Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, II.djvu/631

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Haro. Dans les Lettres de Chancellerie on met, Nonobstant clameur de haro, Chartre Normande, & autres Lettres à ce contraires.

Clameur au ciel. Plainte autrefois contre les usurpateurs du bien d’autrui. Clamor, querela, provocation ad Deum ; expostulatio ad Deum, cœlestis auxilii, ou vindictæ inclamatio. Quelquefois ceux qui usurpoient le bien des particuliers étoient des Seigneurs si puissans, qu’il étoit inutile d’user contre eux des voies ordinaires de la Justice. Alors on se contentoit de les citer devant Dieu, avec des cérémonies qui ne manquoient guère de leur donner de la terreur, & de les engager à la restitution. Ce fut ainsi que Thomas de S. Jean, ayant usurpé quelques terres du Mont S. Michel, les Moines firent une Litanie contre lui, & la chantèrent publiquement pendant la Messe, jusqu’à ce que l’usurpateur, effrayé, vint se jeter à leurs piés, pour leur demander miséricorde. Lobineau, T. I, p. 202. C’est là ce qu’il appelle Clameur au ciel.

Clameur est aussi un vieux mot très-fréquent dans la Coutume de Normandie, & dans les loix d’Angleterre. La clameur féodale, & la clameur lignagère, sont la même chose que le retrait lignager. Denuntiatio prærogativæ ad retinendum prædium gentilitium. L’une & l’autre clameur peut être intentée par le Seigneur, ou par le plus proche parent, dans l’an & jour du contrat de vente. On appelle aussi clameur révocatoire, l’action qui naît de la Loi 2. G. de res. vend. pour la résolution d’un contrat pour lésion d’autre moitié de juste prix. Voyez Retrait.

CLAMEUSE, adj. f. qui ne se dit point au masculin. C’est un terme de droit canon & de Théologie morale. Qui fait du bruit, qui se fait avec grand bruit. Clamosa. Il ne se dit qu’avec le mot chasse, & l’on appelle chasse clameuse, la chasse qui se fait avec grand bruit. La chasse clameuse est étroitement défendue aux Ecclésiastiques. Venatio clamosa.

Au diable, l’un qui fera ses clamours
Pour vous prier. Marot.

CLAMP, s. m. autrement jumelle. C’est un terme de Marine, qui signifie une certaine piece de bois qu’on applique contre un mât, ou contre une vergue, pour les fortifier, & empêcher que le bois n’éclate. Clamp est aussi une petite piece de bois en forme de rouet, qu’on met au lieu de poulie dans une mortoise. On appelle clamp de mât, une longue mortoise qui est dans le haut d’un mât ou d’une hune, & où il y a un demi-rond fait du même mât sur lequel passe l’itague ou itache.

CLAMPONNER ou CLAPONNIER. s. & adj. m. Cheval clamponnier est celui qui est long jointé, c’est-à-dire, qui a des paturons longs, effilés & trop plians. On ne se sert plus guère de ce terme. Cependant Guillet de la Guilletiere l’a employé dans son Dictionnaire de Manège.

CLAMYS. s. f. Vêtement militaire des Anciens, qui se portoit sur la tunique, & qui étoit en temps de guerre ce qu’étoit la toge en temps de paix. Chlamys. Ces Ambassadeurs (de l’Empereur Anastase) présentèrent à Clovis la robe de pourpre, avec cette espèce de manteau, qu’on appeloit clamys, & une couronne d’or couverte de pierreries. Ces ornemens étoient ceux des Patrices. Cordem. à la réserve de la couronne, que l’Empereur seul portoit. Il y avoit quatre ou cinq espèces de clamys ; celle des enfans, celle des femmes, & celle des hommes, qui se divisoit encore en celle du peuple, ou du vulgaire, & celle de l'Empereur.

CLAMZ, s. m. terme de Commerce. Petite monnoie d’argent billonné qui a cours aux Indes Orientales, & vaut onze deniers d’argent de France. Savory.

CLAND, s. m. terme de Charpenterie. Les clans sont les bouts des pièces de lieures qui sont sous les portelos pour attacher les bordages des bateaux foncets & autres.

CLAN ou CLAND. s. m. Terme de Parcheminier, qui signifie un instrument de bois, qui sert à arrêter au haut de la herse, les peaux de parchemin en cosse, ou en croûte, qu’on veut raturer avec le fer, sur le sommier.

Clan. s. m. Nom qu’on donne en Ecosse & en Irlande à une tribu formée d’un certain nombre de familles. Acad. Fr.

☞ CLANCHINOLTEPEC. Ville de l’Amérique Septentrionale au Mexique, dans la province de Panuco.

CLANGULAIRES. Nom de Secte. Voyez CLANGULAIRES.

CLANDESTIN, INE. adj. Qui se fait secrettement, en cachette, & contre la Loi. Son principale usage est, en parlant des mariages & des assemblées. Clandestinus. Assemblée clandestine, Mariage clandestin. Le Concile de Trente & l’Ordonnance annullent les mariages clandestins.

Il paroît par plusieurs Chapitres du titre de Clandestina desponsatione, dans les Décrétales de Grégoire IX, qu’autrefois on appelloit clandestin, tout mariage qu’on ne pouvoit prouver par témoins avoit été célébré, quoiqu’il l’eût été en présence d’un Prêtre. Dans les Cours laïques, on appelle mariage clandestin, celui qui se fait dans garder les solemnités prescrites par les Canons & par les loix civiles, & on réduit ces solemnités à quatre choses. La premiere, c’est d’avoir dans les mariages des enfans de famille, le consentement de leurs pares. La seconde, c’est la publication des bans. La troisieme, c’est la bénédiction Sacerdotale. La quatrieme, c’est la présence du Curé & des témoins. Confér. d’Ang. Mais, à parler selon l’esprit du Concile de Trente, il n’y a que les mariages que l’on contracte hors de la présence du Curé, ou de quelqu’autre Prêtre commis par lui, ou par l’Evêque Diocésain, & de deux ou trois témoins, qu’on puisse appeler proprement clandestins ; car la clandestinité dont le Concile a fait un empêchement dirimant, ne convient qu’à ces sortes de mariages. Id. Quoique ces sortes de mariages clandestins fussent illicites avant le Concile de Trente, comme étant défendus par l’Eglise, néanmoins ils n’étoient pas invalides, parce que l’Eglise ne les avoit pas encore rendus nuls. Même, depuis ce Concile, ils ne sont pas censés nuls & invalides dans les lieux où les Décrets du Concile n’ont été ni publiés, ni reçus.

Ce mot vient de la préposition clàm, qui vient ou de ϰλεία (kleia) claudo, ou de ϰλέμμα (klemma) furtum, de σϰεπάζο (skepazo) furor, abscondo.

CLANDESTINE, s. f. ou l’herbe cachée, ou l’herbe pour la matrice. Clandestina. Plante qui croît dans les endroits humides, & qui est en partie cachée dans la terre. Sa racine est longue & traçante, spongieuse & un peu jaunâtre ; elle pousse quelques tiges, ou branches cachées presqu’entièrement dans la terre. Elles sont couvertes d’écailles placées assez près les unes des autres, épaisses, blanchâtres, & qui lui tiennent lieu de feuilles. Quelques-unes des extrémités de ces tiges, qui sortent quelques pouces hors de terre, sont chargées de fleurs en masque d’une seule pièce, découpées en deux lévres comme dans le Lamium. Elles sont purpurines ou bleuâtres, rarement blanches, & ont peu d’odeur. Leur calice, qui est crénelé, pousse un pistil qui enfile la fleur, & qui devient, après la chûte de cette fleur, un fruit qui n’a qu’une cavité, & qui s’ouvre en