Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/525

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On appelle improprement Aristoloche creuse, petite Aristoloche ronde, les racines de deux espèces de fumeterre, nommée Fumaria radice cavâ & non carâ. Quoique ces racines aient beaucoup d’amertume, & qu’elles conviennent par leurs couleurs avec l’Aristoloche ronde ordinaire, on doit cependant distinguer ces deux racines, & ne les pas confondre. Parmi les Aristoloches ; on range encore deux à trois sortes de racines menues, brunes & fibreuses, dont l’odeur est très-forte & très-aromatique, & qu’on nous apporte de Virginie sous le nom de Vipérine de Virginie. Plukenet distingue fort bien ces trois variétés, & en donne des figures dans son Phytographia. On se sert de ces racines contre la morsure des bêtes venimeuses, dans les fièvres malignes & la petite vérole. Sa vertu alexipharmaque lui a fait donner le nom de Vipérine.

Outre ces espèces, il y en a plusieurs autres découvertes dans le Levant & en Amérique ; mais elles ne sont pas employées. Le P. Plumier connut en Amérique cette plante à sa racine, qui est amère, & c’est par-là, autant que par ses fleurs, qu’il la distingua de la Contrahierva, dont Nard, Ant. Rech. parle dans son VIII Livre, ch. 58, & qu’il crut avoir trouvée la première fois qu’il découvrit l’Aristoloche longue de l’Amérique, qu’il décrit ainsi pag. 91 & 92. Sa racine a plus d’un pied de long, & près d’un pouce d’épaisseur : elle est enfoncée droite dans la terre, & finit par quelques sous-divisions : son écorce est grosse & noire en dehors, & toute découpée en long par de longues fentes ; le dedans est jaunâtre, & d’un goût fort amer : les tiges qu’elle pousse sont menues, lisses, rondes, & rampent fort avant sur les haies : elles sont entrecoupées de plusieurs nœuds, à chacun desquels il y a une feuille taillée presque comme un fer à cheval, dont les deux bouts sont émoussés ; ces feuilles ont un peu plus d’un pouce d’étendue ; & leur pédicule a environ un demi pouce de long : elles sont lisses, membraneuses, d’un beau vert par dessus, un peu pales par-dessous, & chargées en long de deux ou trois nervures qui partent d’une petite côte qui est un alongement du pédicule. Les fleurs sont presque de la même figure que celles de nos Aristoloches, mais beaucoup plus élargies dans leurs ouvertures, ayant aussi la langue pointue, & plus étendue : elles sont jaunes pâles, & veinées de rouge brun. Le fruit est gros comme un œuf de pigeon, ayant une pointe émoussée vers le bout d’en bas : il est divisé en six angles arrondis, dont le dos est surchargé d’une arête ronde & élevée : il est aussi divisé en dedans en six cellules pleines de semences noires, plates, fort minces, arrondies par un bout & pointues par l’autre, rangées de plat les unes sur les autres. Je l’ai vue en fleur en Novembre & en Décembre, & en fruit en Février & Mars. P. Plum. Il l’appelle Aristoloche longue, montante, à feuilles en fer de cheval.

ARISTOPHANEÏON. s. m. C’est le nom d’un emplâtre émollient, composé de quatre livres de poix, de deux livres d’apochyma, d’une livre de cire, d’une once d’opopanax, & d’une demi-pinte de vinaigre. Ἀριστοφανειον. Dict. de James.

ARISTOTE. s. m. Nom propre d’homme, célèbre Philosophe de l’antiquité, qui fut surnommé le Prince des Philosophes. Aristoteles. Ce nom s’est formé du latin, ou du grec par apocope, c’est-à-dire, par le retranchement de la dernière syllabe, contre l’usage de notre langue. Car on dit Praxitéle, Pyrgotéle, & non point Arisotéle ; mais Aristote. Philippe souffroit qu’Aristote lui fit des leçons sur l’art de régner. Tourr.

ARISTOTÉLÈS. s. f. C’est le nom que les Astronomes donnent à une des taches de la lune, qui est la vingt-troisième dans le catalogue du P. Riccioli.

ARISTOTÉLICIEN, ENNE. s. m. & f. Philosophe qui suit la doctrine, les sentimens & la méthode d’Aristote. Aristotelicus, a, um. Caracalla avoit la fantaisie de vouloir imiter le grand Alexandre ; & parce qu’on disoit qu’Aristote avoit contribué à la mort de ce conquérant, il haissoit tous les Aristotéliciens. Tillem.

Ce mot est aussi adjectif. Un philosophe, un dogme Aristotélicien. La secte Aristotélicienne. Molière, dans son Mariage forcé, introduit un Philosophe Aristotélicien qui dispute avec chaleur, pour savoir s’il faut dire la forme ou la figure d’un chapeau.

☞ ARISTOTÉLISME. s. m. Doctrine d’Aristote & de ses partisans, qui a été en vogue dans les écoles jusqu’au temps de Descartes.

ARITÉNOÏDE. s. f.. Aritenos. Terme d’Anatomie. C’est le troisième des cartilages du larynx, ainsi appelé, parce qu’il ressemble au bec d’une aiguière ; il est placé dans le tiroïde, & est soutenu par l’annulaire : il ferme la partie postérieure du larynx. Dionis.

ARITÉNOÏDIEN. s. m. M. Dodard, Acad. des Sciences, 1700. Mem p. 268, &c. écrit Aritænoidien. Terme d’Anatomie, qui se dit d’une paire des muscles fermeurs du larynx. La première paire des fermeurs sont les petits Ariténoidiens, nommés Ariariténoïdiens, à cause qu’ils prennent leur origine de la partie postérieure & inférieure de l’Ariténoïde, & s’insèrent obliquement au même cartilage pour le resserrer. Dionis.

ARITHMANTIE. s. f. Arithmanthia. C’est l’art de deviner, de connoitre & de prédire par les nombres. Cardan l’appelle Arithmomantie, Arithmomantia, & cela est mieux ; car ce nom vient d’ἀριθμος, & de μαντεία, qui veulent dire nombre & divination ; d’où se doit former Arithmomantie, & non pas Arithmantie. L’Arithmomancie, comme les autres divinations semblables, est une extravagance. La Gématrie, qui est la première espèce de la cabale judaïque, est une sorte d’Arithmomantie.

ARITHMÉTICIEN, ENNE. s. m. & f. Qui enseigne, ou qui sait bien l’Arithmétique. Arithmeticus. Les principaux Arithméticiens, ou Auteurs qui ont traité de l’Arithmétique, sont Diophante, imprimé à Toulouse avec les Commentaires de Bachet, & les observarions de Fermat ; Tacquet Jés. dont l’Arithmétique, qui est en latin, a éte traduire en Anglois, Wingate, Williford, Moor, Parson, Jeak Wel, Ward, Newton, Arithmetica universalis, à Cambridge 1707.

ARITHMÉTIQUE. s. f. ☞ Science des nombres : science qui fait partie des Mathématiques, qui considere les propriétés des nombres, & apprend à calculer avec facilité. Arithmetica. L’Arithmétique & la Géométrie sont les fondemens de toutes les Mathématiques. Les quatre premières règles d’Arithmétique sont l’addition, la soustraction, la multiplication & la division. Toute l’Arithmétique est renfermée dans ces quatre règles : car les règles de trois, de compagnie, d’alliage, de fausse position, & l’extraction des racines carrées & cubiques, ne se font que par les diverses applications de ces quatre premières règles. Il faut ajouter, que bien que ces quatre règles soient fort simples, elles ne laissent pas de paroitre obscures, même après les définitions que l’on en donne, à moins qu’elles ne soient appliquées à quelque exemple. Roh. Il y a une Arithmétique mémoriale. Charlemagne amena de Rome des Maîtres de Grammaire & d’Arithmétique, & établit partout des écoles. Fleur.

Arithmétique théorique. C’est la science des propriétés & des rapports des nombres abstraits, avec les démonstrations des différentes règles.

Arithmétique pratique. C’est celle qui ne s’en tient pas à la simple spéculation, mais qui passe à l’exécution, & apprend à faire les différens calculs, les différentes opérations.

Arithmétique numérale. C’est celle qui emploie les chiffres ordinaires dans les opérations.

Arithmétique instrumentale. C’est celle où les règles communes s’exécutent par le moyen de certains instrumens imaginés pour abréger les opérations.

Arithmétique spécieuse, ou littérale. C’est celle qui emploie les lettres de l’alphabet. Voyez Algèbre.

Arithmétique binaire. C’est une invention de M. Leibnitz. Le calcul ordinaire se fait suivant la progression de dix en dix. On se sert de dix caractères: 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Et puis allant à dix, on recommence, & l’on écrit dix par 10 ; dix fois dix ou cent, 100 ; dix fois cent ou mille, 1000 ; dix fois mille par 10000, & ainsi de suite. Au lieu de la progression de