Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/459

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nitif. La ville de Rome, la rivière de Seine. Gram. gen. & rais.

☞ On observe avec raison dans le Dict. Encyc. que selon cette définition, ces façons de parler, la foi, l’espérance, la charité sont trois vertus Théologales ; S. Pierre, S. Matthieu, S. Jean, &c. étoient Apôtres, qui ne sont que des dénombremens, seroient des appositions ; qu’ainsi l’on doit dire que l’apposition consiste à mettre ensemble sans conjonction deux noms dont l’un est un nom propre, & l’autre un nom appellatif ; ensorte que ce dernier est pris adjectivement, comme qualificatif de l’autre. Flandre, Théâtre sanglant… Cicéron, l’Orateur Romain… Ainsi le rapport d’identité est la raison de l’apposition.

APPRAYER. v. a. Terme de Coutume. C’est mettre une terre en pré. Ragueau.

APPRÉBENDEMENT. s. m. Terme en usage parmi les Dames Chanoinesses de Remiremont. C’est la cérémonie de la réception d’une Chanoinesse, réception qui lui donne droit à une prébende. Voyez au mot Barbette.

APPRÉBENDER. v. a. En usage à Rémiremont, chez les Chanoinesses de cette abbaye. Recevoir une Chanoinesse, lui donner une prébende. Præbenda donare.

APPRÉCIATEUR. s. m. Celui qui met le prix légitime aux choses. Æstimator. On a ordonné que cette maison seroit estimée, & mise à prix par des experts & appréciateurs. Les appréciateurs des grains. ☞ Dans l’usage ordinaire, ce mot se joint toujours à quelque épithète. Juste appréciateur du mérite.

APPRÉCIATIF. adj. m. Amour appréciatif ; terme de Théologie. Aimer Dieu d’un amour appréciatif, c’est l’aimer plus que toute autre chose ; & l’amour appréciatif est un amour de Dieu sur toutes choses. C’est être prêt de tout faire, de tout perdre, de tout souffrir, plutôt que de lui déplaire. Le commandement de Dieu nous oblige à l’aimer de cet amour appréciatif.

APPRÉCIATION. s. f. Estimation de la valeur d’une chose. Æstimatio. On ne le dit guère que des grains, denrées, ou choses mobiliaires. On condamne les débiteurs à payer les choses dues en espèce, sinon la juste valeur, suivant l’appréciation qui en fera faite par experts.

APPRÉCIER. v. a. Estimer & mettre un prix à une chose ; en déterminer le prix ou la valeur. Æstimare, pretium imponere, statuere. On apprécie les grains des redevances seigneuriales ou sur le prix des trois dernières années, ou sur le pied de ce qu’ils ont valu au jour du marché le plus proche du terme de l’échéance, suivant les extraits qu’on en trouve aux greffes des Justices des lieux. Apprécier des meubles, un fauteuil, une tapisserie. Ce livre a été apprécié à tant. On dit dans le même sens apprécier le mérite de quelqu’un.

APPRÉCIÉ, ÉE. part. Æstimatus. Prendre les choses sur le pied qu’elles ont été appréciées.

Ces mots viennent d’appretiare. Quelques-uns les font venir de l’italien aprezzare.

APPRÉHENDER. v. a. Terme de Palais, signifie, prendre, saisir. Apprehendere, comprehendere. Un tel sera pris & appréhendé au corps, & constitué prisonnier.

Appréhender, en termes de Palais, signifie aussi accepter. Adire hæreditatem ou apprehendere, capescere. Appréhender une succession, la prendre & l’accepter. Une succession à laquelle un tuteur a renoncé, peut être appréhendée par son pupille, quand il est parvenu à sa majorité. On peut instituer plusieurs héritiers avec subordination les uns aux autres, afin que si les premiers nommés ne veulent ou ne peuvent pas appréhender la succession, elle puisse être recueillie par les derniers, chacun suivant l’ordre & le degré dans lequel il est institué.

APPRÉHENDER. v. a. Craindre, avoir peur. Metuere, vereri, reformidare. Ce mot se construit de plusieurs manières. 1°. Il veut tous les noms qui suivent à l’accusatif, ainsi que tous les autres verbes actifs : un brave homme ne doit point appréhender la mort. On doit appréhender la pauvreté, comme quelque chose d’affreux. Il appréhendoit une paix fourrée. 2°. Il veut quelquefois la particule de & le verbe qui suit à l’infinitif : on doit sur toutes choses appréhender d’offenser Dieu. Les mondains & les voluptueux appréhendent extrêmement de mourir. 3°. Il veut quelquefois la particule que, & le verbe qui suit au subjonctif. J’appréhende que quelqu’un ne vous dresse des embûches. Vos amis appréhendent que vous ne vous perdiez vous même. Nous devons appréhender que la mort ne nous surprenne. 4°. Il veut quelquefois la préposition pour ; j’appréhende pour sa vie, pour sa liberté, pour son salut. Dans un si grand malheur chacun appréhenda pour soi. Il n’appréhendait rien ni pour lui, ni pour sa religion.

☞ M. l’Abbé Girard distingue ainsi les mots craindre, appréhender, redouter, avoir peur qui paroissent se ressembler, & fixe leur vraie signification. On craint par un mouvement d’aversion pour le mal, dans l’idée qu’il peut arriver. On appréhende, par un mouvement de désir pour le bien, dans l’idée qu’il peut manquer. On redoute par un sentiment d’estime pour l’adversaire, dans l’idée qu’il est supérieur. On a peur par un foible d’esprit pour le soin de sa conservation, dans l’idée qu’il y a du danger. Le défaut de courage fait craindre. L’incertitude du succès fait appréhender. La défiance des forces fait redouter. Les peintures de l’imagination font avoir peur. Le commun des hommes craint la mort au-dessus de tout. Les gens d’honneur pensent que l’infamie est ce qu’il y a de plus à craindre. Plus on souhaite ardemment une chose, plus on appréhende de ne la pas obtenir. Un Auteur doit toujours redouter le jugement public. Les femmes ont peur de tout.

APPRÉHENDÉ, ÉE. part. Il a les significations de son verbe en latin comme en françois.

APPRÉHENSIF, IVE. adj. Timide, qui craint ce qui n’est guère à craindre. Timidus, meticulosus, formidolosus. Il s’est dit, & ne se dit plus.

☞ APPRÉHENSION. s. f. Mot qui a différentes acceptions.

En termes d’Anatomie, il se prend pour l’action principale de la main, par laquelle elle prend & serre quelque chose. L’action de la main est l’appréhension. L’homme a deux mains afin de la mieux faire. Dionis. prehensio, apprehensio.

Appréhension. Terme de Palais, signifie la prise du corps d’un criminel ou d’un débiteur. Comprehensio.

Appréhension, en termes de Logique, signifie la première idée que l’esprit se forme de quelque chose, sans en porter aucun jugement. La première opération de l’entendement est l’appréhension. Intellectio, apprehensio.

APPRÉHENSION. Synonyme de crainte, peur. Timor, metus. Il a grande appréhension du tonnerre. Mon sérieux, mon embarras marquoient assez l’extrême appréhension que j’avois d’elle & de son mérite. Dieu ne nous menace de ses châtimens, que pour nous retenir dans de justes appréhensions, nous empêcher de tomber dans le relâchement. Boss.

Appréhension. Allarme, effroi, terreur, crainte, frayeur, épouvante, peur, synonymes. L’appréhension naît de ce qu’on attend. L’alarme de ce qu’on apprend. L’effroi de ce qu’on voit. La terreur de ce qu’on imagine. La crainte de ce qu’on fait. La frayeur de la présence subite du danger. L’épouvante de ce qu’on présume. La peur de l’opinion qu’on a.

☞ APPRENDRE. v. a. Il se conjugue comme prendre. Acquérir une connoissance qu’on n’avoit pas. Discere. Apprendre la Philosophie, l’Histoire, les Mathémathiques. Apprendre à lire, à chanter, à danser. apprendre une nouvelle.

☞ On dit proverbialement qu’il fait bon vivre, & ne rien savoir, on apprend toujours.

Apprendre, signifie aussi, enseigner, donner à quelqu’un une connoissance qu’il n’avoit pas. Docere. Il y a des Maîtres pour apprendre aux jeunes gens les sciences & les arts. C’est un tel qui m’a appris la Philosophie.

Apprendre, faire savoir. Nuntiare, renuntiare. C’est un tel qui m’a appris cette nouvelle.