Page:Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, Tome I - Julien Remy Pesche.djvu/169

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CXLV
QUATRIÈME ÉPOQUE.

portion de la nation, quand elle commença à devenir quelque chose, que l’on eut besoin dans les affaires du concours de son assentiment. Ce fut, à ce qu’on croit, en 1303, sous Philippe-le-Bel, que cette première admission eut lieu. Une ordonnance de S. Louis, de l’an 1254, laisse croire que les trois Etats étaient consultés quand il était question de matières où le peuple avait intérêt.

« Louis VIII, suivant les maximes de ses prédécesseurs, signala l’avéncmcnt de son règne par l’affranchissement des Serfs ; » la reine Blanche mère de S. Louis, et régente pendant la croisade du roi son fils, Philippe-le-Bel et, enfin, Louis-le-Hutin, suivent cet exemple. Ce dernier force même les serfs de ces domaines à racheter leur liberté, aux dépens des effets mobiliers dont la disposition leur appartenait, ou au moyen de redevances d’un certain temps de service militaire par chacun an, « en sorte que le serf tenait la liberté comme un fief. » Qui croirait que six cents ans plus tard, Louis XVI dût encore avoir le mérite de l’abolition de la servitude dans ses domaines, et qu’il fallût plaider, il n’y a guère plus de cinquante ans, en faveur des Serfs du Jura, contre les moines de S.-Claude leurs seigneurs ?

Nous avons parlé, au paragraphe précédent, de l’affranchissement des communes et du service militaire qu’elles devaient au roi, comme avant, ceux qui les composaient, l’auraient dû à leur seigneur. Nous voyons sous Louis IX, que ce prince voulant châtier la révolte du duc de Bretagne, mande la Noblesse avec les Communes ; et que, en 1236, voulant marcher contre Thibaut comte de Champagne, nonobstant l’avis ou plutôt malgré les défenses de Grégoire IX,

« S. Louis qui savait que le Saint-Père pouvait lui donner quelque fois des conseils, jamais des ordres, ne laissa pas d’envoyer dans les provinces pour mander la Noblesse et les Communes, dont le rendez-vous fut assigné à Vincennes. »

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