Page:Dictionnaire français illustré des mots et des choses - 1889 - Tome 3.djvu/252

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244 SANGUENIE — SANSONNET.

auels on a mis de la terre glaise humide et isposée en petites masses. Lorsque l’on veut appliquer une sangsue, il faut d’abord laver avec de l’eau tiède l’endroit de la peau où elle doit prendre ; puis, on place l’animal dans un verre, ou mieux dans une pomme creusée, que l’on maintient renversée sur la place lavée. Il arrive quelquefois, en Afrique, par exemple, que les hommes avalent des sangsues, avec l’eau qui leur sert de boisson ; elles peuvent déterminer des accidents graves. Pour se débarrasser de la sangsue on chique du tabac ; cette dernière substance est un poison très violent pour la sangsue et lui fait lâcher puise. Le genre renferme d’autres espèces, mais qui n’ont pas pour nousl’intérét de la sangsue médicinale. — Fig. Celui qui tire l’argent du peuple par des pratiques coupables, qui exige une trop forte rétribution de son travail ou qui vit aux dépens d’un autre. || Petite rigole creusée dans les terres pour l’écoulement des eaux. ♦ SANGUENIE, SANGUENITE (1. sanguinea), sf. La santoline. (V. ce mot.) SANGUIFICATION (1. sanguis, sang + facere, faire), sf. Transformation des principes alimentaires en sang.

SANGUIN, INE (1. sanguineum, de sang). adj. Qui appartient au sang : Le plasma sanguin. Destiné à contenir le sang : Vaits eaux sanguins, c’est-à-dire les artères et les veines. [| Système sanguin, tout l’appareil de la circulation. || Qui a beaucoup de saiiL’ : Homme sanguin. Maladie sanguine, causée par un excès de sang. || Qui a la couleur du sang : Un rouge sanguin.

SANGUINAIRE [l. sanguinarium), adj. S g. Qui se plaît à répandre le sang humain : Un tgransanguinaire. || Empreintde cruauté : Acte sanguinaire. || Qui porte à la cruauté : Fanatisme sanguinaire. — Sf. Nom vulgaire du sanguinaria canadensis, plante dirotylédone de la famille des Papavéracées, dont la tige renferme un suc rouge. Le suc de sa racine est cinétique. Ses feuilles, portées par un pétiole long et de couleur brune, sont veinées de rouge. Sesfleurssoutgrandes et blanches, ♦ SANGUINAIUNE (sanguinaire), sf. Substance extraite de la sanguinaire canadienne et dont la formule est C* v H i *A20*. SANGUINE (sanguin), sf. Terre chargée d’oxyde de fer, qu’on appelle aussi sanguine. à cause de sa couleur de sang ; on en fait des crayons, des brunissoirs, etc. ; une de ses variétés, appelée ferret, est assez riche en fer pour être traitée comme minerai. I| Dessin à la sanguine : Une sanguine de Watteau. En dorure, terre rouge calcinée, usitée comme apprêt spécial.

♦SANGUINELLE (sang), sf. Le cornouiller à fruit gros et couleur de sang. ♦SANGUINOLE (sanguin), s /’. Nom d’une pèche, d’une poire.

SANGUINOLENT, ENTE (1. sanguinolenlum), adj. Teint de sang : Crachat sanguinolent.

♦ SANGUISORBE (1. sangicis, sang + sorbere, absorber), sf.,ou grande pimpiusnklle. SANGUISORBE

Rameau.

SANGUISORBE

Fleur.

Plante dicotylédone de la famille des Rosacées, croissant dans les marais tourbeux, à fleurs roses, et qui peut être employéo comme fourrage ; elle sert encore à la teinture des soies en gris, et comme médicament astrjnjîent et vulnéraire. SANHÉDRIN (g. (juvéSpcov, conseil ; de <ruv, avec ; ïipet, siège), sm. Tribunal de

membres qui, chez les Juifs, jugeait les 

causes importantes, interprétait la loi et délibérait sur les affaires de la nation. Il résidait à Jérusalem et s’assemblait daus le temple. || Assemblée méprisable. SANICLE (I. sanieula, dm. de sana ; s.ent. planta, plante saine), sf. Genre de filantes dicotylédones de la famille des Oinlellifères, auquel appartient la saniele d’Europe, commune dans les bois et très estimée autrefois comme vulnéraire.

SANIE (1. saniem), sf. l’us liquide, séreux, fétide, qui sort des ulcères et des plaies. — Dér. Sanieux, sanieuse.

SANIEUX, EUSE (l. saniosum), adj. Qui contient de la sanie ; qui ressemble à de la sanie.

* SANIFIER (l. sanum. sain + fieri, devenir), vt. Purifier, assainir.

SANITAIRE (I. sanitas, santé), adj. 3 g. Qui a pour but de conserver la santé publique : Mesure sanitaire. || Cordon sanitaire, cordon de troupes placé sur la frontière d’un pays où règne une maladie contagieuse pour empêcher toute communication entre re pays et les régions exemptes de la contagion. || Police, régime sanitaire, ensemble des mesures concernant les quarantaines, empêchant la propagation du choléra, de la fièvre jaune, de la variole, etc.

SANLECQUE (Jacques de) (1573-1648), typographe qui fondit les caractères orientaux de la Polyglotte de Lejay.

SANNAZAR (Jacques) (1458-1530), poète napolitain, qui écrivit en latin (Lamentation de la mort du Christ), et en italien (l’Arcadia, pastorale).

SANS (vx fr. sens : l. sine, avec addition de s), prép. Avec absence de, avec exclusion de : Partir sans argent, sans manger. — Sans plus, loc. adv. Sans qu’il en ait davantage : || gagne 1 000 francs sans plus. — Sans que, loc. conj. Avec le subj., à moins que : Je ne le ferai pas sans que vous l’ordonniez. — Hom. Cent, sens. — Comp. Sans-cœur, sans-culotte, sans-culottide, sans-dent, sans-façon, sans-gêne, sans-peau, sans-souci.

SAN-SALVADOR. (V. Salvador.)

* SANS-CŒUR (sans + cœur), s. S ff, Personne insensible, éhontée. — Pl. des sans-cœurs.

SANSCRIT, ITE (sanscrit, sanskrita, parfait), adj. Se dit de la langue sacrée des brahmanes, qui cessa d’être parlée vers le iu c siècle avant J.-C. et des ouvrages écrits en cette langue. La littérature sanscrite est extrêmement riche ; elle s’est distinguée dans tous les genres : elle a produit les chants et des hymnes religieux du Hig-Vida, les prières et les formules du Yadjar-Veda et de Y Atharva-Yéda, qui doivent être récitées pendant le sacrifice, les longues et belles épopées du Ramayana et du Màhababharâla ; des poésies dramatiques, lyriques ; des contes, des fables ; etc. Elle a donné aussi un grand nombre d’ouvrages sur la grammaire, la philosophie, l’astronomie, la médecine, etc., etc. — Sm. La langue sanscrite, sœur du zend, du grec et du latin, de la famille des langues indo-européennes. C’est l’idiome le plus archaïque et le mieux conservé de celte famille. Son alphabet, appelé dévanùgari (écriture des dieux), est d’origine phénicienne ; il renferme treize voyelles et trente-trois consonnes ; à ces caractères il faut ajouter trois signes appelés anousvdra, anounàsika, qui sont des transformations d’un n final, et le visarga. aspiration finale. Les consonnes sont classées en gutturales palatales, cérébrales, dentales, labiales, semi-voyelles et sifflantes. (V. Indo-Eurnpéen. ) Ces consonnes ont la propriété de modifier la consonne qui suit immédiatement, et cela selon des règles invariables. Voici le tableau de cet alphabet avec la valeur de chaque lettre en français. La déclinaison du sanscrit est plus complète que celle du latin et du grec : elle renferme deux cas de plus, Y instrument al et le locatif. Sa conjugaison est aussi très riche, et compte plus de modes que le latin. Elle a conservé l’augment et le redoublement. C’est en 1762 que Anquetil-Duperron. frère de l’historien Anquetil, rapporta en France le texte des livres sacrés de Zoroastre ; à partir de cette époque, la science des langues fut renouvelée ; la parenté du sanscrit et du zend avec le grec et le latin fut nettement établie. Les travaux d’Anquelil-Duperron furent continués par les Anglais William Jones et Rav, iinson, par les Allemands Grotefend et .^r a, ^n"â ; ^ i, i ; V, ^ «, ^2/ ; "%,r, *M Vi* Ttciï.-TXtéi ^ttâu.. fcROUl Y vu v

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Lassen, pur les Français Eugène Burnouf, Oppert, etc. ; enfin les recherches de tous ces savants furent résumées dans la Grammaire comparée des langues indo-européennes , de Bopp, qui fut traduite en français par notre savant compatriote M. Michel ISréal (1866) ; de cette époque date la rénovation des études linguistiques en France.

♦ SANS-CULOTTE (sans + culotte), sm. nom injurieux que les royalistes donnaient aux révolutionnaires, parce qu’ils avaient échangé la culoltc courte de l’ancien régime contre le pantalon. Les républicains en firent un synonyme de patriote. — PL des sansculottes.

♦ SANS-CUI.OTTIDE (sans-culolle) , sf. Chacun des cinq jours complémentaires qui s’ajoutaient aux douze mois de trente jours du calendrier républicain pour former l’année de 365 jour», il Fête célébrée ce jour-là.

— PI. des sans culottides.

SANS-DENT (sans + dent), sf. Vieille femme qui n’a plus de dents. — PL des sans dents.

♦SANSEVIÈRE (genre dédié au botaniste suédois Sanserier), sf. Genre de plantes monocotylédones de la famille des Liliacées, tribu des Asparaginées, qui croissent «buis les contrées tropicales de l’Asie et de 1 Afrique, et dont une espèce, la sansevière canin’ (sanseviera carnea), est cultivée comme plante d’ornement à cause de ses feuilles vert-gai et de ses fleurs violettes-rosées. Les bulbes d’une autre espèce, la sansevière de Ceglan, servent à confectionner un extrait usité contre le catarrhe chronique à la dose de deux cuillerées à café par jour.

♦ SANS-FAÇON (sans + façon , sm. Qui se présente avec rondeur et sans politesse exagérée. || Qui tient peu de cas de la politesse.

SANS-GÈNE (sans + géne),sm. Habitude de ne pas se contraindre en société. |] Inobservance des règles de la civilité. SANSON (Nicolas) 10(10-1667), géographe, qui fit le premier progresser les études géographiques en France, et dont les trois lils Nicolas, Adrien, Guillaume, suivirent la carrière paternelle.

SANSONNET (dm. de Samson, nom

d’homme), sm. Genre d’oiseaux de l’ordre des Passereaux, dont le plumage, généralement noirâtre, présente des reflets métalliues que l’on admire tant chez les oiseaux es pays chauds ; la gorge et le haut de la poitrine ont des reflets violets, tandis que le dessous du corps et les flancs présentent des reflets verdâtres. La tête et le dos sont parsemés de petites taches d’un blanc jaunâtre et les rémiges sont liserées de brun ; les tectrices subcaudales le sont de blanc. Le bec des sansonnets est long, droit, effilé et de couleur jaune.