Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/529

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se découpent en plusieurs lanières, à peu-près comme celles de la queue de pourceau, mais plus charnues, d’un vert plus brun : d’entre ses feuilles s’élève une tige haute de trois ou quatre pieds, garnie de feuilles pareilles à celles du bas, si ce n’est que les découpures, ou lanières, sont plus longues & plus étroites. Cette tige est cannelée en dehors, fongueuse en dedans, & se divise en quelques branches terminées par des ombelles de fleurs jaunes, auxquelles succède un fruit composé de deux semences un peu plates, semblables à des grains d’orge. Elles sont couvertes d’une matière spongieuse, lisse & ovale dans quelques espèces, cannelées dans quelques autres. La décoction de ces fruits sert à teindre les cheveux en jaune doré.

ARMATEUR. s. m. Pirata, est le commandant de quelque vaisseau armé en guerre, pour courir sur les vaisseaux du parti contraire. C’est une espèce de pirate ; mais qui a pourtant une commission, ou pouvoir de faire un armement. On comprend sous ce nom ceux qui sont intéressés à cet armement, qui arment à leurs frais ce vaisseau, pour aller en course ; & par extension on le dit du vaisseau même. On l’appelle aussi Capre, avec cette différence, que capre ne se dit que d’un très-petit bâtiment destiné à aller en course ; & armateur se dit des plus grands bâtimens corsaires, & armés par des particuliers.

ARMATURE. s. f. Terme de Lithologie. C’est dans les pierres figurées une croûte métallique & luisante qui les couvre, & qui paroit avoir été avec la pierre même. Armatura.

Armature. Terme d’Architecture. On se sert de ce mot dans l’Architecture, pour signifier les barres, clefs, boulons, étriers, & autres liens de fer, dont on se sert pour fortifier une poutre éclatée, & pour retenir un grand assemblage de charpente.

☞ On le dit de même en termes de Fondeurs, de l’assemblage des différentes barres de fer qui servent à porter le noyau d’une statue de bronze.

ARME. s. f. Tout ce qui sert dans le combat, soit pour attaquer, soit pour le défendre. Arma. Arme offensive, comme épée, pistolet, Arma ad nocendum. Arme défensive, comme bouclier, cuirasse. Arma ad tegendum. Arme à feu, le mousquet. Arme de trait, l’arc, l’arbalète. Arme à hampe, la hallebarde, la pique, la lance, &c. Un trophée d’armes. Des armes enchantées.

On s’en sert au pluriel en une plus étroite signification, pour marquer seulement les armes défensives d’un homme de guerre, comme la cuirasse & le pot. Il est allé à la tranchée, tout nu, & sans armes. Il avoit des armes à l’épreuve. Il reçut un coup dans ses armes.

☞ ARME, ARMURE, synonymes. Arme, dit M l’Abbé Girard, est tout ce qui sert au soldat dans le combat, soit pour attaquer, soit pour se défendre. Armure n’est d’usage que pour ce qui sert à le défendre des atteintes ou des effets du coup, & seulement dans le détail, en nommant quelque partie du corps. On dit, par exemple, une armure de tête, une armure de cuisse. Mais on ne dit pas en général les armures, on se sert alors du mot armes.

☞ On n’alloit autrefois au combat qu’après avoir revêtu de son armure particulière chaque partie de son corps, pour empêcher ou diminuer l’effet de l’arme offensive : aujourd’hui on y va sans toutes ces précautions. Est-ce valeur ? Etoit-ce poltronnerie ? Je ne le crois pas ; le goût & la mode ont décidé de ces usages ainsi que de tous les autres, Voyez Armure.

☞ On dit, être bien sous les armes ; pour dire, avoir bonne grâce quand on est armé, quand on a la pique à la main, ou le mousquet sur l’épaule.

Aux Armes. Cri par lequel on avertit une troupe de gens de guerre de prendre les armes. Crier aux armes. Ad arma conclamare.

☞ Faire passer un soldat par les armes, c’est le faire mourir à coups de fusil, par le Jugement du conseil de guerre. Plombeis glandibus necare.

Procope fait une description des armes de l’ancienne Infanterie Françoise, & de leur manière de combattre, qui a assez de rapport à celle que Sidoine Apollinaire en avoit faite plusieurs années auparavant. Ils n’ont, dit Procope, ni arc, ni flèche ; mais un bouclier à une main, & une hache dans l’autre, dont le fer est fort gros & a deux tranchans ; le manche est de bois & fort court ; au premier signal du combat, dès qu’ils sont à portée, chacun lance sa hache contre le bouclier de celui qu’il attaque, le casse, & alors mettant l’épée à la main, il se jette sur lui & le tue. P. Dan. Les armes des anciens François étoient la hallebarde, la massue, la fronde, le maillet, l’angon, la hache, l’épée. Les François étoient si agiles qu’ils tomboient sur leur ennemi aussitôt, pour ainsi parler, que le trait qu’ils lançoient sur lui. Leurs épées étoient si larges, & l’acier en étoit si fin, qu’elles coupoient un homme en deux. Pour armes défensives ils n’avoient que le bouclier, fait d’un bois léger & poli, & couvert d’un bon cuir bouilli. Le Gendre. Jean V, Duc de Bretagne, dans un édit du 20 Mars 1424, fait ainsi le dénombrement des armes en usage en ce temps-là : ceux qui sauroient tirer de l’arc, qu’ils aient arc, trousse, cappeline, coustille, hache ou mail de plomb, & soient armés de fortes Jacques, garnies de laisches, chaînes, ou mailles, pour couvrir les bras ; & ceux qui ne savent tirer de l’arc, qu’ils soient armés de Jacques, & aient cappelines, coustilles, haches, ou bouges ; & avec ce aient paniers de tremble, ou autre bois plus convenable, qu’ils pourront trouver, & soient les paniers longs à couvrir haut & bas. Louis XI, en 1480, ou 1481, introduisit en France les armes des Suisses, c’est— à-dire, la hallebarde, la pique, & les larges épées, qui lui parurent plus propres pour la guerre, avec les arquebuses ; & il commença à abolir l’usage de l’arc & de la flèche. P. Dan. Jusque bien avant dans le XIe siècle, il n’étoit point permis d’entrer dans l’église avec des armes ; on les laissoit à la porte, quand on en avoit.

Il y a une apologie pour M de la Rocheposay Évêque de Poitiers, contre ceux qui disent qu’il est défendu aux Ecclésiastiques de porter les armes. L’Auteur de ce Livre qui parut Sans nom, in-8°, l’an 1615, & que quelqu’un a appelé l’Alcoran de l’Evêque de Poitiers, est le fameux Jean Du Vergier de Haurane, Abbé de S. Cyran. C’est le premier de ses ouvrages. De Vig. Mar.

Nicod dérive ce mot d’une phrase latine, quòd operiant armos, parce qu’elles couvrent les épaules, ou les flancs. Mais il est plus naturel de le dériver du latin arma, que Varron dérive ab arcendo, eò quòd arceant hostes. Et le P. Pezron enchérissant sur Nicod dit, si qu’arme vient du celtique arm, qui signifie la même chose, & que tout cela vient du mot celtique armm, qui signifie toute l’épaule jusqu’au poignet de la main, & d’où est venu armilla, bracelet, qu’on met sur le poignet, & qui étoit beaucoup en usage chez les Celtes & les anciens Peuples ; que d’armm, épaule, s’est fait arme, parce qu’anciennement les armes ordinaires, telles qu’étoient le bouclier, le carquois & les flèches, se portoient sur les épaules. Pezr. Ant. des Celt. Guichard tire ce nom arme, de l’hébreu הרם haram, qui signifie, tuer, perdre, détruire, ravager.

Voyez dans Du Cange un inventaire tiré des registres de la Chambre des Comptes de l’an 1316, où est fait un dénombrement fort curieux de plusieurs armes anciennes du Roi, maintenant inconnues, & hors d’usage. On tient que les premières armes étoient de bois, & qu’on s’en servoit seulement contre les bêtes ; que Nembroth, le premier tyran du monde, les employa contre les hommes ; & que son fils Bélus fut le premier qui fit la guerre, d’où, selon quelques-uns, elle a été appelée bellum. Diodore croit que Bélus est le même que Mars, qui le premier dressa des soldats. Et Josephe dit que Moyse fut le premier qui arma les troupes avec du fer, leur donnant en Egypte le bouclier, & le pot en tête. On s’est servi autrefois d’armes d’airain & même de pierre, avant que les armes de fer fussent en usage.

Armes doubles. s. f. pl. Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on fait des armes doubles. On en voit dans des cabinets d’armes, gardées par curiosité, comme des pistolets ajustés avec une épée, d’autres avec un sabre, d’autres avec une hache d’armes. A la hache d’armes le