Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/89

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aux Archevêques & Evêques, pourvu qu’il y ait nécessité pressante, & que ce soit en connoissance de cause. La différence que les Canonistes mettent entre l’accès & le regrès, c’est que les regrès habent causam de præterito, parce qu’il faut avoir eu droit au bénéfice ; & l’accès, habet causam de futuro. Rassicot.

Accès, se dit aussi en Médecine des retours périodiques de certaines maladies, qui laissent quelques bons intervalles. Accessio, accessus. Il a eu un accès de fièvre, de goutte. Il lui prend quelquefois un accès de folie. En ce sens il se dit aussi seul, & sans ajouter le nom de la maladie. L’accès a été long & violent.

Accès, se dit aussi au figuré & dans les choses morales. Il signifie alors, mouvement intérieur & passager, en-conséquence duquel on agit. Il a des accès de dévotion, des accès de libéralité.

ACCESSIBLE. adj. m. & f. Ce qui peut être approché. Ad quem facilis est aditus. On le dit des lieux & des personnes. L’humeur farouche de ce Juge fait qu’il n’est accessible qu’à peu de gens. Il étoit accessible à toute heure & à tout le monde. Le Gend. Cette place n’est accessible que par un seul endroit.

ACCESSION. s. f. Terme de pratique. L’action d’aller dans un lieu. Accessio. Le Juge a ordonné une accession de lieu, pour dresser procès verbal de l’état des choses. Dans ce sens accession est la même chose que descente & visite d’un lieu.

Accession, en droit, signifie aussi l’union d’une chose à une autre que l’on possédoit déjà ; en ce cas c’est la même chose qu’accroissement : s’approprier un fonds par droit d’accession. Le droit explique diverses sortes d’accessions, en vertu desquelles une chose jointe à une autre accroît au profit du propriétaire de la chose à laquelle l’autre a été unie. La pourpre par voie d’accession appartient au maître du drap avec lequel elle a été confondue par la teinture. Inst. P. 2, T. i.

Accession. Terme de droit public, signifie l’action d’accéder à un traité. Il sera permis aux autres Puissances d’entrer dans ce traité : le terme d’accession sera d’une année. Acte d’accession de la part des Puissances belligérantes.

On peut aussi le dire du consentement que l’on donne à un acte, à un traité entre particuliers. L’accession du pere au contrat de mariage du fils.

ACCESSIT. s. m. Terme de Collége, emprunté du Latin pour désigner la récompense qu’on donne à l’écolier qui a approché du prix. Un tel a eu le premier accessit, c’est-à-dire, il a le plus approché du prix. Le second accessit. Il a eu trois accessit, c’est-à-dire, il a approché du prix en trois différens genres de composition.

Ce mot est latin, & vient de ce qu’après avoir donné les prix, on nomme ceux qui en ont approché le plus près, en disant : Ad hos proximè accesserunt.

Accessit, se dit dans le Conclave, d’un scrutin dans lequel des Cardinaux quittent le parti qu’ils avoient suivi jusque-là, & joignent leurs voix à celles d’un autre parti pour le fortifier. Le Cardinal Polus n’eut que vingt-six voix, tant au scrutin qu’à l’accessit. Dupin. Le Cardinal eut dix-huit voix au scrutin, & vingt-six à l’accessit. Id. On dit aussi Accès. Voyez ce mot.

ACCESSOIRE. s. m. Dépendance du principal, ce qui n’est regardé que comme la suite ou l’accompagnement de quelque chose de principal. Accessio. Les dépens, qui ne sont qu’un accessoire, montent souvent plus haut que le principal. L’accessoire doit céder au principal. La caution dans le contrat est un accessoire qui fortifie le contrat, & par cette raison il est condamné comme le principal obligé, parce que l’accessoire tient de la nature du principal. Ce mot est général, & comprend les intérêts, les fruits, les dépendances & les suites des choses principales : ainsi les fruits d’un fonds pendans par les racines appartiennent à celui qui a obtenu gain de cause en action réelle, comme étant les accessoires du fonds.

M. l’Abbé Fleury dans le discours qui est à la tête du treizième tome de son Hist. Eccles. dit, en parlant des Pélerinages, que sur la fin de l’onzième siècle, on préféra ce petit accessoire à l’essentiel de la Religion.

Accessoire, se prend figurément pour un état fâcheux. Status acerbus. Il étoit dans un étrange accessoire. On ne s’en sert plus en ce sens.

Accessoire, pris pour adjectif, se dit de ce qui n’est point de l’essence d’une chose, mais que l’on y joint comme un accompagnement, comme une dépendance ou une suite. Adscitus, adventitius. Une dette accessoire, une idée accessoire.

Accessoire, en matière de Pharmacie, veut dire un changement qui arrive au médicament par des causes extérieures, & qui augmente, ou diminue sa valeur, son action.

Accessoire, en peinture, sont des choses que l’on fait entrer dans la composition d’un tableau, qui, sans y être absolument nécessaires, servent beaucoup à l’embellir, lorsque le Peintre sait les placer, sans choquer les convenances.

l’Accessoire du long extenseur des orteils, en termes d’Anatomie, est une masse charnue, longuette & plate, située obliquement sous la plante du pied. Ce muscle a été autrefois appelé la chair carrée de la plante du pied, à cause de sa situation & de sa figure. Winslow.

Accessoire de Willis ; Accessorius Willisii, est, en termes d’Anatomie, un nerf, que nous appelons le Spinal. Voyez ce mot. Les nerfs accessoires appartiennent à la huitième paire, & naissent par plusieurs filets des deux côtés de la moëlle de l’épine du cou, quelquefois plus haut, quelquefois plus bas. Ils montent chacun entre les plans nerveux qui sortent latéralement de la moëlle de l’épine pour former les nerfs vertébraux ; & à mesure qu’ils montent, ils grossissent par les filets qu’ils reçoivent des plans nerveux postérieurs.

ACCHO. Accho. Ville de Phénicie. Elle fut donnée à la Tribu d’Aser ; mais cette Tribu n’en chassa point les Chananéens, ou Phéniciens, non plus que de quelques autres lieux dont il est parlé au Ch. i du Liv. des Juges v. 31. Quelques-uns veulent que ce soit la même qu’Acé, ou Ptolémaïs. Bochart, Chanaan, C. 2, dit que c’est Acon, que Jacques de Vitry, dans son Histoire d’Orient, C. 25 écrit Accon. Voyez sur cet endroit les notes d’André Hojux, p. 461, de l’édition de Douai 1597, & Fuller. Miscell. Liv. iv, C. 15.

Etienne a tort de chercher dans la langue grecque l’étymologie de ce nom ; encore plus Josephe de le faire venir d’ἀρχή, principium. C’est un mot purement Hébreu, ou Phénicien, עכו, que quelques-uns interpretent compressus, ou consractus ; mais dont nous ne savons pas la vraie signification.

ACCIA. Ville de Corse, autrefois épiscopale. Accia. Elle est au nord de l’Île, entre la rivière de Golo, & celle de Tavignano. Accia ayant été ruinée, son évéché a été uni à celui de Mariana.

☞ ACCIDENT. s. m. Cas fortuit ; ce qui arrive par hasard. casus. Il y a des gens à qui la faveur arrive comme un accident ; ils en sont surpris les premiers. La Bruy. Quand ce mot est mis seul, & sans adjectif qui en détermine le sens, il se prend presque toujours en mauvaise part. Il arrive quelquefois des accidens, d’où il faut être un peu fou pour se bien tirer. Rochef. C’est dans les Hôpitaux que se rassemblent toutes les infirmités & tous les accidens de la vie humaine. Flech.

☞ Accident, dit M. l’Abbé Girard, se dit de ce qui arrive de fâcheux, soit à un seul, soit à plusieurs particuliers ; & il s’applique également aux faits qui ne sont pas personnels, comme à ceux qui le sont. Il me semble, dit-il, que le hasard a moins de part dans l’idée d’événement, que dans celle d’accident & d’aventure.

Dans l’usage ordinaire, accident se prend souvent comme synonyme de malheur, comme annonçant & désignant un fâcheux événement. Casus adversus. La différence qui se trouve alors entre ces deux mots, consiste en ce que le mot malheur s’applique particulièrement aux événemens de fortune & de choses étrangères à la personne ; au lieu que l’accident regarde proprement ce qui arrive dans la personne même. On dit un grand malheur, un cruel accident. C’est un accident de tomber ou d’être blessé.