Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/436

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gramme de 25 vers, dont 24. ne sont composés que d’épithétes d’Apollon, rangés selon l’ordre alphabétique des 24 lettres grecques, Voyez aussi les listes des noms d’Apollon, qu’a faites M. Béger.

Apollon étoit un des Dieux de la fable les plus connus, par le soin qu’ont pris les Poëtes de lui attribuer l’enthousiasme ou l’espèce de fureur Poëtique, & de supposer en même-temps qu’il est le Dieu de la Médecine & de la lumière. Comme les payens par ce nom entendoient le soleil, qui fait naître les plantes, & leur donne les propriétés qu’elles ont de guérir plusieurs maladies, ils avoient aussi multiplié ses attributs, dont on trouve le detail & les explications chez les mythologues. Un assez grand nombre de lieux portoient son nom, parce qu’il y avoit un temple, une chapelle, ou quelque culte publiquement établi. Ces lieux se nommoient Apollonia, Apollinis fons, fanum, &c.

Apollon étoit aussi chez les Anciens le nom d’une danse, dans laquelle on représentoit ce Dieu.

Apollon. s. m. Terme de Fleuriste. C’est le nom d’une des espèces des œillets piquetés. C’est un piqueté de brun sur un fin blanc. L’œillet est petit, & sa plante fort sujette au blanc & à la pourriture. Il est à Lille. Cult. de Fl.

Apollon. s. m. Espèce de petite robe de chambre qui ne vient qu’à la moitié des cuisses. On couche avec l’apollon en hiver, & pour lors il est d’étoffe, & même quelquefois fourré. Et en été on le fait de taffetas, de toile des Indes, ou de quelque autre étoffe de soie légère. On en fait même de toile blanche, & les Dames s’en servent pour se peigner & se coëffer, comme elles faisoient autrefois de peignoirs. Ceux qu’elles portent pendant le jour s’appellent encore casaquins, ou pot-en-lair. Les hommes portent aussi des apollons, au lieu de robes de chambre, parce que leur petitesse les rend plus commodes.

APOLLONIA. Cap d’Afrique. Apollonia. Il est sur la côte de la Guinée, près l’embouchure de la rivière de Mancu.

APOLLONIE. Apollonia. Nom de plusieurs villes en différentes contrées. Ces villes furent ainsi nommées d’Apollon à qui elles étoient particulièrement consacrées. Voyez aussi Apolline.

APOLLONIES. s. m. pl. Nom des fêtes & sacrifices d’Apollon.

☞ APOLLYON, en grec ἀπολλύων, c’est-à-dire, qui fait périr, est le même qu’Abaddon, ou l’Ange de de l’abyme, dont il est parlé dans l’Apocalypse. Voyez Abaddon.

☞ APOLOGÉTIQUE. adj. de t. g. Qui contient une apologie. Apologeticus. Lettres apologétiques. Discours, livres, manifestes apologétiques. Il est aussi sub. & signifie discours par écrit ou de vive voix pour la justification, pour la défense de quelqu’un, de quelque action, de quelque ouvrage. Dans ce sens on le dit particulièrement en parlant de l’apologie de Tertullien pour les Chrétiens. L’apologétique de Tertullien est un ouvrage plein de force, & tel qu’il pouvoit sortir des mains de Tertullien. Il y justifie les Chrétiens des choses dont on les accusoit, & principalement des crimes abominables qu’on disoit qu’ils commettoient dans leurs assemblées, & de leur peu d’amour pour la patrie. On leur reprochoit ce dernier crime, parce qu’ils ne vouloient pas faire les sermens accoutumés, & jurer au nom des Dieux tutélaires de l’empire. Tertullien adressa son Apologétique aux Magistrats de Rome, parce que l’Empereur Sévère étoit absent.

APOLOGIE. s. m. Apologia, defensio, purgatio. ☞ Discours par écrit ou de vive voix, pour la défense ou la justification de quelque action ou de quelque ouvrage ; & par extension, tout ce qui tend à la justification de quelqu’un. L’apologie de Balzac est une pièce éloquente. On disoit bien du mal de vous ; mais j’ai bien fait votre apologie. Naudé a fait une apologie pour pour tous les grands hommes accusés de magie. Cette démarche fait votre apologie.

Ce mot vient du grec ἀπολογέομαι, qui signifie, je repousse par la parole, je réfute.

APOLOGISTE, s. m. Celui qui écrit une apologie, qui fait l’apologie de quelqu’un. Defensor. François Ogier a été l’Apologiste de Balzac. J’ai eu les mêmes vûes qu’ont les anciens peres & apologistes de notre religion. Faidit.

APOLOGUE. s. m. Apologus, fabula. Fable morale & instructive : fiction dont le but est de corriger les mœurs des hommes. C’est un exemple fabuleux, qui s’insinue avec d’autant plus de facilité & d’effet, qu’il est plus commun, & plus familier. La Font. Jésus-Christ lui-même en a sanctifié & autorisé l’usage ; & l’on en peut remarquer un effet naturel dans celui que le Prophète Nathan proposa à David. S. Evr. Tel qui n’est point accessible à des remontrances positives ne sera peut-être point choqué de la censure secrette & indirecte d’un apologue. Id.

Ce mot vient du grec ἀπολογέιν, qui signifie, raconter, rapporter.

APOLTRONNIR. v. a. Terme de Fauconnerie, qui se dit lorsqu’on coupe à un oiseau les oncles des pouces, qui sont les doigts de derrière, & les clefs de la main ; car en lui ôtant les armes, on lui abat le courage, de sorte qu’il n’est plus propre pour le gros gibier. Accipitrem ignavum, inernem efficere.

Ce mot vient de poltron, & veut dire rendre poltron, c’est-à-dire, timide & lâche.

APOLYSE. s. f. C’est un terme de l’Histoire Ecclésiastique des Grecs, & de leur Liturgie. L’Apolyse répond à notre Ite, Missa est. Les Grecs disent : in pace procedamus ; & c’est ce qu’ils appellent apolyse, comme on le voit dans la Liturgie du Cardinal Bona, & autres Auteurs Liturgiques.

APOLYTIQUE. s. m. Terme de Liturgie. L’apolytique dans l’Eglise grecque est ce qui termine l’Office divin, ou les parties considérables de l’office divin. L’apolytique consiste en certains versets qui changent selon les temps, apolyticum, & en grec ἀπολυτέϰιον.

Ce mot vient d’ἀπὸ, & de λύω, solvo. Voyez le P. Goar dans ses Notes sur l’Eucologe, l’ordre de l’Office divin chez les Grecs, au commencement du second Tome des Actes des Saints du mois de Juin, le Typique de S. Sabas.

APOMÉCOMÉTRIE. subs. m. Apemecometria. C’est l’art qui enseigne à mesurer la distance des objets éloignés.

APOMÉLI. Boisson douce, faite avec des rayons de miel délayés & bouillis dans de l’eau. Ἀπομελι. Voyez la manière de la préparer dans le Dictionnaire de James.

APON. Fontaine près de Padoue, laquelle, si on en veut croire Claudien, rendoit la parole aux muets & guérissoit toutes les maladies : près de-là étoit un oracle de Géryon.

☞ APONEVROGRAPHIE & APONEVROLOGIE. Terme d’Anatomie. Partie de l’Anatomie, dans laquelle on donne la description des aponévroses. Aponevrographia, aponevrologia.

APONEVROSE. s. f. Terme d’Anatomie. C’est un nom qu’on donne aux extrémités nerveuses des muscles, & qui en font partie. Aponeurosis, ἀπονευρωσις, Tendones. ☞ C’est proprement l’expansion membraneuse d’un tendon ; un tissu de filets tendineux qui environne les muscles dans différentes parties du corps. La substance de l’aponévrose, ou du tendon, est moyenne entre la substance de la chair, ou du muscle, & celle du nerf, L’aponévrose commence à un muscle & finit à un nerf, il y en a dont la substance est plus molle, & approche plus de celle de la chair, & d’autres dont la substance est plus ferme, plus dure, & plus semblable à celle d’un nerf.

Ce mot vient d’ἀπὸ, & νεῦρον, qui signifie en grec un nerf.

APONEVROTIQUE. adj. m. & f. Qui appartient à une aponevrose. Aponevroticus, a, um. Membrane aponevrotique. En termes d’Anatomie il se dit substantivement du muscle du fascia lata. L’aponevrotique est un petit muscle longuet, placé sur le devant de la hanche, un peu obliquement de haut en bas. Il est attaché en haut au côté externe de l’épine intérieure de l’os des iles, entre les attaches du moyen fessier &