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338 SIGILLÉ — SIGNATURE.

phanérogames. On distingue deux groupes principaux, divisés en :

Tableau distingue deux groupes principaux de Sigillariées

SIGILLÉ, ÉE (l. sigillatum : de sigillum, sceau. adj. Marqué d’un sceau. || Terre sigillée, terre ocreuse employée autrefois en médecine comme astringente et antiputride, qu’on tirait de Lemnos et dont on faisait des pastilles marquées du sceau du Grand Seigneur.

* SIGILLOGRAPHIE (l. sigillum, sceau + γράφειν, décrire), sf. Partie de l’archéologie qui a pour objet la description et l’étude des sceaux. (V. Sceau.)

SIGISBÉE (ital. cicisbeo), sm. Homme qui fait l’empressé et le complaisant auprès d’une dame.

SIGISMOND (1366-1437), fils de l’empereur d’Allemagne Charles IV ; roi de Hongrie, en 1386, après la mort de son beau-père ; perdit contre les Turcs la bataille de Nicopolis en 1396, et fut reconnu roi de Bohème en 1419. Sous son règne eurent lieu le concile de Constance, qui condamna Jean Huss, et la guerre des hussites.

SIGISMOND Ier, le Grand, roi de Pologne de 1506 à 1548, combattit victorieusement les Russes et les chevaliers teutoniques ; protégea les arts et les sciences — Sigismond II (Auguste), fils du précédent, roi de Pologne de 1548 à 1572 ; il soumit la Livonie, favorisa le protestantisme et eut pour successeur le duc d’Anjou. — Sigismond III, neveu du précédent, roi de Pologne de 1587 à 1632, et de Suède de 1592 à 1604. Entreprit contre Gustave-Adolphe une guerre malheureuse pendant laquelle il mourut.

* SIGLATON (vx fr. sigleton, singleton, singladoire), sm. Sorte de vêtement de dessus fait d’une étoffe précieuse qui était pour les femmes une sorte de manteau rond. Les hommes le mettaient par-dessus l’armure et le retenaient autour de leur corps par une ceinture.

SIGLE (bl. sigla pour singula, sous-ent. signa, signes isolés), sm. Lettre initiale d’un mot employée comme signe abréviatif dans les inscriptions, les anciens manuscrits, les médailles.

* SIGMA (g. σίγμα), sm. La dix-huitième lettre de l’alphabet grec, équivalente à notre S. — Comp. Sigmoïde.

SIGMARINGEN, 3729 hab. Ville d’Allemagne, sur le Danube, anc. cap. de la principauté d’Hohenzollern-Sigmaringen enclavée dans la partie S. du Wurtemberg et réunie à la Prusse en 1850. — Province de Sigmaringen, 67 624 hah., 1149 kilom. carrés. Cap. Hechingen, sur le Starzel. 3 500 hab.

SIGMOÏDE (g. σίγμα + g. εϊδος, forme), adj. 2 g. Qui a la forme d’un sigma. || Valvules sigmoïdes, sorte de soupape formée de trois pièces membraneuses, existant à l’orifice de l’artère pulmonaire dans le ventricule droit du cœur et à celui de l’aorte dans le ventricule gauche.

SIGNAL (bl. signale : de signum, signe), sm. Tout signe que l’on est convenu de faire pour donner un avertissement, un ordre ou transmettre rapidement une nouvelle : Donner le signal du départ. Le vaisseau amiral transmet des signaux aux bâtiments de la flotte au moyen de pavillons, de coups de canon. — On se sert sur les chemins de fer, dans les ports, sur les côtes, etc., d’appareils plus ou moins compliqués avec lesquels on fait des signaux destinés à transmettre des ordres ou des avertissements ; on peut même échanger des nouvelles et établir une conversation télégraphique, grâce à un code où tous les signes sont relatés et expliqués.


Ces signaux sont optiques ou acoustiques. Les couleurs le plus en usage sont : le rouge, le blanc et le vert. Sur les chemins de fer, par exemple, lorsque l’on veut prévenir un chef de train que la voie n’est pas libre, qu’il y a danger à s’avancer, on amène perpendiculairement à la voie un disque rouge placé à l’extrémité supérieure de poteaux ou de tiges en fer ; lorsque la marche du train doit être ralentie, le disque est vert ; le blanc signifie que la voie est libre. Dans ce cas, le plan du disque est placé parallèlement à la voie et l’on dit qu’il est effacé. La nuit, les mêmes couleurs ont une valeur identique, seulement elles sont dues à des fanaux hissés à la hauteur des disques. Il en est de même des drapeaux agités par les employés et des lanternes placées à l’arrière des trains (feu rouge) et de celles accrochées à l’avant (feu blanc). Les mêmes couleurs ont été appliquées sur les chemins de fer aux sémaphores ; seulement la position de celui-ci par rapport à la verticale joue un rôle important. Lorsque le bras du sémaphore est étendu horizontalement et qu’il présente sa face rouge à la gauche de celui qui le regarde, il commande l’arrêt ; si ce bras fait avec la perpendiculaire un angle aigu, il indique que l’on doit ralentir la marche ; enfin s’il est complètement rabattu, c’est que la voie est libre. Il existe d’autres signaux, tels que cloches électriques, etc., dans le détail desquels nous ne saurions entrer ici. Chacun sait aussi que l’on a établi, dans les wagons de chemin de fer, des cordons d’alarme destinés à prévenir le chef de train qu’il se passe quelque chose d’anormal.

Dans la plupart des ports de nos côtes sont établis des appareils qui exécutent des signaux de marée. Ces appareils sont composés d’un mât au haut duquel on hisse de petits ballons ou des pavillons. Le nombre de ces engins et la position qu’ils occupent les uns par rapport aux autres indiquent si l’entrée du port est interdite ou permise, quelle est la hauteur de la mer, etc. La nuit, ces ballons sont remplacés par des feux. Dans les temps de brume, les signaux optiques ne pouvant être mis en pratique, on a recours à des signaux acoustiques. Au nombre de ceux-ci sont les tintements d’une cloche, le bruit d’un gong, les coups de canon, et enfin le sifflement de puissantes sirènes mises en action au moyen de l’air comprimé ou de la vapeur. Ici encore, on a dû réglementer les sonneries afin d’éviter de dangereuses méprises. Ces moyens, combinés avec les phares, les bouées, etc., permettent aux marins de se guider plus sûrement à l’approche de nos côtes et d’éviter d’irréparables désastres. De même les navires à la mer emploient les signaux sonores par les temps de bruine pour prévenir, à laide de certaines conventions internationales, leur présence aux bâtiments qui pourraient se trouver à proximité. Ces signaux sont produits par des cloches et des cornets mécaniques actionnés à la main pour les navires à voiles, et par le sifflet ou la sirène à vapeur pour les navires à vapeur. Les signaux lumineux, à l’aide de fanaux à l’huile ou de fanaux électriques, sont en usage à bord des bâtiments de guerre. Les feux de route que portent tous les navires en marche constituent un système de signaux permanents servant à indiquer la route suivie pendant la nuit. Les bâtiments à vapeur ont un feu blanc placé à une certaine hauteur sur le mât de misaine, et, de plus, un feu rouge à bâbord, un feu vert à tribord. Les voiliers ne portent que ces deux derniers, à l’exclusion du feu blanc. || Point de repères dans une triangulation. (Géod.) — Fig. Donner le signal, donner le premier l’exemple. — Fig. Ce qui annonce une chose à venir ou la provoque : Le chant du coucou est le signal du printemps. — Dér. Signaler, signalé, signalée, signalement. (V. Signe.)

* SIGNALÉ, ÉE (signaler), adj. Marqué, distingué : Jour signalé par un succès. || Remarquable : Un service signalé.

SIGNALEMENT (signaler), sm. Description minutieuse de l’extérieur d’une personne : Tout passeport contient le signalement de celui auquel il est délivré.


Signalements anthropométriques. — C’est aux consciencieuses recherches de M. A. Bertillon qu’on doit la nouvelle méthode des signalements employés, dès 1879, dans le service de la préfecture de police chargé de reconnaître l’identité des prévenus, dont la plus grande préoccupation est, en changeant de nom, de cacher qu’ils sont récidivistes afin d’adoucir les juges ou se faire relâcher. Le service d’identification des signalements comprend l’anthropométrie et la photographie du sujet. La première consiste à relever, sur les détenus, un certain nombre de longueurs osseuses déterminées, permettant, d’établir une classification avec les qualificatifs petit, moyen, grand. Les opérations suivantes concourent à ce signalement : 1° hauteur de la taille ; 2° grande envergure (la plus grande longueur qu’atteignent les bras étendus en croix) ; 3° hauteur du buste ; 4° longueur et largeur de la tête ; 5° longueur et largeur de l’oreille droite ; 6° longueur du pied gauche ; 7° longueur du médius ; 8° longueur de la coudée gauche ; 9° notation de la couleur de l’œil. L’ensemble de ces opérations demande au plus cinq minutes. L’épreuve photographique, jointe aux longueurs chiffrées précédentes, se compose, pour chaque individu, de deux portraits juxtaposés reproduisant, l’un le profil de droite, l’autre la face légèrement tournée à droite. Sans compter les avantages moraux et économiques qu’en tire le pays, le but que se propose l’administration pénitentiaire est : 1° étant donné le signalement d’un récidiviste sous faux nom, retrouver le nom véritable et ses incarcérations antérieures ; 2° étant donné le nom d’un sujet déjà mesuré, retrouver son signalement. C’est ce à quoi on arrive aujourd’hui très vite par les mensurations énoncées plus haut, auxquelles on ajoute le relevé des cicatrices particulières, la notation de la couleur des cheveux, de la barbe, ainsi que la forme et les dimensions du nez, le tout entourant la photographie et placé dans le casier d’une collection alphabétique raisonnée.

SIGNALER (signal), vt. Donner le signalement d’une personne : Signaler quelqu’un à la police. || Attirer l’attention sur : Signaler un fait remarquable. || Avertir en faisant un signal : Signaler l’ennemi. — Fig. Rendre remarquable : Signaler sa bienfaisance par ses dons. — Se signaler, vr. Se distinguer, se rendre célèbre : Se signaler par ses écrits.

* SIGNALÉTIQUE (signaler), adj, 2 g. Qui contient le signalement : Rapport signalétique d’un prévenu.

SIGNAN, 22 kilom. Riv. du Morbihan, affluent de l’Evel.

SIGNATAIRE (signer), s. 2 g. Celui, celle qui a signé : Le signataire d’un billet.

SIGNATURE (l. signatura), sf. Apposition qu’une personne fait de sou nom à la fin d’une lettre, d’un billet, d’un acte, et impliquant de sa part l’approbation de cet écrit : Donner sa signature. — La signature est un des moyens que l’on a employés depuis un temps immémorial pour authentiquer les actes tant publics que privés. Les rois de la première race signaient leurs diplômes ; ceux-ci étaient contre-signes par un haut fonctionnaire du palais, qui traçait son paraphe accompagné d’une formulé écrite en notes lironiennes. La signature du roi était précédée d’une croix et de l’invocation In Christi nomine. Cependant, lorsque la pièce avait une importance secondaire, le roi ne la signait pas et se contentait de mettre au bas le mot recognovit, suivi de la signature du référendaire. Quant aux actes privés, ils étaient rédigés par des chanceliers dont l’existence est mentionnée dans la loi des Ripuaires, et signés par les parties contractantes. Lorsque celles-ci ne savaient pas signer, ils se contentaient d’y tracer une croix et chargeaient le rédacteur de l’acte d’apposer son seing. L’emploi de paraphes compliqués et accompagnés de notes tironiennes était une garantie contre les faussaires ; car à cette époque semi-barbare le pouvoir séculier avait une action peu étendue. Aussi, voit-on le préambule des actes composé d’imprécations contre les