souvent obligé d’y donner un autre tour que les Auteurs dont il les a tirés. L’apophthegme, selon l’Auteur du Traité des bons mots, est différent de ce qu’on appelle bon mot, parce que l’apophthegme doit toujours être grave & instructif, & que le bon mot peut-être purement divertissant. Ce mot vient du grec ἀποφθέγμαγω qui signifie, je parle par sentences.

APOPHYGE. s. f. Apophygis. Terme d’Architecture. C’est l’endroit où la colonne sort de sa base, & commence à monter, & à échapper en haut. C’est pourquoi les ouvriers l’appellent escape, ou congé.

Ce mot en grec signifie fuite.

APOPHYSE. s. f. Apophysis. Terme d’Anatomie. C’est une éminence qui s’élève sur la superficie de l’os ; avec lequel elle est continue. Telles sont les éminences des vertèbres, de l’omoplate, des os du bras, de la cuisse, &c.

Ce mot est grec, & signifie production au-dehors.

Apophyse mamillaire, ou mastoïde. C’est une des éminences externes de l’os pétreux.

On appelle aussi apophyses mamillaires, les nerfs olfactoires, qui sont le principal organe de l’odorat. Ils vont jusqu’aux os cribleux, où ils se divisent en de petites fibres, qui passent par les trous de ces os, & qui vont se répandre dans la partie supérieure du nez.

APOPLECTIQUE. adj. m. & f. Qui tient de l’apoplexie, relatif à l’apoplexie. Accident apoplectique. On appelle aussi un remède apoplectique, celui qui préserve ou qui guérit de l’apoplexie. C’est la même chose qu’antiapoplectique. Sanandæ aut avertendæ apoplexiæ idoneum pharmacum.

Préviens un sort pareil, & par d’heureux efforts,
Dissipe cette humeur pésante & létargique,
Dont le regorgement fatal, apoplectique,
Que sais-je ? engloutiroit & l’esprit & le corps. R.

☞ Il s’emploie aussi substantivement. C’est un apoplectique.

APOPLEXIE. s. f. Stupor, Stupefactio nervorum omnium corporis, apoplexia. Terme de Médecine. ☞ Maladie aiguë qui attaque le cerveau, & qui ôte tout-à-coup le mouvement & le sentiment. C’est une soudaine privation du sentiment & du mouvement de tout le corps, avec lésion des principales facultés de l’ame, accompagnée d’un ronflement & de difficulté de respirer. Elle diffère du care, de la léthargie, & du coma, parce qu’en ces trois autres maladies l’assoupissement n’est pas si profond, ni le sentiment tout-à-fait perdu. Elle diffère de la syncope, parce qu’en celle-ci il n’y a point de pouls apparent ; ou du moins qu’il est fort foible ; au lieu que dans l’apoplexie il se soutient jusqu’à ce que la mort soit proche. Elle diffère de l’épilepsie en ce qu’en celle-ci le mouvement de la faculté animale n’est point aboli, mais seulement dépravé. Et elle diffère de la paralysie, en ce qu’en celle-ci il n’y a ni assoupissement, ni privation de connoissance. L’apoplexie est causée par l’interruption du mouvement du sang vers le cerveau, & par tout ce qui peut empêcher l’influence des esprits animaux dans les organes des sens, & dans les parties qui se meuvent volontairement. Tantôt elle vient d’un phlegmon dans le cerveau, tantôt d’une pituite visqueuse, dont le cerveau est rempli, comme il arrive dans les apoplexies d’hiver, & dans celles des vieillards ; tantôt elle vient d’une lymphe trop grossière, qui bouche les nerfs, ou du sang répandu dans le cerveau. Hippocrate distingue deux sortes d’apoplexies, l’une forte, & l’autre foible ; elles diffèrent par le plus ou moins de difficulté à respirer ; il faut avouer qu’elles sont toutes deux très-fortes, puisqu’elles sont accompagnées de symptômes très-dangéreux, & qu’elles causent souvent la mort. On appelle dans l’usage commun & dans la conversation, une apoplexie brutale, celle qui ôte