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Martis Curia, la Cour de Mars. Voyez sur l’Aréopage & les Aréopagites le P. Salien dans ses Annales à l’année 2538, S. Aug. De Civ. Lib. XVIII. cap. 10, & les Notes de Vivez, Pollux, Liv. VIII. Isid. Pelus, Lib. II, ep. 91. Sam. Petit, Leges Attic, sur tout Liv. III, Tit. 2. Meursius déjà cité, & Vosius, Areopag.

☞ Comme l’Aréopage étoit célèbre par sa réputation de sagesse & d’intégrité, on dit figurément d’une compagnie respectable, que c’est un Aréopage : & généralement on applique ce mot à une assemblée de Juges, de Magistrats, d’Hommes d’état.

ARÉOPAGITE. s. m. Sénateur, Juge de l’Aréopage. Areopagita, Aréopagites. Solon établit le premier les Aréopagites. D’autres prétendent que les Aréopagites furent établis du vivant de Cécrops, l’année que mourut Aaron , qui fut l’an du monde 2553 ; que Solon ne fit que mettre des règlemens dans l’Aréopage, & lui donner de la considération ; ou plutôt, que Draco l’ayant aboli, Solon le rétablit.

Au reste, Démosthène lui-même, dans sa harangue contre Aristocrate, déclare qu’il ne voit pas clair dans l’origine de l’Aréopage, & dit, Les Instituteurs de ce Tribunal, quels qu’ils soient, ou Dieux, ou Héros. Ainsi ce que l’on en dit, ne doit point passer pour certain.

☞ Quelques-uns ont cru que saint Denis, premier Evêque d’Athènes, étoit Aréopagite. Les Moines de saint Denis ont cherché à confondre ce Denis avec saint Denis premier Evêque de Paris.

ARÉOPAGITIQUE. Areopagitica Hilduini. On appelle les Aréopagitiques d’Hilduin, une Histoire de saint Denis qu’Hilduin Abbé de saint Denis, composa au IXe siècle par ordre de Louis le Débonnaire, dans laquelle il soutient que le premier Evêque de Paris, est le même que saint Denis l’Aréopagite, & où il le fait aussi Auteur des écrits attribués à saint Denis l’Aréopagite. Les Aréopagitiques d’Hilduin ont été imprimés à Cologne en 1563. Voyez au mot Denys.

ARÉOSTYLE. s. m. Terme de l’ancienne Architecture, signifie un édifice dont les colonnes sont éloignées les unes des autres de huit ou dix modules, c’est-à-dire, extraordinairement éloignées. Arcostylos. Ce mot vient du grec ἀραιὁς, rare, & στυλἡ, colonne. Selon Vitruve, la plus grande distance qui peut être entre les colonnes de cette sorte d’édifice, est de huit modules ou quatre diamètres. ☞ Il est opposé au pycnostyle, dont les colonnes sont si pressées, que les entrecolonnemens n’ont qu’un diamètre & demi de chaque colonne.

ARÉOTECTONIQUE. s. f. ou adj. pris substantivement. Terme de Fortification. Partie de l’Architecture militaire qui regarde l’attaque, & le combat.

ARÉOTIQUE. s. m. Areoticus. Médicament qui ouvre les pores, & les rend plus larges, pour faciliter la transpiration.

AREQUE. s. m. Voyez Areca

ARÉQUIPA. Ville du Pérou. Arequipa. Elle est dans la Vallée de Quilca, à cent lieues de Lima. ☞ C’est le siège d’un Evêque suffragant de cette dernière ville. Le séjour en est très-agréable. L’air y est fort tempéré, le plus pur de tout le Pérou.

ARER. v. n. Arare. Terme de Marine. C’est chasser sur les ancres. Ce qui se dit d’un vaisseau quand il traîne l’ancre.

ARESCUEL. s. m. Vieux mot, qui signifie manche, manubrium. Borel.

Une lance rude à merveille,
Lui ont eus en poing d’estre mise,
Et il l’a par l’arescuel prise. Perceval.

ARESGNER. v. a. Vieux mot, qui veut dire, arrêter un cheval par les rênes. Borel.

Si a son cheval aresgné. Perceval

ARESGOL. Voyez Haresgol.

ARESTINGA. Cap de Perse. Arestinga promontorium, autrefois Alambatera extrema. Il est dans le Kherman, au midi de la ville de Guadel.

Arestinga, est aussi une île de Perse, Arestinga. Elle est sur la côte du Kerman, près du cap dont on vient de parler. On croit que c’est la Liba des Anciens.

ARETE, s. f. La partie dure & solide des poissons, qui soutient leur chair comme les os soutiennent celle des autres animaux. Spina. La vive a une arête dont la piqûre est fort dangereuse. Poisson qui a beaucoup d’arêtes. Poisson sans arêtes. Ménage dérive ce mot de arista, à cause de la ressemblance qu’il y a entre les épis & les arêtes des poissons. Aussi l’arête s’appelle en latin arista.

En termes de Charpenterie, on appelle du bois scié à vive arête, lorsqu’on en ôte tout l’aubier, ou le bois blanc qui est auprès de l’écorce, & que les angles de la pièce ouvragée sont de bois dur & solide, & bien marqués. On appelle aussi vives arêtes, les angles vifs des pierres, & des autres corps taillés en angle. On appelle aussi des voûtes en arête, les voûtes à ogives. Camera fectis ac politis lapidibus decussata. Les voûtes d’arête n’ont pas une si grande poussée. Arête de lunette, c’est l’angle où une lunette se croise avec un berceau. L’arête d’une enclume, est le bord d’une enclume. L’arête d’une épée, est l’élévation qui regne le long de quelques lames d’épée.

Arête de glacis, est la jonction du talus formé à tous les angles.

Arête. Terme de Chapelier. C’est l’extrémité par où l’on arrondit un chapeau, & où l’on coud ce que l’on appelle un bord de chapeau.

Arête, est aussi un terme d’Orfévre, & c’est la partie de la cuiller élevée sur le cuilleron.

Arête, se dit encore des plats & des assiettes ; & c’est l’extrêmité du bord du plat, & de l’assiette du côté du fond.

Arête. Terme de Botanique employé pour exprimer cette partie animée & pointue qui termine le fruit de quelques espèces de chiendent, ou qui termine leurs balles, qu’on doit regarder comme le calice des fleurs des plantes fromentacées. On dit glumæ aristatæ, des balles terminées par des arêtes, aristæ recurvæ, arêtes coudées. L’aristoloche longue d’Amérique a un fruit divisé en six angles arrondis, dont le dos est surchargé d’une arête ronde & élevée. P. Plum.

Arêtes, en termes de Manège, ce sont des galles & tumeurs qui viennent sur les nerfs des jambes de derrière d’un cheval, entre le jaret, & le paturon. On appelle aussi des Arêtes, les queues des chevaux dégarnies de poil, qu’on appelle Queues de rat.

ARÉTHUSE. Ville de Sicile. Voyez Fornacuse, ou Fornacusa.

Aréthuse. Terme de Mythologie. Arethusa. Fontaine de Sicile, proche de Syracuse. Les Anciens ont cru que l’Alphée, fleuve du Péloponèse, passant sous la mer par des conduits souterrains, venoit reparoître en Sicile & former la fontaine Aréthuse, ou du moins mêler ses eaux avec elle ; & Pline, Liv. II. ch. 103, dit que ce qu’on jette dans l’Alphée se retrouve dans la fontaine Aréthuse. C’est sur cela que les Poëtes ont fondé la fable de l’amour d’Alphée pour la Nymphe Aréthuse, & de la métamophorse de la Nymphe en fontaine. ☞ Alphée, disent-ils, ayant apperçu Aréthuse dans le bain, en devint éperdument amoureux. Pour se soustraire à ses poursuites, Aréthuse pria Diane, dont elle étoit compagne, de la changer en fontaine. Diane écouta favorablement sa prière : la Nymphe fut métamorphosée en fontaine, & placée auprès de Syracuse : mais l’amoureux Alphée la reconnut sous ce déguisement, & traversa la mer pour mêler ses eaux avec celles de sa chère Aréthuse, avec laquelle il sort de terre se trouvant dans un même lit. Bochart, Phaleg. Liv. I. ch. 28, croit que ce nom est Phénicien ; qu’il vient d’ארית, arith, qui signifie un ruisseau, un étang ; que cette fontaine s’est aussi appelée ען אלפיא. En Alphia, la Fontaine des navires, parce que les vaisseaux y alloient faire de l’eau, ou ען הלפיא, En Alphia, la Fontaine des saules, parce qu’elle en étoit peut-être en-

tourée,