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sacras Litteras, in divinæ suæ legationis munere, appellare consuevit : nam per occasionem ex ipsis etiam sese a Deo missum Deumque déclarat ; ex ipsis argumenta petit ad discipulos erudiendos, ad doctrinam confirmandam suam ; earumdem testimonia et a calumniis vindicat obtrectantium, et Sadducæis ac Pharisæis ad coarguendum opponit, in ipsumque Satanam, impudentius sollicitantem, retorquet ; easdemque sub ipsum vitæ exitum usurpavit, explanavitque discipulis redivivus, usque dum ad Patris gloriam ascendit.

Ejus autem voce præceptisque Apostoli conformati, tametsi dabat ipse signa et prodigia fieri per manus eorum[1], magnam tamen efficacitatem ex divinis traxerunt Libris, ut christianam sapientiam late gentibus persuadèrent, ut Judæorum pervicaciam frangèrent, ut hæreses comprimerent erumpentes. Id apertum ex ipsorum concionibus, in primis Beati Petri, quas, in argumentum firmissimum præscriptionis novæ dictis Veteris Testamenti fere contexuerunt ; idque ipsum patet ex Matthæi et Joannis Evangeliis atque ex Catholicis, quae vocantur, epistolis ; luculentissime vero ex ejus testimonio qui « ad pedes Gamalielis Legem Moysi et Prophetas se didicisse gloriatur, ut armatus spiritualibus telis postea diceret confidenter : Arma militias nostræ non carnalia sunt, sed potentia Deo[2] ».

Per exempla igitur Christi Domini et Apostolorum omnes intelligant, tirones præsertim militiae sacræ quanti faciendae sint divinae Litteræ et quo ipsi studio, qua religione ad idem veluti armamentarium accedere debeant. Nam catholicaa veritatis doctrinam qui habeant apud doctos vel indoctos tractandam, nulla uspiam de Deo, suramo et perfectissimo bono, deque operibus gloriam caritatemque ipsius prodentibus, suppetet eis vel cumulatior copia vel amplior prædicatio. De Servatore autem humani generis nihil uberius expressiusve quam ea, quae in universo habentur Biblio


ses miracles acquit l’autorité, par l’autorité mérita la foi et par la foi gagna la multitude », avait coutume, dans l’exercice de sa mission divine, d’en appeler aux Saintes Ecritures : c’est par elles qu’il montre, à l’occasion, qu’il est envoyé de Dieu et Dieu lui-même ; c’est à elles qu’il emprunte des arguments pour instruire ses disciples et appuyer sa doctrine ; c’est leur témoignage qu’il invoque contré les calomnies de ses adversaires, qu’il oppose en réponse aux Sadducéens et aux Pharisiens, et qu’il retourne contre Satan lui-même et contre l’impudence de ses sollicitations ; c’est encore à elles qu’il recourt à la fin de sa vie, les expliquant à ses disciples après sa résurrection, jusqu’au jour où il monte dans la gloire de son Père.

Les Apôtres se sont conformés à la parole et aux préceptes du Maître, et quoiqu’il leur eût donné le pouvoir de faire des prodiges et des miracles par leurs mains, ils ont tiré des Livres divins un puissant moyen d’action pour répandre au loin parmi les nations la sagesse chrétienne, pour briser l’obstination des Juifs, et pour étouffer les hérésies naissantes. C’est ce qui ressort de leurs discours et, en première ligne, de ceux de saint Pierre, discours composés presque entièrement des paroles de l’Ancien Testament comme étant l’appui le plus ferme de la loi nouvelle ; c’est ce qui ressort aussi des Évangiles de saint Matthieu et de saint Jean, et des Épîtres appelées Catholiques, et plus évidemment encore du témoignage de celui qui « se glorifie d’avoir appris aux pieds de Gamaliel la loi de Moïse et les prophètes, et de s’y être muni des armes spirituelles qui lui donnaient ensuite la confiance de dire : Les armes de notre milice ne sont pas des armes charnelles, mais elles tiennent leur puissance de Dieu ».

Par ces exemples de Notre-Seigneur Jésus-Christ et des Apôtres, que tous, mais surtout les jeunes soldats de la milice sacrée, comprennent bien quelle estime ils doivent avoir pour les Livres Saints, avec quel amour et quelle religion ils doivent y recourir comme à un arsenal. Nulle part, en effet, ceux qui ont à exposer, aux savants comme aux ignorants, la doctrine de la vérité catholique, ne trouveront, sur Dieu, le bien suprême et souverainement parfait, et sur les œuvres qui nous révèlent sa gloire et sa bonté, une matière plus riche et de plus amples enseignements. Quant au Sauveur du genre humain, quoi de plus

  1. Act., xiv, 3.
  2. S. Hier., De studio Script., ad Paulin, ep. liii, 3.