Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/556

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Et donnant aux vaincus cette funeste guerre ;

Vous avez mis aux fers les maîtres de la terre.
Bréb.

Les Arsacides commencèrent à régner en Arsaces, sous Séleucus II, surnommé Callinicus, le troisième Roi Séleucide, environ 250 ans avant Jésus-Christ, jusque sous l’Empereur Aléxandre, qu’Artaxercès tua Artabanus, le dernier des Arsacides, l’an de Jésus-Christ 227. Ainsi les Arsacides régnèrent environ 470 ou 480 ans. On prétend que l’Empereur Basile de Macédoine, qui tenoit l’empire l’an de Jésus-Christ 866 étoit encore de la race des Arsacides.

Les Poëtes, comme nous l’avons dit, transportent quelquefois ce nom aux Parthes, qu’ils appellent aussi Arsacides ; parce qu’ils confondoient ces peuples, ou parce que les Perses ayant dominé avant les Grecs, ils ont regardé l’affranchissement des Parthes tirés de la domination des Grecs, comme une espèce de rétablissement de la monarchie des Perses, parce qu’ils ont cru, comme les Historiens des Perses dont nous avons parlé, qu’Arsaces, & par conséquent les Arsacides étoient véritablement Persans d’origine. Ce mot n’est guère d’usage en prose, on peut cependant le dire, pour signifier la famille des Rois Parthes, descendus d’Arsaces.

ARSAGO. Village du Milanez, en Italie. Ara Cæsaris. Il est environ à quatre lieues au nord de Milan, entre Saron & Albate.

☞ ARSAMAS. Ville de l’Empire Russien, au pays des Morduates sur la route de Moscow, à Astracan.

ARSASONTHAMAR. Ville de la Terre-Sainte, nommée autrement Engaddi. Voyez ce nom.

ARSAT. Le pays d’Arsat. Nom d’une contrée du Rouergue, en France. Arisitensis pagus. Elle tire son nom de l’ancien Arisitum, dont on y voit encore les masures, & qui étoit une ville épiscopale de l’Aquitaine.

ARSCHIN. s. m. Mesure étendue dont on se sert à la Chine pour mesurer les étoffes. Elle est de la même longueur que l’aune de Hollande, qui contient deux piés onze lignes de Roi.

ARSCHOT. Petite ville du Brabant, dans les Pays-Bas. Ariscotium, Arschotium. Elle est dans le quartier de Louvain, sur le Démer. Le duché d’Arschot est une seigneurie dont cette ville est capitale, & qui s’étend sur l’un & l’autre bord du Démer, depuis la terre de Sichem, jusqua la seigneurie de Malines.

ARSEIROLE. Fruit qui vient de l’aubépine, entée sur le tronc du coignassier. Ce fruit est petit, de la figure d’une pomme pointue, de couleur rouge : son goût est âpre, ne pouvant être mangé qu’en confiture, ou bien dans le vinaigre, avec du sel, pour servir de même que les câpres. De Serres.

ARSEN. s. m. On nomme ainsi à Caffa, principale échelle de la mer-Noire, le pic ou mesure d’étendue qui sert à mesurer les draperies & les soieries. Celle pour les toiles se nomme simplement Pic.

☞ ARSENAL, ou ARCENAL. s. m. Armamentarium. Furetière, Joubert, Richelet donnent le choix des deux manières d’écrire. L’Académie écrit Arsenal. C’est un lieu destiné à la fabrique & à la garde des armes & munitions de guerre. Quelques auteurs font venir ce mot d’Arx, forteresse ; d’autres le dérivent d’ars qu’ils expliquent par machines ; il y en a d’autres qui disent que ce mot est composé d’arx & de senatus, comme étant la défense du Sénat & d’autres enfin le font venir d’arnesau, mot arabe qui signifie ce que nous entendons par arsenal. Mais comme tous ces Messieeurs sont d’accord pour le pluriel arcenaux, on arsenaux, je crois qu’on peut écrire Arsenal, ou Arcenal.

☞ L’Arsenal, est un magasin d’armes & de toutes sortes d’instrumens de guerre, soit pour la terre, soit pour la mer.

On lit sur la porte de l’arsenal de Paris cette inscription.

Ætna hæc Henrico Vulcania tela ministrat,
Tela Gigantæos debellatura furores.

L’arsenal de Venise est le lieu où se fabriquent & conservent les galères ; l’arsenal de Paris, où l’on fond des canons ; l’arsenal de Côme, où on fabrique des mousquets : l’arsenal de la Salpêtrière, où on fait le salpêtre.

Arsenal. Terme de Marine. Grand bâtiment près d’un port, où le Roi entretient les Officiers de Marine, ses vaisseaux, & les choses nécessaires pour les armer.

☞ C’est aussi l’enclos particulier qui sert à la construction des vaisseaux & à la fabrique des armes.

Arsenal, se dit dans un sens figuré du lieu où l’on serre, où l’on garde, où l’on enferme quelque chose. Mais cela n’est bon qu’en style familier ou burlesque.

Pendant quelque heure je sommeille,
Et sitôt que je me réveille,
Je trie de mon arsenal

Horace, Perse ou Juvénal. M. de Malezieu,
dans les divertissemens de Seaux.

ARSENIC. s. m. Minéral fort caustique, & poison fort violent. Arsenicum. Si tu t’ennuies de vivre, tu t’enverras dans l’autre monde avec un grain d’arsenic. Ablanc. Il y a trois sortes d’arsenic ; le blanc, qui est quelquefois transparent ; le jaune, qui est l’orpiment ; & le rouge, qui est le réalgar, ou réagal ; Voyez ce mot, ou Sandaraque. Ces minéraux sont d’une nature si subtile & si pénétrante, qu’étant alliés avec les métaux, ils les ouvrent, les corrompent, & les transforment presque en une autre nature. Ils blanchissent le cuivre, le laiton, & le plomb, comme l’argent. Ils sont chauds, secs & corrosifs, & dangereux à toute chose ayant vie. Ils se lèvent par feuilles comme du papier. L’arsenic est comme une suie ou un suc minéral, gras & onctueux, qui participe de la nature du soufre. Cette suie s’amasse dans les tuyaux des fourneaux où l’on calcine une pierre minérale qu’on appelle cobalt, cobaltum. De cette pierre on tire encore par différentes fusions le bleu d’azur, le safre & le bismuth. Voyez les ouvrages de M. Sthale Médecin. C’est celui qui a le mieux traité cette matière, qui nous a été si long-temps inconnue. Il y a une lettre de M. Blaio, Médecin Anglois, touchant les effets de l’arsenic sur le corps humain. L’arsenic qu’on apporte ici d’ordinaire, & qu’on appelle cristalin, parce qu’il ressemble à du crystal, est une matière sublimée de parties égales de sel marin & d’orpiment en poudre mêlées ensemble dans des vaisseaux sublimatoires.

Quelques-uns tirent le mot d’arsenic du grec ἄρσην, qui signifie mâle, à cause de sa vertu tout-à-fait mâle pour donner la mort, Martinius.

En termes de Chimie, on appelle Rubis d’arsenic, une préparation de l’arsenic vulgaire, qu’on fait avec du soufre par des sublimations plusieurs fois réitérées qui lui donnent la couleur de rubis. On prétend qu’alors il n’est plus nuisible, mais qu’il sert de remède à plusieurs maladies, quand on le donne dans des confitures, conserves, ou loocs, pour provoquer les sueurs, & guérir les ulcères rebelles. Un tel remède doit être toujours extrêmement suspect ; & on ne doit point s’en servir intérieurement.

Le beurre, qui est d’une nature huileuse & émolliente, & qui lâche le ventre, quand on en prend en quantité, est bon contre l’arsenic. Le lait de vache est encore bon contre l’arsenic, & contre les poisons corrosifs, pourvu qu’on boive de ce lait en quantité, & autant qu’on a soif ; car on est ordinairement fort altéré après qu’on a pris cette sorte de poison. Degori.

Régule d’arsenic, c’est la partie la plus fixe & la plus compacte de l’arsenic, qu’on prépare avec les cendres gravelées & le savon ; faisant fondre le tout, & le jetant tout fondu dans un mortier : par ce moyen la partie la plus pesante tombe au fond. Il y a aussi de l’huile caustique d’arsenic, qui est une liqueur butireuse, semblable au beurre d’antimoine, qu’on prépare avec l’arsenic & le sublimé corrosif. Cette huile sert pour consumer les chairs baveuses des plaies, & à emporter la carie des os. L’esprit qui sort le premier est fort corrosif, & capable