Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/467

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sert de conjonction, & équivaut à cependant. Vous avez beau avoir de la bravoure, après tout il faut de la modestie.

Après. Conjonctive qui se met devant le prétérit de l’infinitif. Postquàm, posteaquàm. Jéroboam mourut après avoir régné vingt-deux ans. Port-R.

Après. Conjonctive qui régit l’indicatif & quelquefois le subjonctif. Après que Salomon eut bâti un temple à Dieu, il se bâtit un Palais pour lui. Port. R. Après qu’on est sorti du péril, on ne songe plus au Saint.

Après, est aussi une transition interrogante. Deindè, ultrà. Continuez, après, que dites-vous ?

Après, se dit aussi adverbialement, dans plusieurs façons de parler. Partez, nous irons après. Sequemur. On dit la messe, & après le sermon. Deindè habetur concio. Tôt après. Continuò. Puis après, ci-après ; pour dire, ensuite. Posthàc, deinceps. En après ; par après : mais ces deux derniers ne se trouvent plus dans les ouvrages bien écrits.

Après, se dit proverbialement en ces phrases. Après la panse vient la danse. Jeter le manche après la cognée, abandonner une affaire dans la crainte de ne pas réussir. Après cela il faut tirer l’échelle ; pour dire, quand on a vu cela, il ne faut point voir autre chose. Courir après son éteuf. Il y a trop de chiens après un os ; pour dire, qu’une société est trop grande, & que la part de chacun sera petite. Regnier a dit aussi, après grâces Dieu but. On prétend que ce proverbe vient de ce qu’on donna des Indulgences aux Allemands qui boiroient un coup après avoir dit grâces, afin de les obliger à les dire. Il y en a beaucoup d’autres qu’on verra dans la suite.

Après, prép. s’est dit pour à, en parlant d’une chose attachée à une autre. Le peuple le dit encore en quelques lieux.

Là sont pendus après la voûte
Les coutelas prodigieux
De ces Géants que nos yeux
Ont si souvent mis en déroute. P. le M.

☞ APRÈS-COUP. Façon de parler adverbiale qui signifie trop tard. Votre Procès est jugé ; vous arrivez après coup. Seriùs.

APRÈS-DEMAIN. adv. de temps. Second jour après celui où l’on est. Perendiè, perendino die. Un mauvais payeur remet à demain, à après-demain, de jour à autre.

APRÈS-DÎNÉ. Ce sont deux mots, dont le premier est une préposition, & le second un nom substantif. On dit également après le dîner. Ils signifient le temps qui suit immédiatement le dîner. A prandio, post prendii tempus. Je fus berné vendredi après-dîné. Voit.

APRÈS-DÎNÉE. s. f. La seconde partie du jour que l’on compte depuis midi, qui est l’heure ordinaire du dîner. Pomeridianum tempus. L’après-dînée ceux qui ne chassent point, ont la promenade dans les jardins des maisons voisines. L’Ab. Genest, Divert. de Sceaux.

D’Adam nous sommes tous enfans,
La preuve en est connue,
Et que tous nos premiers parens
Ont mené la charrue :
Mais las de cultiver enfin,
Leur terre labourée,
L’un a dételé le matin,
L’autre l’après-dînée.

On dit en proverbe au Palais, quand la Cour se leve le matin, elle dort l’après-dînée ; pour dire, qu’elle n’entre point le soir quand elle a été obligée de se lever le matin pour quelque cérémonie.

APRÈS-MIDI. s. f. Le temps qui est depuis midi jusqu’à la nuit. Pomeridianum tempus, Horæ pomeridianæ. L’après-midi ne fut pas belle hier ; il n’y eut pas moyen de sortir. Voilà une vilaine après-midi. Je vous ai attendu toute l’après-midi.

APRÈS-SOUPÉ. Ce sont deux mots, dont le premier est une préposition, & le second un nom substantif. On dit de même après le souper. A cœnâ, post cœnæ tempus. Ils signifient le temps qui suit immédiatement le soupé. Je vous irai voir après-soupé.

APRÈS-SOUPÉE. s. f. Le temps qui s’écoule depuis qu’on a soupé jusqu’à ce qu’on se couche. Serotinum tempus. Où irez-vous passer l’après-soupée ?

APRÉTADOR. Voyez Apprétador.

ÂPRETÉ. s. f. Qualité de ce qui est âpre. ☞ Asperitas. Il se dit, comme l’adjectif, de plusieurs choses différentes. 1° Des fruits, quand faute de maturité, ou pour quelque autre raison, ils ont une certaine saveur rude, âcre & désagréable. L’âpreté qui se trouve dans les fruits, diminue à mesure qu’ils murissent, ou que les arbres vieillissent. 2°. Du feu & du froid ; quand l’un & l’autre sont violens & âpres. L’âpreté du feu se fait sentir à proportion du froid. La rigueur & l’âpreté des hivers ne l’arrête point. Patr. ☞ 3°. Des corps dont les surfaces sont rudes & inégales. 4°. Des pays & des chemins, quand ils sont rudes, inégaux, raboteux. L’âpreté de certains pays en empêche le commerce. Vous rétablirez un chemin que sa hauteur & son âpreté rendent difficile. Boss. Voyez Âpre.

Âpreté, se dit figurément pour marquer la sévérité, l’austérité du caractère. Acerbitas. Les Anciens ont blâmé l’âpreté des mœurs de Caton, & sa trop grande sévérité. Cette âpreté naturelle, qui ne se rendoit jamais aux difficultés, établit mieux la puissance de Rome, qu’une humeur douce & raisonnable. S. Evr. Il faut avoir une sagesse gaie & civile, & fuir l’âpreté des mœurs. Mont. On dit aussi, cet homme entreprend les choses avec trop d’âpreté ; pour dire, trop d’ardeur. Apreté à l’argent, au gain.

On le dit aussi du goût & de la manière d’un ouvrier dans les ouvrages mécaniques. Michel Ange auroit été plus estimable, s’il eût retenu ce qu’il y a de bon dans le gothique, je veux dire, le dégagement & l’âpreté des entrecolonnemens qui nous plaisent si fort. De Cordem. Traité d’Arch. P. 175.

APRIGLIANO. Bourg de la Calibre citérieure, au Royaume de Naples. Il est au midi de Cosence. Aprilianum. Selon quelques Géographes, c’est l’Aprustum des anciens Brutiens, que d’autres mettent à Castro-Villare.

APRIO, APRI. Ville de la Romanie en Turquie. Apros, autrefois Théodosiopolis, parce que Théodose le Grand la répara, & y fit quelquefois son séjour. Elle est sur la rivière de Lerissa, au levant de Trajanopolis.

APRISE. s. f. Vieux terme de Palais, Synonyme de Prisée, Une sommaire aprise, pour dire, un procès-verbal, une description, une estimation d’un fonds, pour en connoître l’état présent & la valeur. Æstimatio. Ce mot vient du latin Apretiare. On en a tiré Aprisia, qui se trouve dans les anciens arrêts, & de Aprisia, on a fait Aprise.

APRON. s. m. Poisson d’eau douce. Il ne se trouve qu’en Dauphiné. Dalécham & Nicod ont observé qu’il est semblable au goujon. Chorier. Voyez Âpre.

APROUSSE. s. f. Vieux mot. Hâte, ardeur, empressement. Aprousse vient de l’ancien mot âpresse, dit pour âpreté, & qui se trouve dans Nicod, Glossaire Bourg. Les Champenois disent Aprosse.

APROXIS. s. f. C’est une plante, ainsi nommée par Pythagore, & dont la racine prend feu à une certaine distance, de même que le naphte. Ce Philosophe prétend que de quelque maladie qu’on soit attaqué dans le temps qu’elle fleurit, elle se fait sentir de nouveau au retour du printemps, quoiqu’elle ait été parfaitement guérie. Il en est de même du froment, de la ciguë & de la violette. Pline cité par James.

APS.

APS. Ville autrefois épiscopale, maintenant bourg du Vivarès en France. Alpia, Alba Helvetiorum. Elle est proche de Viviers, qui s’est formé de ses ruines, & où son évêché a été transféré.