Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, II.djvu/673

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par lequel on désigne le nombre ou la quantité qui est devant une quantité algébrique, & qui le multiplie. Ainsi la grandeur 2b a le nombre 2 pour coefficient. Dans les équations d’Algèbre, on ne compte pour différens termes que ceux où l’inconnue a différens degrés. Elles est seule dans le premier terme, qui est celui où elle a le degré le plus élevé ; mais dans les autres termes où elle est à un degré moins élevé, elle se mêle avec des grandeurs connues, & alors ces grandeurs connues s’appellent Coëfficients ; Coëfficients du second terme, si elles entrent dans le second terme de l’équation, qui est celui où l’inconnue ne baisse encore que d’un degré : Coëfficients du troisième terme, si elles entrent dans le terme où l’inconnue baisse de deux degrés, &c.

☞ Il ne faut pas confondre coëfficient & exposant. Le premier qui se met devant la grandeur, est le signe de l’addition, & sert à marquer combien de fois elle est ajoutée à elle-même. 3b marque que la quantité b est prise trois fois. Ainsi en supposant b=9, 3b=27, c’est-à-dire vaudront 27. Au lieu que l’exposant qui se met après la quantité, est le signe de la multiplication, & sert à marquer combien de fois la quantité est multipliée par elle-même. Dans b3, l’exposant 3 fait connoître que la quantité b est multipliée deux fois par elle-même. Ainsi en supposant toujours b=9, b3 sera 9 multiplié par 9 c’est-à-dire 81x9=729.

COËFFURE, s. f. ☞ tout ce qui sert à couvrir ou orner la tête. Le Turban est la coëffure des Turcs. Capitis tegmen, tegumentum. Il se prend plus particulièrement pour ce qui sert à couvrir la tête des femmes. Les paysannes, les bourgeoises & les demoiselles étoient autrefois distinguées par leur coëffure.

☞ La coëffure des femmes est un édifice à plusieurs étages dont l’ordre & la structure changent selon leurs caprices. La Bruy. Quelquefois les coëffures montent insensiblement, & une révolution les fait descendre tout-à-coup. Il a été un temps que leur hauteur immense mettoit le visage d’une femme au milieu d’elle-même. Montesq.

Corporeque in medio dixeris esse caput.

☞ Aujourd’hui les femmes ont trouvé le secret de se coëffer sans coëffure. Elles ne sont plus coëffées qu’en cheveux.

Le P. Est. Chamillart a donné, dans ses dissertations, la description de la coëffure de plusieurs Impératrices, telle qu’elle est représentée sur les médailles. Plusieurs écrivent coiffure avec l’Académie.

COÉGAL, ALE, ad. terme de Théologie, qui ne se dit que du mystère de la Sainte Trinité. Coæqualis, coæquus. Le fils est coégal au Pere.

☞ COÉGALITÉ. s. f. Qualité de choses égales ; rapport qui se trouve entre plusieurs choses égales. Les Ariens, les Macédoniens nioient la Coégalité des trois personnes de la Trinité.

☞ COÉLECTEUR, s. m. qui élit conjointement avec un ou plusieurs autres. Il eut l’adresse de faire nommer pour la plûpart des Coélecteurs, ceux de ses amis dont il étoit le plus assûré. Vertot.

CŒLESYRIE, contrée de Syrie, à laquelle divers Auteurs donnent une étendue différente. Cœlesyria. Proprement la Cœlesyrie étoit la grande vallée qui s’étend entre le Liban & l’Antiliban. Quelques-uns y comprennent le pays de Damas, & tout ce qui est entre la Syrie propre, la Phénicie, & la Palestine. D’autres la poussent jusqu’à l’Arabie & l’Egypte. Pline & Mela l’appellent simplement Cœle. Aujourd’hui on la nomme Bocalbalbec.

Ce nom est composé de Κοίλη, & de Συρία, Syrie. Κοῖλος, κοίλη, en Grec signifie creux ; ainsi la Cœlesyrie n’est autre chose que la Syrie creuse ; c’est-à-dire, la partie de Syrie la plus basse, & la plus creuse.

CŒLIA, nom propre d’une famille de l’ancienne Rome. Cœlia gens. La famie Cœlia étoit plébéïenne, mais illustre, & il en est peu dont il soit plus parlé dans les Auteurs Romains. Les médailles de cette famille écrivent Coel ou Coil. Cœlius ou Coilus. On trouve aux Cœlius sur les médailles les prénoms Cacius, & P. Publius, & le surnom Cald ou tout au long Caldus.

CŒLIAQUE, adj. m. & f. terme de Médecine. On appelle passion cœliaque, flux cœliaque, passio cœliaca ; fluxus cœliacus, un flux de ventre chyleux, dans lequel le chyle sort par les selles confondu avec les excrémens, ce qui les rend cendrées, grisâtres, ou blanchâtres. Cœliaque vient du mot Grec κοιλία, ventre, parce que c’est le siége de la maladie. Col de Villars. Quelques-uns écrivent Céliaque, mais sans avoir égard à l’étimologie. Voyez ce mot.

☞ CŒLISPEX, surnom d’Appollon ainsi appelé d’une statue tournée du côté du Mont Cœlius, ou qui avoit le regard vers le ciel.

☞ CŒLOMA, s. m. terme de Chirurgie ; par lequel on désigne une espèce d’ulcère de la cornée, cause ordinairement par des humeurs âcres qui se jettent sur les yeux.

☞ CŒLUS, terme de Mythologie. Voyez Ciel, Divinité.

CŒLIUS. s. m. Ce nom est purement latin ; outre qu’il est souvent nom propre d’homme, c’est encore celui d’une des sept montagnes de Rome ; mais en ce cas il ne se dit jamais seul ; il faut y joindre en françois le mot mont, comme en latin mons, Mons Cœlius. Le mont Cœlius fut ainsi nommé, dit-on, d’un Chef des Etruriens, qui secourut Romulus, ou Tarquin, & qui se nommoit Cœlius, ou selon Tacite Cœles Vibenna. Les Tursques l’appeloient Mastarna. Les Romains le nommèrent d’abord Querquelulanum, parce qu’il y avoit beaucoup de chênes, ensuite tuscus Vicus, & Suétone dit que Tibere le fit appeler Mons Augustus. In Tib. Cap. 48. Il s’appelle aujourd’hui le Mont de S. Jean, parce que l’Eglise de S. Jean de Latran est dessus.

COËMENT. Vieux adv. Tranquillement, sans bruit. Tranquille, sine strepitu, tacite. Dans l’ordonnance & manière de faire les Chevaliers du Bain, il est dit : Les gentils saiges Chevaliers entreront en la chambre tout coëment sans noise faire.

COËNE. Voyez Couene.

CŒNOBIARQUE. Voyez CÉNOBIARQUE.
CŒNOBITE. CÉNOBITE.
CŒNOBITIQUE. CÉNOBITIQUE.

CŒPHORES. s. m. pl. C’est le titre d’une Tragédie d’Eschyle dont le sujet est la mort d’Egiste, & de Clytemnestre, & qui a pour le chœur des filles étrangères qui portent des présens au tombeau d’Agamemnon. Cœphores signifie des personnes qui portent des libations. De χέω fundo, je verse.

COËQUE ou COEHQUE, s. m. terme de la Relation. C’est le nom du Roi des Cafres nommés Cochocas, qui sont vers le Cap de Bonne Espérance. Le Coëque prétend être Roi de tous les Cafres qui demeurent aux environs du Cap à quatre-vingt lieues à la ronde ; mais quelques Voyageurs disent que ce Royaume consiste en quatre ou cinq cens familles qui habitent quinze ou seize villages, & dont les plus grandes richesses consistent en bestiaux, puisque l’on y compte plus de cent mille bêtes à corne, sans compter les bêtes à crins, &c.

COERCITIF, IVE. adj. Qui renferme le droit de coercition. Qui jus coercendi habet. Ce Magistrat a une puissance coercitive sur les habitans de sa Juridiction.

COERCITION, s. f. terme de Palais. ☞ C’est proprement le droit qu’on a de contraindre quelqu’un à faire son devoir. Coercitio. C’est un des attributs de la justice. Les Abbés commendataires n’ont pas le droit de coercition sur les Religieux. Ce mot vient du latin coercere, réprimer. Il ne faut pas confondre le droit de coercition avec celui de correction. Les supérieurs Réguliers ont droit de correction modérée sur les Religieux, mais ils n’ont pas le droit de coer-