Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/571

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

les littéraires de la mer Baltique, l’an 1699, au mois de Juin, p. 174.

ASA.

☞ ASAD-ABAD. Ville, ou gros bourg de Perse, dans l’Irac-Agemi, aux frontières du Curdistan, à six ou sept lieues de chemin de Hamadan.

ASAN. Ville de la Terre-Sainte. Asan. Elle fut d’abord attribuée à la tribu de Juda, ensuite elle fut donnée à celle de Siméon, & aux Lévites. Il y avoit proche de cette ville un lac qui prenoit son nom, & s’appeloit le lac à d’Asan.

ASAPHAT. s. m. C’est une espèce de serpigo, ou d’impetigo, ou gratelle entre cuir & chair, qui engendre dans les pores des espèces de vers, qui sortent de la peau, lorsqu’on la presse, en forme de longs filets avec une tête noire. Asaphatum. Dict. de James.

ASAPPE, ou comme écrivent M. d’Herbelot & D. C. AZAPE. s. m. C’est un nom turc. Asappi. Les Turcs appellent Asappes, les troupes auxiliaires qu’ils lèvent parmi les Chrétiens de leur domination, & qu’ils exposent au premier choc des ennemis ; afin que les janissaires & les spahis fondent ensuite tout frais sur l’ennemi déjà fatigué. Voyez Hornius Orbis Politici, pag. 32. M. d’Herbelot, au mot Azabistan, dit, Azabistan, les Azappes, les recrues, les nouvelles troupes, dans lesquelles on n’enrôle que des gens libres & non mariés. C’est un mot arabe habillé à la persienne. Les Azappes sont comme aventuriers, qui sont si peu estimés, qu’ils servent quelquefois de pont à la cavalerie pour passer dans les mauvais chemins, & de fascines pour remplir les fossés des places qu’on assiège. La plûpart sont encore Turcs naturels. Ils vont tous à pied, & n’ont que ce qu’ils peuvent prendre sur l’ennemi. Voyage du Levant par D. C.

Ce nom vient du verbe turc, Saph, qui signifie, rang, file, ordre de bataille, d’où se forme asphaph, ranger en bataille.

ASARATH. Terme de Botanique. C’est une plante des Indes presque semblable au chanvre. Ses feuilles ressemblent parfaitement à celles du chanvre. On pile les feuilles & les semences de cette plante, & l’on en fait une espèce de confection avec le musc, & quelques aromates, dont les Persans & les Indiens se servent pour s’échauffer le sang, & pour se donner de l’appétit. Quand ils veulent oublier leurs chagrins, & même leurs maux, ils mêlent dans cette confection de l’aréca, qui n’est point encore mûr, & même de l’opium ; & cela les fait dormir sans inquiétude. Cette composition est fort estimée dans toutes les parties de l’Asie. Lémery.

ASARINE. s. f. Asarina. Plante ainsi appelée par je ne fais quelle ressemblance avec le cabaret, ou Asurum ; autre plante d’un caractère bien différent. L’Asarine croit sur les rochers dans les Cévennes, en Languedoc ; ses racines qui sont assez menues, cependant vivaces, jettent quelques tiges deçà & de-là, couchées par terre, rampantes, longues d’un demi-pied environ, velues, & garnies de feuilles alternes semblables à celles du lierre terrestre, mais plus charnues, & couvertes d’un poil blanchâtre. Ses fleurs, qui naissent des aisselles des feuilles, ressemblent à celles du mufle de veau : elles sont jaunâtres ou pâles. Son fruit approche de celui de la linaire, en sorte que l’Asarine ne se distingue du mufle de veau que par son fruit, & de la linaire par sa fleur, qui n’a point d’éperon. Cette plante n’est pas usitée en Médecine, quoique Lobel lui attribue plusieurs propriétés. On dit qu’elle est apéritive & abstersive.

ASARUM. s. m. Asarum. Plante. Ses tiges sont très-courtes. Ses fleurs sont en forme de clochettes & odorantes. L’asarum est toujours vert. Les Médecins s’en servent pour atténuer, pour résoudre, pour guérir les duretés du foie & de la rate. Voyez Assara Baccara.

ASB.

ASBAMÉEN. Jupiter avoit un temple dans la Cappadoce, auprès de la ville de Tyane, où il étoit adoré sous le nom de Jupiter. Asbaméen. Voyez Am. Marcellin.

☞ Il y avoit aussi une fontaine de ce nom, consacrée à Jupiter, dont les eaux étoient fatales aux mechans & aux parjures. Voyez Philostrate. Vit. Apollo.

☞ ASBANIQUET. Ville d’Asie, dans la province de la Transoxane. Longitude 90°. 30’, latitude septentrionale 40°.

ASBESTE. Asbestinum. Matière incombustible. On prétend que c’est une espèce de lin fort délié, & aussi fin que la soie, lequel croit sur les Pyrénées. Les Anciens parlent de certains linceuls dans lesquels ils brûloient les morts, & que le feu ne consumoit point. On peut voir une expérience de l’asbeste dans les Transactions Philosophiques d’Angleterre, de Juin 1685. C’est une pierre noirâtre qu’on appelle aussi Amiante. Elle se divise en filamens blancs, qui ont servi à faire les linceuls dont les Anciens ont parlé. Quelque temps qu’on la laisse dans le feu, elle ne se consume pas, quoiqu’elle soit en feu comme un charbon allumé. On en trouve dans l’île de Négrepont ; & c’est celle qui est appelée Carystius lapis par les Naturalistes.

ASBIN. Royaume d’Afrique. Regnum asbinum. Il est dans la côte d’Or, en Guinée, & est très-petit.

ASBOURG. Village d’Allemagne. Asciburgium. Il est dans le comté de Meurs, au levant de la ville de ce nom.

ASC.

☞ ASCAGNE. Nom propre. Ascanius, fils d’Enée & de Creuse. Il passa dans le Latium avec son père, après la ruine de Troie, où il fonda la ville d’Albe.

ASCALAPHE. s. m. Etoit fils de l’Achéron, selon la fable.

ASCALON. Ascalon, Ascalo ; en hébreu, אשקלון Ville qui signifie appensio, statera, l’action de peser, ou balance ; ou bien ignis prophanus, feu prophane, ou infâme, selon qu’on le dérive de שקל, peser ou de אש et קלה, d’où se forme קלון, ignominie, infamie. Ascalon étoit une des Satrapies des Philistins, & par conséquent elle étoit de Palestine. Cependant Josephe, Ant. Liv. V, Ch. 3, la met dans l’Idumée supérieure. Le Géographe Etienne dit qu’elle fut bâtie par Ascalus, fils d’Hymenée. C’est apparemment une fable. L’Ecriture ne nous apprend rien de son fondateur. Hégésippe l’éloigne de 720 stades de Jérusalem. Azot, Gaza, Ascalon, Geth & Accaron, étoit les cinq villes capitales des cinq provinces des PhiListins. Saci. Ascalon a eu un évêché suffragant de Jérusalem. On l’appelle aujourd’hui Scalona. Maty.

Ascalon, est représentée sur les médailles, sous la figure d’une femme couronnée de tours, appuyée delà main droite sur une haste, & tenant de la gauche le bec ou l’éperon d’un navire, & ayant à droite un autel, & à gauche un pigeon. Voyez Tristan, pag. 304 ; Patin, pag. 151 & le Cardinal Noris, pag. 431. Diodore de Sicile dit que Derceto, Déesse des Philistins, ayant mis au monde une fille, en eut tant de honte, qu’elle l’exposa dans un lieu désert ; mais que des pigeons la nourrirent de lait d’abord, puis de fromage qu’ils alloient prendre dans les maisons des paysans, & qu’ils lui apportoient dans leur bec, & lui mettoient dans la bouche. C’est, selon le Cardinal Noris, la rasion pourquoi Ascalon a des pigeons dans ses médailles. Hérode orna fort Ascalon, parce que c’étoit sa patrie.

ASCALONITE. f m. & f. Qui est d’Ascalon, natif originaire, habitant d’Ascalon. Ascalonita, Ascalonites. Le premier Hérode, surnommé le Grand, sous le règne duquel Jésus-Christ vint au monde, étoit Ascalonite.

Ascalonite. s. & adj. C’est le nom ou épithète que l’on donne aux échalottes. On les appelle ainsi à cause qu’elles viennent de la ville d’Ascalon, en Judée.

ASCANIE. Petite ville d’Allemagne. Ascania. Elle est dans la principauté d’Anhalt, sur le Wipper, près d’Ascherichen. Ascanie est fort ancienne, & a titre de comté. Les Comtes d’Ascanie sont la tige des Princes d’Anhalt.