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AMENDEUR
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il est si bien amendé qu’ils luy declarent sa gua.-rison et permettent de retourner à son train de vivre a_ccoustumé. llorcroacriE, II, 13 11 390).

Amender (intrans4. ntre réparé. — Je vous voy estonnez et espoventez.. pour les maulx et dom-maiges que avez receuz iesquelz par a.dventure amenderont. SEYSSEL, trad. de THISCYD/DE, 13.

Être puni. — Tu ne recevras punition condigne, mais un peu plus gracieuse. Car tes presens sauveront quatre de tes filz, mais tu amenderas de par] la mort de ce-1111y que tu aymes singune-rament. SALIA.T, trad. d’IliftopoTE, VII, 39.

S’améliorer. — Beuvez dii meilleure attendons que l’autre amendera. RABELAIS, Parktagre Pinggnost., 10. — Il avoit celay… qui ne desira.st veoir les choses en autre estat, esperant chascune des parties que sa condition a.menderoit par k changement, et qu’elle viendrait au dessus de ses adversaires. ArriyoT, Solon, 29_ — Il en est peu Ede veuves], de qui la santé n’aille en amendant. MONTAIGNE, II, 35 (III, 178). Venir à un meilleur état.. — Croy que ce cueur de te congnoistre amande…_….mAttaT, Rondeaux, 5zi. — Quand elle le veit si maigre et deseoforé, ne se peut tenir de luy dire : Je ne sca.y, Monseigneur, comme ii vat de %rostre conscience, mais vostre corps n’a poinct amendé de ce pellerinaige. » MARG. DE NAV., HepÉdin., 26. — Si nous n’apportons une grande diseretion„ un grand soin, et exaete diligence en cet estude, nous y pouvons aussi-tost empirer qu’amender. Du VAIR, Chwert. du Parlement en 1606. Notre Mme de Chantal a esté rudement malade, mais maintenant se porte beaucoup mieux, et va tous les jours en amendant de santé. St FRANÇOIS DS SALES, Lettres, 658.

Devenir moins pénible. — Et à_ iceux demande Si ta douleur acroist, ou s’elle amende. Cm.. Fall.- TAtriffE, les XXI Epistres d’OVIDE, XIX, p. 386.

Profiter, bénéficier, tirer parti, hériter.—A justice est requis les yeulx hender, Lier les mains, posé qu’on la redouh te., Car en jugeant elle. ne doit veoir goute, Ne. prendre riens dont el puisse amender. GRIPITORE, les Folles Entreprises (I, — Quand l’on attribue à quelqu’un louenge de telle chose, dont il faict à blasrneri en desguisa.nt ses faicts de mauvais en bons,.. afin d’avoir sa bien veuil-lance, et d’en amender en biens temporels. SEyssn,. Hist. de Loue XII, p. 171, — Allez le trouver, et luy dictes que, s’il ne va vistement rendre sur Laurencin ce qu’il a pris, que jamais de m.oy n’amendera d’ung denier. LE LOYAL SERVITEUR, Hist. de Bayart, — Si j’eusse esté de la nature de ces peres rigoureux, je vous eusse desavouées pour filles, et jamais n’eussiez amendé de mon bien. DES PiRiRES, Now. Recr., 5. — Nul cleulx namende du butin. J. LE BLOND> trad. de TH. MoRUS l’Isle d’Utopie. L II, 87 vo. Nostre Seigneur pour nous donner courage de bien faire, veut bien accepter ce en quoy il n’a mil profit : il le requiert. comme s’il en amendait, et nous de-clare que ce ne sera point peine perdue. CALv iN,’ Serin. sur le liv. de Job, 82 (XXXIV, nO). — Je no veux pas dire que Lacedemone amende de ceste guerre, niais bien veux je maintenir qu’elle en reçoit moins de dommage que ne fait la ville d’Athenes. AC01 YOT, trad. de DIODORE., XIII, 19. Ledit Crassus n’amenda de son pere que de trois cens talens, toutesfois en la fin il amassa jusques à sept mil et cens talens. Cu. FONTAINE, Nouvelles et antiques merveilles, F. — Cesar Auguste ne laissa à ses heritiers que trois millions sept cens cinquante mil escuz, combien qu’il eut paravant


sa mort amandé de succession de ses amis de trente cinq millions d’escuz. ID., ib. — Que pleut à Dieu’que tu pusse contreindre Mon cueur à, ce ou le tien veut ateindre : Et qu’en toy fust pou4 voir de commander Ce dont tu vous par requeste a.ma.nder. ID, les XXI Episfres d’OvIDE, XVI, p.. ao7. — 11 [Crassus] allait flattant et caressant des femmes pour en amender. Amy oT, Compri !. de Crassus avec ! Vicias, 1. — Le deffunt tesmoignoit d’estre offensé contre luy… Simultez qui avaient passé si avant, que le deffunt avait declarà publiquement par plusieurs fois, qu’il ne vouloit point que les Bandons amendassent de son bien. Du VAIR, Arrests prononcez en robe rouge, 5.

Amandé. Diminué de prix. — II fut ordonné par le Bureau que les Sergens… auroien.t chacun huict sols parisis par jour pour la despense d’eux et de leurs chevaux, jusques à_ ce que les vivres fussent amendez. E. PASQUIEH, Recherches, II, 5. —-— Le premier [conte] fut d’un avaricieux et usurier, qui s’estant pendu de ce que le bled estoit amendé, voulut raire payer la corde à celuy qui l’avoit coupee pour luy sauver la vie. Gui ii BoucliET, 31e Seree (IV, 311).

Amendeur. Celui qui rend meilleur. — Ma bouche prononcer Ne mon coeur rien penser Ne puisse, qui ne plaise A toy, mon deffendeur, Saul--veur et amen.deur De ma vie mauvaise. MAROT, P. de Dapid, 17.

Amendrir (trans.). Amoindrir. Par blasphemer on amendrist prouesse. GRINGOrtEes, Folles enrepii&e I, 130). — La Vierge.., En ses saintz flancs porta virginalment Le lb de Dieu regnant eternelment, Sans amaindrir la puissant Dei te. Ane. _Poés. franç., III, 159. — Une cité qui se gouverne par raison ne doibt point faire dhon-neur daventaige a cellu.y q-ui a bien conseillé par dessus tous les anItres, ne aussi I-u.y amendrir ce !-luy quil avoit au paravant. SEIISSEL trad. de THUCYDIDE, HI, 7". Me semlInit avoir trouvé compaignie qui araaindrissoit mes ennuytz. Trad. de BoccicE, Flainmette (1537, ch. Iii,vo. (Intrans.) S'amoindrir. — Prenans allegresse !• L plaisirs dont que4ue foys ma douleur maindrissoit. Trad. de BOCCACEe Flamme-tic (1537), ch. v, 57 ro. — Assez suffit se je suis et rernains Trouvee belle du regard des humains, Et que mon loz n'amendrit ni ne change. CH. FOTVFAINE, les XXI Epistre d'OvinE, XVI., p. 302.

S'amendrir, S'amoindrir, — Par la delectation desquels se abolit ou amendrit la tristesse et me-'encolle des gens. SEYSSEL, trad. de TaucTDiDE, II, 7. — Par telles gens les choses publicques samendrissent, et. les particulieres se destruisent. ID., ib., VI, 3.

Amene. Agréable. En icelle planure estoit assii le chef de tout le Royaume, le noble Ilion.., en lieu amene et fertile, autant quart sauroit souhaiter. LEMAIIIS D E BEL ES. IlhiStr.i 11 21. Aucunes des autres Fees, si comme les Napees, sestudierent de taire sortir de plusieurs endroits de la montaigne plusieurs fontamette.s et ruisseaux coura.ns à douce noise, dont l'eaue estoit plus clerc que beryi, et le regard a.rnene et delectable. ID., ib., L 2. — ling millier de lieux sont là encore Et bort pays, qui la conté clecore, Tant bel, a.rnène, fecond et bien fertille Qu'à toutes choses vous le trouvez utille.. Anc. Poés. franç., VIII, 231. — Adone Cretin le mene Par un sentier odorant et amene. MA ROT, Compkinetes, 5. Aux choses phis delecta_blement delectables, comme sont... celles du toucher... a.vec la gracieuse et a.mene tomperie. Pontus du Thyard,