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AMER 1
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trad de l’Amour de LEON HEBRiEu„ Dial. III, p. 355 — La susdite ville est… assise en un lieu amene et plaisant. Tu I EVEre Cosmogr., V1, Mercure diligent. Prend la fille à Neree par Ia main, et la meine Au grand mont Pelien aupres du val ameine, Que le fleuve Pence entour va arrousant. JEAN DORAT, Epithalarne d’Anne de Joyeuse, p. 24, — Sous les taillis D’une amene fresca.de. P.’MATTHIEU, Clytemnestre, I, p. 3. — Le dedans estoit un fecond, doux et amene sol.. ou la tem-perature de Pair„, faisoit naistre une admirable abondance. Du VAIR 5 Actions et Traictez oratoires, Exhortai. à la Paix, p. 65_ — Corner —une douce riviere qui rend amenes les rivages qu’elle de-trempe, St Frt.ANçois DE SALES, Lettres, 604. — Nature,., + Pa posée [la ville de Marseille] à un air doux et amene, à un coing de terre fertile et deli-cieux. Du VAR, Ouvert. (-1e$ Grands Jours à Marseille, en may 1612.

Amener. Citer. — Ils ameinnent aucuns lieux des Prophetes, où il semble que Dieu partisse la vertu de nostre conversion entre luy et MIS— CAL — VIN 5 inSdi., II, p.100. —Le lieu de Sainct Jacques, qu’ilz ameinemt pour confermer aussi leur erreur, sera aillieurs expliqué. ID., ib., IV, p. 209. — L’un et l’autre est tresbien declairé par ces parolles de sainct Paul que j’ay amenées cy dessus. in., ib. (1560), III, xi, 21 —-Je n’ameneray point de sainct Augustin tout ce qui pourroit servir à la cause mais je me contenteray en bref de rnonstrer qu’il est du tout de nostre costé. ID., ib., IV, xvii, 28. — Quant aux exemples grecs, mon intention a bien esté.„ de n’amener que ceux que je penserois estre ; es plus malaisez à trouver..1-1. EST L ENNEI COnfOrrnité, L. I, p. 48. — Encores ne ri-spond-il droictement aux exemples tant grecs que fra.n-çois que nous avons amenez cidessus. ID., ib., I, 2, p. 85. — ils ont aussi certaines façons de parler dont nous n’avons point amené d’exemples… ou les italianismes sont du tout cachez. ID.., Die du Lang. franç. ital., I, 134. — Tous les verbes que j’ay amenez pour exemple jusques ici sont d’une mesme sorte quant à la terminaison. ID., Precellence, p. 300. — C’est ce que Ciernent Alexandrin ameine d’Artabane. LE LOYER, Hist. des Spectres, VIII, S. — Je voudrois bien que, pour probation de leur dire, ils amenassent quelque passage de l’Escriture,. LA F11 FE Y, les Jaloux, Prologue.

Amener à compte, v. Compte.

S’amener. — C’esfoit bien raison, que s’estant luy rnesmes amené, il receust la somme ordonnée et promise à cellu.y qui Pameneroit. Bull É, Luta, du. Prince, ch. 28.

(Formes.) FUtier. — Par ainsi amenrez le Roy Dedans Paris et son arroy. GRIEN &ORE, St Loys, L. II, p. 52. — Ains quand son temps propre il verra, Justice a son poinct amerra.. Tu. D a BEIZE Ps. de DaQid, 94. — Seigneur, voyla cinq esclaves : si tu és un Dieu fier, qui te paisses de chair et de sang, mange les, et nous t’en amenons davantage. MoNTAIGNE, I. 29 (1, 252).

Amenité. Agrément. — Aussi tost qu’elles ont Gusté tes dicts d’excelse amenité. Epistre du Ly-mosin, dans Rabelais, III, 275. — La vie presente ha tousjours force delices pour nous attraire : et ha grande apparence d’amenité, de grace et. de doulceur, pour nous a.mieller. CALFI71.1 Instit., XVII, p. 812. — A cause des monts arrousez d’une infinité de ruisseaux et rivieres, qui causent telle arnenité en ce heu. TF1 EVET, COSMOgr., 11, 8. — iray choisi jusques à cette heure, à m’arrester et à me servir de celles où il y avait plus d’amœnité de lieu, commodité de logis, de vivres et de com-


pagnies. Montaigne, II, 37 (III, 225). — Cette pauvre femme luy veut donner une idée de l’allie-nit des collines chargées d’arbres et de fruits divers. St François de Sales, Sermons recueillis, 57(1, 234).

Ament, Insensé. — Je vous pry’, vrais amans, De n’aimer si très fort Que n’en soyez arnens Et encouriez la mort. Var. hist+ el litt., III, 351.

Amenté. — Vous qui… emplissez /es forestz Et de chiens et de sons et d’abois et de retz, Et faites, d’un trait d’arc que vote main décoche, Culbuter le sanglier si de vous il approche, Et. des voix de vos chiens, vivement ameniez, Fuir d’effroy les chevreuils et cerfs de tous costez. CL, 0.01.ucuET, te Plaisir des Champs, l’Esté, Chasse du Cerf. — Note de P. Blanchemain : J’ai déjà rencontré ce mot et j’ai mis ameutez, croyant. à une erreur typographique. Peut-être vient-il du verbe latin amepitare, qui signifie lier avec une courroie, QU lancer avec force. mi Ce dernier sens n’est pas invraisemblable ici.

Amenué. Exténué. — Las, combien d’indi-gens, transis, amenues, Re-languirent beantz+ L. PmLFON, Po.slourelle, 1, 1.

Amenuiser (trans.). Diminuer. — Car pour leur loz amenuiser N’ontsuffy Mores Afriquans. LE- MAIRE DE BELGES, let CO uronne Margaritiqu.e (IV, 52), — Et ensuyvant ceste Samaritaine, Laissa.y mon seau aveques la fontaine, Où tous les jours ne faisoys que puyser Et ne povoys ma soif amenuyser. MARC. DE NJILv., Deril Poés., les Prieuie.5. de la RÉtikC de Na., p. 204. — Sans plus son chant amenuysoit La douleur qu’il portoit en l’a, me, Et. plus douce encore luy faisoit Trouver son amoureuse ilarne. O. DE MA_G NY, Odes, 15.

Exténuer, affaiblir. — J’amenuise mon cœur d’une poison arnere, EL pleurs je fon mes yeux, BAÏF, Amour de Francine, L. I (I, 138). — Des pleurs, des maus, des sanglos et des plaintes Dont un bel œil ma vie amendisa… J’empli, Robert, tes mains chastement. saintes. O. DE Dern. Poés., p. 49. — Vertu n’est pas morte… Bien que foible et debille, et que mal recongnue Son Habit décousu la montre à deminue, Qu’elle ait sèche la chair, le corps amenuisé, Et. serve à contre-cœur le vice auctorisé, REcr1ER Sa. 2.

Amenuiser en poudre. Réduire en poudre. — Baste je niiray pas, et si j’y vay, Je fouldre l’haut tonnant m’esclatte, et m’amenuise en poudre. P. MATT1i1E1, i, Vasthi, II, p. 45. — Il a au ciel le foudre Pour tousjours ses haineux amenuiser en pouliche. ID., Aman, II, p. 45, — Mais mon bras justicier Escroulera sur toy son tonnerre et son fouIdre, Pour de mile tourmens t’amenuiser en pouldre. ID., ib., IV, p. 101.

Amenuiser (intrans.). Diminuer. — Les mar-chans et gens de rnestier N’ont plus rien, tout va à l’Eglise. Tous les jours mon bien arnenuyse. GRuirGoRE, le Prince des Setz, Sottie (I, 27)_

S’amenuiser. S’exténuer) s’épuiser. Traitres [ses yeux], puis que par vous en peine si cruelle, Mourant., je m’amenuise, endurez justement De vostre folle erreur le desservi tourment. BAÏF, Amour de Francine, L. Il (I, 160). — Le cerf.,.. D’un feu caché se detruit, et n’a cure, S’amenuisant, ny d’eau ny de pasture Mais furieux, sans repos, sans repas, Suit jour et nuit sa biche pas à pas. Eglogue 5 (III, 34

Amepithis. Plante.— Fueilles d’armoise, pimprenelle, chamedris, arnepithis, scolopendre, O. DE SERRES ; Théâtre d’Agric., VIII, 5.

Amer 1. (pris substantivement). Amertume. —